Après près de 15 années aux Etats-Unis : Lama Bouna Basse retourne au bercail

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Après près de 15 années passées aux Etats-Unis, Lama Bouna Basse Guèye, ancien tambour major, revient à Dakar. A 75 ans, ce vieux qui faisait partie des doyens de la communauté sénégalaise de New York retourne à la terre de ses ancêtres, porteur d’un message de paix pour un Sénégal prospère, laissant derrière lui un vide qui fait pleurer plus d’un Sénégalais à New York.

Terminal 3 de l’aéroport John Fitzgerald Kennedy de New York. Ce mardi 28 septembre, les passagers en partance sur Dakar font la queue pour les formalités d’enregistrement. Parmi eux, un vieux, chapeau à la tête, costume marron, démarche lente. Il s’appelle Lama Bouna Basse Guèye. Son nom ne passe pas inaperçu dans les rues de New York.

Depuis 1997, il vit dans cette ville où il passe comme un des doyens de la communauté sénégalaise, mais aussi un homme de consensus, écouté de tous. Sa rencontre avec l’Amérique, il la tient de son art de vivre, lui le batteur de tam-tam, le tambour major, le micro central, et l’ancien directeur de l’ensemble instrumental de Sorano. A l’occasion des jeux de l’amitié d’Atlanta, raconte-t-il, « j’étais venu avec Abdel Kader Ndiaye, Vieux Sing Faye, Doudou Ndiaye Rose pour participer ». A la fin, « j’ai décidé de m’arrêter à New York pour me reposer pendant un mois chez mes neveux ». Finalement, il est resté pendant 15 ans.

Quinze années de présence au pays de l’Oncle Sam n’ont en rien enlevé à ce vieux de 75 ans, ses attaches purement africaines et sénégalaises. La communauté sénégalaise lui rend bien le droit d’aînesse. « A chaque cérémonie religieuse ou coutumière, les gens m’appellent pour me confier le micro central. Je suis tellement respecté et choyé que dans certains restaurants, il m’arrive de ne pas payer », raconte Lama Bouna Basse. Il en était ainsi un peu partout, même durant certaines cérémonies religieuses où il officiait comme porte-parole.

Cette estime et cette activité assez débordante ne l’ont pas empêché de mener son « business » comme il le souligne. « Je vendais des montres de qualité et servais de relais, grâce à mes contacts au pays, à plusieurs compatriotes qui souhaiteraient envoyer des vivres ou la dépense à leurs familles », témoigne-t-il.

Confidences

Le retour du tambour major de New York va créer un vide. Solo Diafouné, président de l’Association des Sénégalais d’Amérique (Asa) le perçoit ainsi. Diafouné a tenu à faire le déplacement jusqu’à l’aéroport John Kennedy pour dire au-revoir à celui qu’il appelle fort affectueusement doyen. Pourquoi un retour au pays après tant d’années ? « C’est le président Wade qui m’a demandé de rentrer », répond-il sans hésiter.

Et de faire des confidences : « quand le président Wade vient aux Etats-Unis, je fais partie des rares personnes qui osent l’accueillir avec des tam-tams. Outre nos liens de parenté qui font que nous sommes leurs griots depuis Fara Ndiaye et Pape Oumar Kane, je suis un militant engagé de sa formation politique », confie Lama Bouna Basse Gueye. Et de raconter sa première rencontre avec Wade, « à la Rue Thiong il y a plus de trente ans, et le meeting du lendemain dont j’ai assuré l’animation en tant que tambour major ».

Mais cela ne lui empêche pas d’être un militant du dialogue politique. « Je suis un militant de la paix, et de la non violence en politique », clame-t-il fort. Aujourd’hui qu’il est revenu à Dakar, Lama Bouna Basse entend partager son expérience avec tout le pays. « Je suis devenu très pragmatique comme les Américains. Cela est une qualité à partager », dit le vieux Lama Bouna Basse, encore très connu des Sénégalais surtout du milieu des années 70. Ce n’est pas pour rien qu’il a hérité de son père la science pour battre le tam-tam. « Mon père était le batteur attitré du champion de lutte Falang. Je l’ai été pour le champion Mame Guorgui Ndiaye », raconte Lama Bouna Basse.

Son nom résonne encore chez ceux qui le connaissent, comme ses amis El Hadj Bassirou Diagne le Grand Serigne de Dakar, Omar Sy, etc. Son nom résonne encore dans les quartiers traditionnels que sont Kayes Findiw, Santhiaba, et même jusqu’au Théâtre Sorano d’où il est parti à la retraite. Son retour à Dakar, « grâce au président Wade », est sans doute une nouvelle vie pour lui. « Pour participer au développement du pays », insiste-t-il.

lesoleil.sn

2 Commentaires

  1. Mon Dieu,quelle valeur?il etait dioufiste pur et dur le 18 mars 2000 et wadiste le 19 mars.!Une mauvaise reference pour la jeunesse,sans dignite ni kersa,seulement la parole comme idy.
    Jom

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