Après la mort d’Oussama ben Laden, les doutes se précisent sur le double-jeu du Pakistan

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Le Pakistan s’est réjoui de l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden. Mais alors qu’on croyait le chef d’al-Qaïda caché dans les zones tribales à la frontière de l’Afghanistan, on a découvert qu’il était reclus dans une petite ville proche de la capitale Islamabad, ce qui renforcerait les doutes sur un possible double-jeu des autorités pakistanaises.

Avec notre correspondante au Pakistan, Nadia Bletry

Les autorités pakistanaises se sont félicitées de cette opération, qui a conduit à la mort d’Oussama ben Laden, qu’elles ont qualifié de « succès majeur dans la lutte contre le terrorisme ». Elles ont plus précisément souligné la victoire que représentait le décès du numéro Un d’al-Qaïda pour la communauté internationale, tout en rappelant leur engagement auprès d’elle depuis de nombreuses années.

Pourtant, ces déclarations officielles ne devraient pas effacer un certain nombre de questions que pose aujourd’hui au pays la mort du fondateur d’al-Qaïda. Le chef de file de l’organisation a été tué dans une opération commando américaine à Abbottabad, à environ deux heures de route au nord d’Islamabad, dans une ville garnison qui héberge une académie militaire très réputée dans le pays. Le chef d’al-Qaïda, que toutes les rumeurs disaient être dans les zones tribales pakistanaises à la frontière afghane, se cachait donc tout près de la capitale avec femmes et enfants, ce qui risque là encore, de soulever des questions sur l’ambigüité du Pakistan.

Un double jeu que ne cessent de dénoncer les Etats-Unis, depuis le début de la guerre contre le terrorisme. Et ce, en dépit du fait que Washington et Islamabad sont officiellement partenaires, dans la lutte contre l’extrémisme depuis fin 2001.

LES CONSÉQUENCES DE LA MORT DE BEN LADEN POUR L’AFGHANISTAN
La donne a changé en Afghanistan. Depuis 2001, les talibans se sont progressivement distancés d’al-Qaïda. Aujourd’hui, les différents groupes d’insurgés, dont les talibans, se démarquent d’al-Qaïda, car ils ont un agenda purement local. Seul l’Afghanistan les intéresse et il reste très peu de combattants d’al-Qaïda dans le pays. Ils sont à peine une centaine, selon les estimations de l’Otan.

Le gouvernement afghan essaie d’engager des négociations avec les insurgés, y compris les talibans. Et les Américains ont toujours insisté qu’une des conditions à ces pourparlers devait être le renoncement à tout lien avec al-Qaïda. Cette condition sera probablement plus facile à remplir avec la mort de ben Laden. Les Afghans, qui ne font pas partie de l’ethnie pashtoune, se réjouissent de la mort du chef d’al-Qaïda.

Pour les Américains, la mort de ben Laden est un énorme succès, à un moment où leur position est délicate en Afghanistan. Le président Obama doit annoncer l’ampleur du début de retrait en juillet prochain des troupes américaines, et il sera intéressant de voir si la mort du chef d’al-Qaïda va accélérer ce retrait.
Rfi.fr

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