Chute de Gbagbo: Dansokho accuse la France et avertit Wade

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« Wade finira mal, si… »

Joint au téléphone quelques heures après la chute de Laurent Gbagbo, l’ex-chef de file du Parti de l’indépendance et du travail (Pit) a mis en garde le président de la République. Pour Amath Dansokho, si Me Wade ne renonce pas à son projet de dévolution monarchique du pouvoir et continue d’écouter les forcenés de son entourage direct qui lui conseillent de se maintenir à la tête du pays en cas de défaite au soir du 26 Février 2012, il finira mal. Et l’ancien leader des cocos de Khar Yalla de se désoler qu’à chaque fois qu’il a fait cette remarque à Wade, ce dernier n’a trouvé rien d’autre à lui dire que d’entrer d’abord dans son Gouvernement. Or, dit-il, ces histoires de ministre sont derrière lui.

L’As : Quelle appréciation faites-vous de l’arrestation depuis hier du Président sortant de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo ?

Amath Dansokho : Demain, le Pit se réunira et se prononcera sur les évènements en cours en Côte d’Ivoire. Et je pense que l’appréciation de notre parti est plus importante que la mienne. Dans tous les cas, le Pit prendra position par rapport à la situation qui sévit dans ce pays voisin.

Mais personnellement, quel est votre avis ?

Dans cette affaire, ce qu’il faut noter c’est que, après tout, c’est la France qui a aujourd’hui précipité l’arrestation de l’ancien Président Laurent Gbagbo, qui a aussi créé les gens d’Alassane Ouatara. La France les a toujours soutenus. La preuve, c’est Jacques Chirac qui a même baptisé les rebelles pro-Ouatara « Forces nouvelles », les a amenés à Marcoussi et les a équipés en armements. Maintenant que la France a joué sa partition dans ce conflit, jusqu’à permettre l’arrestation de Laurent Gbagbo, j’espère qu’elle veillera à ce que la sécurité de ce dernier soit entièrement garantie.

Moi, j’ai toujours privilégié la solution politique pour que les Ivoiriens puissent se réconcilier le plus rapidement possible. Car au-delà de Laurent Gbagbo, il y a des millions d’Ivoiriens qui sont avec le Président sortant. Donc le dialogue est à mon avis le passage obligé pour que tout le peuple ivoirien redevienne uni. Je n’ai jamais composé avec un quelconque dictateur, parce que je suis un démocrate.

Selon vous, quels enseignements les dictateurs africains doivent-ils tirer du cas Gbagbo ?

Ici même, on veut nous imposer un homme (Ndlr : allusion faite à Karim Wade, fils du président de la République) ; mais les Sénégalais ne l’accepteront jamais et combattront ce projet de dévolution monarchique du pouvoir, quoi que ça puisse leur coûter. Je ne me suis jamais lassé de faire la remarque à Abdoulaye Wade. Je lui ai toujours dit qu’il faut impérativement que lui et tous les autres acteurs politiques se mettent autour d’une table et discutent sincèrement. Pour parer au pire, compte tenu des gros nuages qui planent sur la stabilité du pays.

Mais à chaque fois, tout ce qu’il trouve à me dire c’est de me demander d’entrer d’abord dans son Gouvernement. Ablaye est allé jusqu’à me promettre un poste de ministre conseiller, avec un statut spécial qui jusqu’ici n’a jamais existé. Il m’a proposé neuf fois de suite de faire partie de son Gouvernement.

La dernière fois qu’il m’a fait cette proposition, c’était devant un marabout de Tivaouane qui peut témoigner de ce que je dis. Mais je lui ai demandé de déchanter, car ces affaires de ministre-là sont derrière moi. Je lui ai indiqué que ce qui m’intéresse, c’est plutôt l’intérêt national, au détriment des avantages personnels. Car je ne veux pas que le projet qu’il mijote plonge le Sénégal dans le chaos.

Pensez-vous que Wade soit capable de s’accrocher au pouvoir si, à la présidentielle de 2012, il est battu par les urnes ?

J’espère qu’il saura faire un sursaut de lucidité pour ne pas en arriver là. Même si au plus haut sommet de l’Etat, il y a des gens lucides feront tout pour le dissuader de confisquer les suffrages du peuple, en cas de défaite au soir du 26 Février 2012, il y a que certains membres de son entourage direct sont des forcenés qui feront tout pour le convaincre de chercher à se maintenir au pouvoir contre le gré des Sénégalais. Et puisqu’il est un dirigeant illuminé, Ablaye Wade pourrait être habité par cette tentation, avec comme seul dessein de nous imposer son homme. Mais s’il le fait, il finira mal, car nous le combattrons de toutes nos forces.

Entretien réalisé par Daouda THIAM

lasquotidien.info

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