Les aveux du procureur Par Frédéric TENDENG

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Dimanche dernier, le procureur Ibrahima Ndoye a mis à nu tout l’embarras du parquet dans le dossier Bara Tall. Même le ministère public est maintenant conscient de l’acharnement du pouvoir du Sopi sur un citoyen contre lequel il veut solder des comptes politiques. Au demeurant, le procureur a quand même requis cinq ans de prison ferme contre Bara Tall, une confiscation de ses biens et une amende à verser dans les caisses du trésor public. Une contradiction étonnante au vu de la légèreté des arguments évoqués par les experts pour enfoncer Bara Tall. Cela dit, la démarche n’émeut plus car nous sommes à l’ère d’un régime et d’une horde d’affairistes politiques qui soumettent le parquet à des pressions infernales dans le but d’écraser toute résistance à leur agenda personnel et c’est tout le mal du pays depuis onze ans.
 

Voilà pourquoi le procureur Ibrahima Ndoye a eu tort de dire que « les prévenus sont victimes d’un acharnement de l’Etat selon certains sénégalais ». Ce n’est pas l’Etat du Sénégal qui s’acharne contre Bara Tall mais les dirigeants et le pouvoir du Sopi qui se cachent derrière son appareil pour faire de leurs positions des structures d’opportunité et de règlement de comptes offertes par les institutions démocratiques. Pour le Pds et ses sbires, les interactions entre acteurs politiques et économiques, ainsi que le jeu des offres et demandes sont envisagés comme des cadres d’échange corruptibles insérés dans des fonctions sociales légitimes.
Bara Tall a commis le crime de refuser cette façon de faire qui lui vaut aujourd’hui tous ses ennuis politico-judiciaires. Que le parquet s’en rende compte et demande ensuite la condamnation de ce monsieur est une régression dans l’exercice du droit. Un confrère l’illustre tellement bien qu’il titre dans son journal « Bara Tall à un pied de la prison ». Il est aujourd’hui clair que des gens persistent à vouloir faire payer cher à Bara Tall sa loyauté pour Idrissa Seck. La coïncidence troublante entre la résurrection de ce dossier longtemps momifié et les sorties guerrières de l’ancien premier ministre, montrent que Bara Tall gêne au plus haut niveau. Son mouvement dérange tout comme les autres actions citoyennes font peur à ce régime. Wade, ses différents gouvernements et surtout son garde des sceaux en exercice ne peuvent aujourd’hui se prévaloir d’une morale normative à même d’être le référentiel de la probité dans la gestion de la chose publique.
Qu’est-ce qui empêche donc ce pouvoir de tirer au clair et une bonne fois pour toute les surfacturations effectives, connues et sciemment dissimulées dans les audits de l’Anoci puis dénoncées dans les « contes et mécomptes de l’Anoci », le livre dont l’auteur n’a plus de répit avec ce parquet? Avec Wade, son pouvoir et son garde des sceaux, certains traits des pratiques politiques conduisent unanimement à les qualifier comme actes de détournement, tandis que d’autres commis par leurs proches suscitent moins de réprobation. Une politique de deux poids deux mesures dénoncé par les Etats Unis dans le dernier rapport sur les Droits de l’homme au Sénégal.
Voilà pourquoi les hommes et les femmes payés par le contribuable Sénégalais pour l’exercice du droit doivent refuser la concussion et la manipulation qui ont affaiblit l’efficacité et l’efficience de l’administration Wade qui est du reste péremptoire.  

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