Affaires me concernant • Le regard de Habib Demba FALL : Le conte de la fée d’un soir et des reines de toujours

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J’étais dans un aéroport, quelque part en Afrique. Non, ne croyez surtout pas que je sois en train de défigurer la fierté africaine avec un de ces rires banania si décriés. Il y avait foule au terminal lorsque deux avions ont atterri un peu en début de soirée. Très vite, l’ambiance s’est vidée de ses bavardages et de ses couleurs. Très vite, la solitude a habité mon cœur. Très vite, j’ai redécouvert la vanité de mon langage face à la surdité d’un dispositif de sécurité. Ils ne veulent rien comprendre, ces policiers. C’est le carnet de vaccination ou rien. Je l’avais ce document. Je l’avais à Dakar, pour être plus précis. Rien à faire : c’est comme si je ne l’avais pas ! Je ne l’avais pas au bon endroit. C’est tout. Pour les pénalités, c’est 75 dollars US (33.000 francs) à payer. Il y a aussi, pour corser la dose, le risque de rater une correspondance. Je devais quitter cet aéroport international pour prendre un vol domestique à l’autre flanc du domaine aéroportuaire. Le stress. Devant moi, il y avait trois hommes et une dame. Pas le temps de réfléchir : je me suis dirigé vers la policière. Ne pensez pas à mal parce qu’à cet instant, j’aurais pris une guenon pour Miss Univers. La dame avait une autre beauté : celle-là qui est intérieure. Sens de l’écoute. Quelques reproches somme toute justifiés. La question est réglée. Aurait-elle échoué dans sa tentative à me faire passer que j’aurais gardé le même niveau de satisfaction. Elle m’a tiré d’un mauvais pied dans cet aéroport africain. Un de ces traquenards incontournables où, parfois, « le prix du café » s’invite à demi-mots lorsque l’agent préposé au contrôle, la mine trop sérieuse pour ne pas arracher un rire intérieur, « audite » chaque ligne du passeport. La question fatale est, le souvent le sésame, pour leur forfait : « Avez-vous des devises ? » Revenons à notre dame. Cette fée d’un soir, l’instant d’après, a presque oublié m’avoir aidé… Dans ce contexte de 8 mars, j’envoie, le cœur en fête, un bouquet de tendresses à cette inconnue de la même manière que d’autres, désespérés, jetteraient une bouteille à la mer. Je leur dis : voyez ces braves dames qui donnent la leçon à des montagnes de biceps accrochés aux trois normaux, à l’ombre : leur enfant sur le dos, elles se faufilent entre les véhicules, sous un soleil avare en câlins… Elles proposent des boissons, des friandises, des fruits, etc. Elles refusent de se parer d’ombre le soir, pour s’exposer, maquillées et vulgairement déguisées, aux phares des véhicules.

Je n’aime pas les célébrations. La femme, l’amour, la paix, la justice, la liberté, etc. doivent être, dans nos cœurs, des édifices à célébrer tous les jours. Je ne suis pas un jardinier. Né à l’orée du désert par un temps de sécheresse, je n’ai franchement pas de fleurs à proposer. J’ai, par contre, de l’eau pour arroser l’arbre des bonheurs simples. L’un d’eux, c’est de ne point prendre le train de l’affaissement de la volonté dans cette escale ici-bas. De ne jamais céder face à cette part d’animalité qui engloutit la candeur des chercheurs d’espoir, y compris dans les forêts noires de l’égoïsme, de la rancune et de la vanité. Un message pour les vaincus de ce monde vagabond et pris dans le tourbillon des évènements sociaux, des douleurs muettes et des désillusions diffuses : il ne faut pas se laisser démolir par cette compagne infidèle qu’est la vie ; il faut la vivre en bâtissant, quartier après quartier, le royaume des espérances légitimes. La vie est courte ; la quête d’éternité, par le bien, est le secret de l’immortalité. C’est culturel. Rompues à la maternité qui est une porte de sagesse et de douce compassion, nos mamans nous l’ont toujours dit : combattre le mal par le bien. Mais, quelle épreuve pour des cœurs poreux à la tentation du « œil pour œil, dent pour dent » ! Suivons cette logique et nous n’aurons, dans le village-monde, que des borgnes et des édentés. Les cacahuètes n’auront que la saveur du sel qui tutoie la langue et le gosier. Quel malheur pour Miss Univers, Diongoma et toutes les disquettes inscrites au service de la main d’œuvre sentimentale et qui attendent, en vain, d’être appelées par les téméraires des temps des vaches maigres qui se pendent, officiellement, « avec un immense plaisir » et qui, en réalité, ont le sentiment de procéder à un saut dans le vide. Surtout pour les plus insouciants et radins. C’est tout de même quelque chose de bien. Refusons cette angoisse ambiante qui tue le bien en nos âmes et en nos actes pour décréter l’ère des « destinées singulières », pour emprunter sa formule à Cheikh Hamidou Kane. Faire du bien, ce n’est pas une naïveté. C’est se mettre au service d’un monde qui oublie, cruellement, de payer ses dettes. Acceptons donc d’être naïfs ! Ayons des coups de cœur ! C’est une potion magique pour éviter de se fendre le cœur… à fendre celui des autres. Les croyants, stoïques, disent que la Grande Comptabilité, elle, est infaillible ! Je n’ai pas mon certificat de piété style « spectacle » mais je suis d’accord avec les véritables penseurs de la foi. Le recouvrement est inévitable. Je vous le dis. Et ce n’est pas un hasard comme au jeu de cartes ou à la promenade paresseuse de dés.

Donner est un chemin pavé de déceptions. Demandez à Coumba Gawlo et à son concert « Afrik for Haïti ». Sur l’opportunité, le rebelle Alpha Blondy a réglé la question : « C’est un caïman qui vient au secours d’un crocodile ». Ne vous arrêtez pas sur le mot « caïman » car Alpha lui donne un sens positif dans ce contexte. Sur le succès, la Gawlo d’Or est jugée sur l’affluence. Personne ne peut tenir rigueur à qui que ce soit de formuler cette critique. Cependant, j’ai un problème. L’artiste doit-elle être « jugée » ( !) sur l’échec annoncé d’un spectacle ? Forcément ! Doit-elle être jugée sur la générosité de son appel avant tout ? Essentiellement ! Le public ne répond pas ? Cela est un signe sur la réceptivité d’un appel à aider une partie de la diaspora dans les Caraïbes. Pour le reste, il y a l’absence de ténors rompus aux concerts de stade (ce n’est pas donné à n’importe qui !) Il y a aussi la question du spectacle à Dakar, à travers son coût et le peu d’engouement que cela suscite. N’oublions pas que Blondy, il y a quelques mois, a fait flop. Il est loin, les temps de « Brigadier Sabary », au début des années 80 ou « Guerre civile », à la fin de la décennie 90. Honorons le coup de cœur de Coumba, quand même, cette porte-voix des femmes, les reines de toujours ! Honorons aussi celui d’un ou d’une anonyme qui a réagi au SOS d’un confrère. Victime de cancer, une enfant, issue d’une famille démunie, devait subir une opération. Quelqu’un a contacté le journal pour donner à la famille la somme de trois millions. Je risque un parti-pris pour dire qu’il doit s’agir d’une femme, cet (te) inconnu (e) qui a su honorer une future maman… Appelons-le (la) « Adama », pour prendre un risque minimal.
lesoleil.sn

1 COMMENTAIRE

  1. un conseil……….marie-toi avec le permier venu………..c est mieux pour toi………….(.le temps n attend personne dans cette vie…)…….parole de sage………….

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