Rapatriement (Par Ndukur Kacc Ndao)

Date:

Je suis confortablement assis à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass pour mon voyage. Des dizaines de gens viennent de me dépasser. J »interpelle un vieil ami rencontré par hasard à l’AIBD qui me signale qu’ils sont rapatriés. C’est pas le rapatriement qui me choque. Mais bien les enfants de moins de 18 ans. Je notais récemment l’extrême précocité des jeunes à travailler à l’échelle de l’Afrique de l’ouest. Des enfants qui devraient se retrouver à l’école. Et non en pirogues.

A cet âge, c’est l’écrasante majorité de la responsabilité des parents qui se joue. Mais cela n’est pas étonnant car nous avons plus de 100.000 enfants de rue en 2019 selon l’ONG Human Rights. Non seulement nous avons une précocité d’entrée au travail mais aussi celle de la prise de responsabilité des enfants de plus en plus délaissés. Retrouver des milliers d’enfants dans les bateaux de la mort n’est que le prolongement d’un contexte sociologique, démographique et éducatif connu dans notre pays. 

Heureusement que malgré les émotions il est établi que 75% de la population bougent et travaillent en Afrique. C’est de cela notamment que découle la responsabilité de l’État de susciter l’espoir perdu. Mais aussi d’avoir une politique cohérente de protection de notre bourgeoisie et des autres secteurs nationaux de créations d’emplois et de richesses.

Malheureusement s’ enchâsser dans des politiques publiques d’extrême libéralisme pour faire plaisir au grand Capital, l’État a détruit toute politique cohérente de redistribution raisonnable des richesses. Certes l’État fait des efforts dans les mécanismes de subventions, mais très insuffisamment comparés aux fortes demandes. C’est cela le vrai défi de notre société qui doit réinventer d’autres modèles de solidarité.

Ndukur

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

CAN 2023

DEPECHES

DANS LA MEME CATEGORIE
EXCLUSIVITE