Diomaye-Sonko, les signes d’un bon départ mais… (Par Mour Sèye)

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Voilà trois mois et bientôt cent jours que le Président Bassirou Diomaye Faye est à la tête du pays sans avoir trop bénéficié d’état de grâce de la part de l’opposition. Cela peut sembler normal vu les énormes attentes du peuple de la part du régime des patriotes qui a promis un véritable changement de paradigme. Il y a aussi que le numéro 1 du Sénégal et son Premier ministre sont très épiés par les nouveaux opposants qui se cherchent vainement une voix devenue quasi inaudible pour absence d’éthique et de cohérence. Cependant, même si tout n’est pas encore rose, il faut reconnaître que le chef de l’État est en train de poser les jalons d’une réelle transformation économique et démocratique. Avant tout d’abord, le natif de Ndiaganiao a eu l’intelligence de nommer comme Premier ministre le porte-étendard de PASTEF, en l’occurrence Ousmane Sonko pour former avec lui un tandem prometteur. Rien que la formation du gouvernement avec des ministres au bon profil montre que le régime actuel est sur la bonne voie pour mettre en œuvre les programmes de développement tant attendus.

Le chef de l’État le sait comme avait affirmé Obama que nous avions surtout besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts même si les deux pouvaient faire l’affaire. C’est pourquoi en trois mois, le Président a réussi à rassembler tous les acteurs de la justice autour d’un dialogue inclusif et sincère pour apporter des réformes modernes à notre appareil judiciaire. Il sait en tant qu’ancienne victime des maux de notre justice qu’on ne peut aspirer à une démocratie réelle et une saine gouvernance sans pour autant nettoyer les goulots d’étranglement de ce troisième pouvoir qui doit vaillamment renaître de ses cendres après cette autopsie générale. Si le Président Bassirou Faye parvient à accorder une indépendance symbolique et un fonctionnement moderne à la justice, il marquera à jamais l’histoire politique de notre pays car le principal problème du Sénégal est une justice à double vitesse, une justice des vainqueurs, une justice des porteurs de grandes mallettes sur les démunis, une justice coupeuse d’avenir de beaucoup d’innocents qui croupissent en surnombre dans les geôles de déshumanisation et non de correction. L’essentiel, c’est de placer avant tout des magistrats épris d’éthique et de professionnalisme à la tête des différentes cours. Il faudra encore du courage et de l’audace pour notre cher Président pour aller jusqu’au bout de ces réformes.

En trois mois, son Excellence et son PM ont aussi marqué de grands pas en réduisant les prix de quelques denrées de première nécessité tout en promettant de mieux alléger le coût de la vie. Ils savent que la majorité des Sénégalais ayant voté pour le candidat de Diomaye Président tirent le diable par la queue. Du coup, ils savent en même temps que l’autosuffisance ou la souveraineté alimentaire ne peut passer que par l’agriculture. Les décisions prises par le gouvernement pour une bonne campagne agricole avec la distribution des semences par les gendarmes sont de bons signes qui montrent que le chef de l’État sait en bon fils de paysans que “labourage et pâturage sont les mamelles du développement “. En projetant de mettre 10% dans le secteur de l’agriculture, le jeune Président est en passe de réussir un exploit extraordinaire qui fera du Sénégal un pays réellement souverain qui n’aura plus à dépendre des produits importés pour s’alimenter. À côté des champs qui feront l’affaire des éleveurs, il y a la pêche qui connaîtra un essor sous le magistère de Mister Diomaye très brave en suspendant les accords de pêche pour tout contrôler. On espère alors que les Sénégalais mangeront désormais du bon poisson à des prix raisonnables.

Le développement, c’est aussi la bonne gestion des ressources naturelles que dispose le pays pour être au profit des populations conformément à la Constitution. Sous l’ère du Président Faye, les Sénégalais ont vu pour la première fois les images des firmes de Sabodola lá où se trouve notre or. Si le gouvernement revoie tous les contrats sur l’or, le phosphate et autres comme l’a déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko au Grand Théâtre, c’est clair que le pays s’envolera pour de bon. Et ça tombe bien puisque, durant les trois premiers mois du régime patriotique, le Sénégal devient membre de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Avec le pétrole et le gaz, le sourire est permis pour des lendemains meilleurs dans notre pays.

Ces trois mois sont aussi des moments d’impulsion de valeurs civiques par le chef de l’État en lançant la journée de nettoyage mensuel pour que les Sénégalais rendent propres leur propre environnement. Ce sont des devoirs à perpétuer mais il faut également que l’État fasse des efforts en urbanisant davantage les villes, surtout que les premières pluies commencent à tomber. La guerre contre les inondations est désormais déclarée. Au combat alors pour éviter le pire puisque les prévisions météorologiques nous parlent de pluies diluviennes.

En parlant de valeurs, les jalons sont déjà posés pour éviter le gaspillage, la gabegie dans les différents secteurs étatiques. Tous les recrutements au Port, à l’aéroport, dans le secteur éducatif et autres vont être revus. Les exonérations fiscales sont levées pour beaucoup d’entreprises afin que l’État puisse gagner de l’argent. Les arrêts de construction sur le littoral, à Mbour 4 et ailleurs sont autant de points positifs qui méritent d’être divulgués. Il y a tellement de bonnes nouvelles que le gouvernement peut étaler pour contrer les intoxications de l’opposition mais il faut une bonne équipe de communication au palais comme on en voit à la Maison Blanche et ailleurs.

S’il y a autre chose qui est étrange durant ces trois premiers mois, c’est la présence de caciques de l’ancien régime dans des directions nationales au grand dam des militants de PASTEF et de la coalition Diomaye Président. Le balai doit s’abattre rapidement sur ces gens qui ont fait beaucoup de torts au peuple sans attendre qu’ils démissionnent ou qu’ils cherchent à transhumer en continuant à occuper des postes juteux dans l’appareil d’état. On gouverne avec ses hommes. On ne déjeune pas avec l’ennemi. C’est pourquoi beaucoup d’efforts doivent être fournis pour régler le problème de l’emploi des jeunes en boostant le secteur privé. Déjà, il y a du bruit sur certains recrutements ou certaines nominations qui fâchent les défenseurs du Projet. S’y ajoute l’affaire de déguerpissement à Colobane. Il y a des postes politiques à pourvoir dans les ministères et les directions selon les profils. Ça doit être rapide. Les concours doivent être lancés pour un recrutement massif des jeunes diplômés comme le secteur de l’éducation où il y a un manque criard d’enseignants.

Bon disons, malgré tout, que la construction d’un pays en ruine n’est pas facile et Paris ne s’est pas fait en un jour. Il faudra encore du temps et beaucoup de patience.

Par Mour Sèye, Ecrivain

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