Macky cèdera-t-il aux « caïmans » ?

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Les agitateurs de « Macky 2012 » savent bien que face à l’emploi des jeunes, le prix des denrées et les inondations, il faut être un magicien pour nous tirer d’affaire. Macky Sall en est con- scient, mais saura-t-il résister à la tentation de remanier son gouvernement ?

La retraite volontaire ( ?) du chef de l’Etat au Maroc « fait peur ». Macky Sall a prolongé de quatre jours son séjour au royaume chérifien.

Pourquoi ? Faute d’explication officielle, la presse redoute que le Président Sall ne profite de ces jours supplémentaires pour mettre en musique sa volonté de remanier son gouvernement. L’idée est à la mode. Elle est devenue tyrannique par la force d’appétits irrépressibles portés par des proches du chef de l’Etat. La possibilité de voir l’attelage gouvernemental secoué n’est pas à écarter. C’est même du domai- ne de la probabilité. Au moins deux faits concourent à croire à un imminent rema- niement. Il y a d’abord ce sondage d’afro- baromètre qui laisse croire que les Sénégalais sont mécontents de la gestion de Macky Sall. C’est le résultat de l’enquête d’Afrobaromètre Sénégal, publié mercredi à Dakar.

Publiés dans la première décade du mois de juillet, les résultats de l’enquête lais- saient croire que plus de la moitié des Sénégalais étaient insatisfaits de la gestion de Macky Sall. L’alerte est sérieuse. Après quinze mois seulement, l’enthousiasme s’estompe. Tout comme l’état de grâce. Alors qu’on devrait normalement être indul- gent. Car, la traque des biens mal acquis a révélé « une maison » Sénégal dévastée. Le Trésor public, visiblement exsangue, a fait dire au ministre du Budget que les caisses étaient vides. Impossible dans une telle conjoncture économique de renflouer les caisses et, à l’image du règne de Wade, de faire circuler l’argent comme un fleuve sorti de son lit. Il y a donc morosité ambiante, comme le révèle Afrobaromètre. C’est une aubaine pour les partisans du remaniement ministériel qui acèrent à nouveau leurs canifs. Ils veulent à tout prix dépecer le gouvernement. Et lui imprimer un nouvel envol. Le mal se situe, à leurs yeux, dans l’incapacité de certains ministres à traduire en actes concrets le « Yonu Yokkute ». Ils ont désormais un allié précieux dans la bataille qu’ils ont engagée bien avant la publication de l’enquête. Le second fait qui pourrait décider Macky Sall à secouer l’attelage d’Abdoul Mbaye se déroule hors de nos frontières. La France qui nous a souvent inspirés est dans une nouvelle vague de rumeurs de remaniement ministériel. Un sondage Ifop commandité par le Journal du dimanche établit positivement la capacité de Manuel Valls à faire un bon Premier ministre. Selon la même enquête, 70 % des sympathisants du Ps jugent que le ministre de l’Intérieur ferait un bon occupant de Matignon. On retient de Valls les qualités de « dynamique », « courageux », « a de l’autorité », « proche des préoccupations des Français » (54%). Hollande qui a résisté à la crise, surplombé l’affaire Cahuzac et est resté sourd aux sondages en dépit d’une cote de popularité ayant dégringolé jusqu’à 27 % pourrait donc changer de Pm. Seulement, à la différence du chef de l’Etat français, Macky Sall avait remanié son gouvernement en novembre dernier. La seule chose qui intrigue est de savoir si ce profil de Valls ne le séduit pas. Homme politique mesuré, prudent et froid, Macky « rêve », peut-être, d’un sang chaud à la Primature. Ce « Valls » serait un politicien bon teint, qui descend sur le terrain et affronte les populations. Si Abdoul Mbaye perd son fauteuil, son côté « bourgeois », quelque froid et distant pourrait l’expliquer. Il semble en être conscient. Il a été à Touba voir les chantiers, ensuite il a visité les ouvrages des inondations. Personne ne sait si Macky Sall lui donnera le temps d’accroître ses performances dans ce registre.

L’autre équation est de savoir s’il y a du « Valls » parmi les apéristes de la première heure. On agite souvent le nom du ministre de la Justice, Aminata Touré. Elle a sans doute l’une des meilleures cotes de popularité dans le gouvernement. Sa promotion pourrait faire beaucoup de jaloux au sein de l’Apr et, à l’arrivée, plomber son efficacité. L’ex-ministre des Affaires étrangères, Alioune Badara Cissé, ABC, aurait bien pu faire l’affaire. Mais, la profondeur de son contentieux avec le chef de l’Etat rend aléatoire, voire impossible, son retour dans l’immédiat. Reste alors à chercher l’oiseau rare dans la coalition Benno Bokk Yaakaar, comme le leader de Tekki, Mamadou Lamine Diallo. Il passe pour un brillant économiste qui revendique une proximité serrée avec les populations. Un tel choix signifierait une option ferme pour le resserre- ment des rangs avec Bby. Ensuite, il serait moins dangereux pour l’Apr en raison de son envergure politique modeste, loin d’être gênante pour Macky Sall. Rien n’est encore joué pour autant. Car, la coalition « Macky 2012 » qui porte ce combat du remaniement ne convainc personne. A la place d’un argumentaire objectif basé sur des considérations techniques, « Macky 2012 » s’ingénie à légitimer sa prééminence sur la victoire de Macky Sall en 2012. Une bagarre du genre qui de la poule ou de l’œuf précède l’autre. Ibrahima Sall de Model et ses camarades ne pourront jamais démontrer qu’ils sont les artisans exclusifs des 26 % de Sall au premier tour de la Présidentielle de 2012.

Ensuite, lui- même, le patron de Model, a été bien servi dans le premier gouvernement de Macky Sall. Ministre de l’Education, il n’a pas sur- vécu au premier remaniement. Son successeur à la rue Calmette, Serigne Mbaye Thiam, est quasiment en train de révolutionner le secteur. Des enseignants interrogés donnent pour preuve la gestion de l’examen du Bfem de cette année. Thiam a nettoyé tous les recoins de magouilles en réduisant au strict nécessaire le nombre de jurys et en supprimant la pléthore de superviseurs fantaisistes créée par certains inspecteurs d’académie véreux. Résultat : les ordres de mission fictifs ou inutiles seront considérablement réduits. Ils jouent sur deux tableaux. Le parti et les alliés. Et leur cible principale dans leur combat inouï, Macky Sall. Les premiers à tirer sont les alliés de « Macky 2012 ».

« Macky 2012 » ? C’est cette première alliance portée sur les fonts baptismaux avant le premier tour. Il s’agit d’un groupe de partis naissants, conscients de leurs limites face à la machine électorale libéra- le. Souteneurs de Macky Sall au 1er tour de la Présidentielle 2012, les membres de « Macky 2012 » se sont réveillés, après quelque un an de gestion, une hache à la main. Il n’y a rien à faire, ils veulent se débarrasser à tout prix des alliés et faire leur entrée dans le gouvernement. Le model du tout Premier ministre de l’Education, Ibrahima Sall et le mouvement du Pr Arona Coumba Ndoffène Diouf, en font partie.

Aujourd’hui, Ibrahima Sall et le Pr Arona Coumba Ndoffène Diouf sont les têtes de pont de cette bagarre engagée contre Benno Bokk Yaakaar (Bby). Leur discours est tellement démolisseur que chaque jour qui passe ressemble à un jour de grâce pour les membres de Bby.

Finiront-ils par avoir gain de cause ? On peut raisonnablement en douter. Parce que personne parmi ces têtes de pont de « Macky 2012 » qui revendiquent le remaniement, n’est en mesure de répondre à la question « remanier pour quoi ? » La question ne manque d’intérêt ; d’autant que sur les problèmes qui agitent le pays, personne n’a une solution immédiate. Le prix des denrées, les inondations et l’emploi des jeunes sont autant d’équations pour l’heure insolubles. D’ailleurs, lors de sa visite au Maroc, le Président Macky Sall a annoncé la couleur. Il faut une industrialisation forte pour créer de l’emploi. La fonction publique qui recrute chaque année pour les fonctions régaliennes de l’Etat, ne peut pas absorber les 150.000 demandeurs d’emploi qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Les agitateurs de « Macky 2012 » le savent bien.

Quelques-uns d’entre eux avaient voulu faire fortune avec le thème de la communication gouverne- mentale. Le filon s’est révélé ténu. Tous savent que faute d’actes concrets, personne ne peut emballer les populations.

Felix DIAGNE

macky (1)

 

5 Commentaires

  1. A mon avis, la question est de savoir si le Président Macky Sall aurait une vision, un programme bien définis qui ne seraient pas appliqués par des Ministres qu’il faudrait changer illico presto!
    Il ne suffit pas seulement de nommer des Ministres, il faut qu’ils aient une feuille de route, avec les moyens nécessaires pour mettre en œuvre un programme dans chaque secteur.
    Nous devrions nous poser également la question si le Gouvernement disposerait des moyens financiers suffisants pour donner satisfaction à nos populations, avant de déterminer quels profiles il faudrait pour être au Gouvernement.
    D’autre part, comment le Président Macky Sall pourrait-il prendre le risque de donner un bon coup de pied dans la fourmilière alors que ni dans son parti, ni dans les partis de sa « coalition » il ne reste des éléments plus « capés » que ceux qu’on mettrait dehors ?
    Faudrait-il alors que le Président Macky Sall sollicite l’apport d’anciens frères libéraux du PDS ou bien devrait-il le faire en direction de personnalités telles Lamine Loum, Sall, ancien Ministre du plan de Diouf qui donne des signes de disponibilité depuis des mois sans rien brusquer ?
    Nos analystes politiques devraient mieux aider notre « Prési » à y voir clair, face à ses hésitations qui plombe et vicié le débat depuis des semaines, alors que tout le monde attendait et prédisait un remaniement imminent.
    Moi, je ne souhaite qu’une chose, changer, peut-être, mais il y a un homme que personne n’a à reprocher quoi que ce soit, je veux nommer le Premier Ministre.

  2. Le Senegal est toujours victime de la dictature des partis, cette invention des gens de gauche sous le magistere de Diouf pour pouvoir exister alors qu’il ne represente rien sur l’echiquier national.
    Ces gens ne s’activent que pour des postes et sinecures, et au diable l’efficience, la competence, et (God forbid) le Peuple Senegal. C’est a celui qui fait le plus de bruit pour avoir le plus de jus, ainsi consacre et pratique par le systeme mafieux de wadd qui, malheureusement, semble avoir de longs jours sur nos pauvres sous, … que dis-je, dos.

    Cato

  3. Pourquoi les résultats du gouvernement sont faibles : il y’a un manque d »audace ,d »initiative et de creativite dans la résolution des PROBLEMES qui nous assaillent , les ministres sont timorés et sans envergure , sans charisme , mis a part Mimi , Pape Diouf , Haidar ,

    • @Goxilla

      J’oserai avancer que la resolution des PROBLEMES n’est aucunement une priorite, non une simple preoccupation de nos gouvernants. C’est plutot l’occupage (TM) de poste, la jouissance de sinecures et prebendes. Et ceci depuis l’etablissement de l’etat par les colons, lequel systeme n’a jamais devie de sa logique d’exploiatation, de predation et de prevarication.
      Le tong-tong continue de plus belle, meme apres ces 12 annees de calamite avec la wade-mafia.

      Qu’Allah nous protege de ces badolos. Amine

      Cato

  4. Felix Diagne vous avez fait une comparaison qui m’a glacé le sang !!
    Donc vous pensez que la vie politique en France peux impacter aussi lourdement sur la politique au Senegal ??

    Si votre affirmation est vrai cela signifie qu’on est toujours pas indépendant, et que nos dirigeants considèrent les francais comme plus matures, plus intelligents que nous, ce qui est catastrophique !

    En réalité on devrait s’en moquer que quelqu’un qui s’appelle valls ou volls ou vells soit ministre ou pas en France.

    Peut etre que c’est vous meme qui n’etes pas encore indépendant dans votre esprit, et pas le président Macky Sall …

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