[Reportage] Une nuit sous les lumières des bombes à Abdidja: la France frappe au cœur du dispositif Gbagbo

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Abidjan (Côte d’Ivoire), Envoyé spécial – Le feu est venu du ciel, un dimanche, dans la nuit. Le 10 avril, en fin d’après-midi, a commencé à Abidjan une série de frappes aériennes de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) et des troupes françaises, qui en constituent la force de réaction rapide, assez fortes pour donner à la capitale économique l’impression de vivre l’apocalypse si souvent annoncée par les responsables du régime de Laurent Gbagbo.

 

Le président sortant, battu à l’élection de novembre 2010 par Alassane Ouattara, organise à présent la bataille d’Abidjan, entamée dix jours plus tôt depuis son bunker de la résidence du chef de l’Etat ivoirien, dans le quartier de Cocody.

C’est là qu’ont frappé les premiers missiles tirés par des hélicoptères français, tandis que des roquettes des MI24 de l’ONU touchaient d’autres cibles. Ce n’était qu’un début. Durant une partie de la nuit, les appareils de l’Onuci et des Gazelle français, équipés de missiles, vont transformer l’application de la résolution 1975 du Conseil de sécurité, qui prévoit la « destruction des armes lourdes » de M. Gbagbo, en déluge de feu sur ses installations militaires.

Les tirs ont eu lieu « autour de la résidence », assure une source française, et ont visé des « moyens militaires », selon une source onusienne, notamment des blindés, mais aussi des bâtiments où sont stockés armes et munitions. Leur impact est manifeste. Une source bénéficiant d’un bon point de vue sur la résidence affirme au téléphone voir « une colonne de fumée monter dans le ciel, des lueurs, des gerbes d’étincelles ».

BLOCAGE TOTAL

Peu après, la nuit tombe. Les hélicoptères français et onusiens continuent leurs sorties, plusieurs heures durant. Dans certains cas, ils ouvrent aussi le feu avec des mitrailleuses lourdes. Depuis le toit de l’hôtel du Golf, où Alassane Ouattara vit sous protection de l’ONU depuis l’élection présidentielle de novembre 2010, on distingue dans l’obscurité un gigantesque panache de fumée haut de plusieurs centaines de mètres.

Les détonations se succèdent dans la nuit. Toutes ne peuvent provenir de frappes des hélicoptères, compte tenu de la rapidité de leur succession. Sans doute des tirs d’artillerie ont-ils lieu au même moment.

Depuis plusieurs jours, le blocage est total à Abidjan. Les forces de Laurent Gbagbo, après avoir donné l’impression de céder face à une offensive des troupes d’Alassane Ouattara, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), ont mis en place un système de défense qui a fait ses preuves.

L’offensive des FRCI, lancée depuis le nord de la Côte d’Ivoire, a été stoppée dans Abidjan à proximité de la résidence, qui donnait depuis quelques jours l’impression – trompeuse – d’être à portée de main des ex-rebelles désormais recyclés dans les forces d’Alassane Ouattara. Les forces pro-Gbagbo, composées d’éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) appuyées par des miliciens et des mercenaires, ont alors repris l’avantage dans plusieurs quartiers situés au nord des ponts sur la lagune, qui divisent la ville en deux.

PALAIS PRÉSIDENTIEL TOUCHÉ

Cette situation devait être radicalement transformée par les tirs nourris des hélicoptères, même s’il était encore trop tôt, lundi matin, pour évaluer avec précision l’effet des frappes. « C’est un crime… un crime odieux, c’est tout ce que je peux dire », déclarait Ahoua Don Mello joint par téléphone pendant la nuit, ajoutant qu’il lui était impossible de donner plus de détails sur l’étendue des dégâts causés par les frappes. Le porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, qui est aussi l’un de ses proches, n’a pas quitté Abidjan comme certains responsables du régime, désormais invisibles. Il semble alors sous le choc.

Les autres tirs des hélicoptères frappent au cœur le système militaire de Laurent Gbagbo. Le palais de la présidence, dans le quartier du Plateau, est touché. Plusieurs centaines de membres de la Garde républicaine et leur chef, Brunot Dogbo Blé, y sont retranchés avec de grosses quantités d’armement. Plus important encore, la base de la marine de Lokodjoro fait aussi l’objet de tirs.

C’est depuis cette implantation au bord de la lagune que s’effectue, depuis plusieurs jours, le ravitaillement par vedettes rapides de la résidence, de la présidence et des groupes de miliciens qui sillonnent Abidjan à bord de pick-up équipés de mitrailleuses lourdes.

Au sud des ponts, deux cibles ont également été visées par les hélicoptères, selon une source française. Le palais de la culture, où avaient été stockées les armes et munitions sorties de la caserne de la Garde républicaine voisine, déjà l’objet d’un tir vendredi soir 8 avril, lors de la première salve de frappes de l’ONU et de la force Licorne. Puis une position de miliciens dans le quartier de Koumassi, depuis laquelle ils avaient ouvert le feu contre l’hôtel du Golf, la veille.

OUATTARA A REFUSÉ SON ÉVACUATION

Samedi soir, cet hôtel avait en effet été la cible d’une opération militaire des forces pro-Gbagbo, la « première attaque directe, massive et coordonnée avec utilisation d’armes lourdes », selon le général Talla Niang, qui commande le contingent des casques bleus déployés pour la protection de l’hôtel du Golf.

Les tirs en direction de l’établissement où résident plusieurs centaines de personnes, et défendu par 750 casques bleus, avaient fait deux blessés. Des tirs de mortier depuis la rive opposée de la lagune étaient tombés dans l’eau, selon une source militaire impliquée dans la protection de l’hôtel du Golf. Dans l’ensemble, la protection des soldats onusiens sénégalais et togolais avait fonctionné, mais le choc avait été rude pour les habitants de l’hôtel. Alassane Ouattara, auquel une évacuation avait été proposée, avait refusé de quitter son refuge.

Dans la journée de dimanche, de nouvelles infiltrations de combattants pro-Gbagbo avaient été signalées dans les environs. Dans la nuit, les positions onusiennes ont fait abondamment usage de leurs armes avec l’appui d’hélicoptères. Quelques heures plus tôt, le quartier général de l’Onuci, à Abidjan, avait été lui aussi l’objet de tirs, justifiant la demande adressée par Alassane Ouattara au secrétaire général des Nations unies de mettre en application la destruction des armes lourdes de Laurent Gbagbo, comme le prévoit la résolution 1975 votée le 30 mars.

« On a repris l’opération consistant à neutraliser les armes lourdes partout où elles se trouvent. L’Onuci et Licorne ont entrepris de viser des cibles en plusieurs endroits, notamment aux abords du palais présidentiel et dans les environs de la résidence présidentielle », a déclaré Hamadoun Touré, le porte-parole de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire.

Jean-Philippe Rémy

lemonde.fr

Pour l’Onuci, M. Gbago « confond la vérité et le mensonge »

Interrogé lundi 11 avril sur Radio France internationale (RFI) à propos de la contre-offensive du camp Gbagbo, Young Jin Choi, chef de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), a estimé que « ce monsieur utilise le langage orwellien dans lequel la signification est inversée. Il confond toujours la vérité avec le mensonge. Il faut faire attention à ce qu’il dit. »

M. Choi a déclaré que, la semaine dernière, alors que M. Gbagbo lui avait téléphoné pour solliciter la sécurisation de sa résidence, un général de l’Onuci qui s’était présenté dans ce but a été « pris en embuscade » et « essuyé des tirs sauvages ».

Pour le représentant de l’ONU, M. Gbagbo « est dans une position très précaire : il a perdu le port, l’aéroport, le contrôle de l’eau et de l’électricité. Il est coincé au centre ».

Interrogé sur le risque d’attenter à la vie de l’ancien président, M.Choi a indiqué : « Nous avons le mandat de protéger tout le monde. Nous n’avons pas l’intention de porter atteinte à son intégrité physique. Mais s’il tire, nous contre-attaquons. C’est à lui de choisir. »

Un conflit qui s’enlise

28 novembre 2010 Second tour de la présidentielle entre le président sortant Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

2 décembre La Commission électorale annonce la victoire de M. Ouattara (54,1 %).

3 décembre M. Gbagbo proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel. L’ONU reconnaît la victoire de M. Ouattara.

28 mars 2011 Offensive des forces pro-Ouattara, qui prennent en quatre jours le contrôle de presque tout le pays.

30 mars Vote de la résolution 1975 à l’ONU.

2 avril L’ONU et des ONG font état de massacres dans l’ouest, fin mars.

6 avril Echec de l’assaut des combattants pro-Ouattara sur la résidence de M. Gbagbo.

9 avril Les forces pro-Gbagbo attaquent le QG de M. Ouattara à Abidjan (hôtel du Golf)

1 COMMENTAIRE

  1. La PROPAGANDE est la stratégie de communication, dont usent DEMBEL, KODIO, PEULS, NOIRAFRICAIN pour changer la perception des évènements en CI.

    D’une manière générale, DEMBEL, KODIO, PEULS, propagent à grande échelle des informations, FAUSSES et toujours partiales.

    LA DÉSINFORMATION

    La désinformation est définit comme: l’action d’informer faussement en donnant une image déformée de la réalité. La désinformation n’est pas nouvelle, elle existe depuis la nuit des temps. Sun-Tzu le grand stratège militaire chinois d’il y a 2,500 ans, reconnu son importance stratégique sous la forme de la déception en écrivant:
    «Quand vous êtes apte donnez l’illusion d’être inapte,
    quand vous êtes fort, donnez l’illusion d’être faible».

    TYPES DE PROPAGANDES

    Certains considèrent la publicité comme un type de propagande.

    Cependant, la propagande est habituellement politique (nationaliste, stalinienne, militariste, etc.). Elle est multiforme (utilisation des différents médias) et peut être insidieuse. Dans le langage commun, la propagande équivaut à la désinformation mise au service d’une cause politique d’intérêts privés.

    Les propagandistes cherchent à altérer l’opinion publique en faveur de leurs intérêts propres. Cette imposition d’une nouvelle perspective a pour objectif de modifier les actions et les espérances de la cible. La propagande complète les dispositifs de censure. Celle-ci opère dans le même but, mais de façon négative, par la sélection intéressée des informations favorables à l’interprétation voulue. La propagande procède par excès d’informations, alors que la censure joue d’un manque délibéré d’informations. Ce sont les deux faces d’une même stratégie de domination mentale, surtout utilisée dans les contextes de guerre. Ces deux types de manipulation sont interdépendants : la censure crée un besoin que la propagande s’empresse de combler, tandis que la propagande passe mieux en l’absence d’éléments Ce qui distingue la propagande des autres formes de recommandation est la volonté du propagandiste de changer la compréhension des personnes par diversion ou confusion au lieu de convaincre et d’expliquer.

    Les chefs d’un groupe peuvent savoir que l’information est partiale, voire erronée, tout en maintenant les membres du groupe et les relais de l’information dans l’ignorance.

    La propagande est une arme puissante lors d’une guerre. Dans ce cas-ci, son but est habituellement de déshumaniser l’ennemi et de susciter la haine contre un certain groupe, en altérant la représentation que s’en fait l’opinion manipulée. Les procédés de propagande vont de l’omission à l’imputation mensongère.

    La propagande a beaucoup évolué avec la naissance de la guerre psychologique. On parle aussi de « propagande religieuse » pour désigner le prosélytisme religieux.

    En d’autres termes, la propagande se réfère aussi à l’information fausse censée rassurer les personnes qui y croient déjà. En effet, si des individus croient à une information fausse, ils seront constamment envahis par des doutes. Puisque ces doutes sont désagréables (voir dissonance cognitive), ils désirent les faire disparaître, et sont donc particulièrement réceptifs aux messages manipulateurs. Pour cette raison, la propagande s’adresse en priorité à ceux qui sont déjà bien disposés à l’assimiler.

    TECHNIQUES DE PROPAGANDE

    Les propagandistes emploient des arguments qui, bien que parfois convaincants, ne sont pas nécessairement justes. Un certain nombre de méthodes, inspirées notamment de la psychologie sociale, sont employées pour créer des messages persuasifs, mais faux. Plusieurs de ces techniques de manipulation rhétorique relèvent du sophisme.

    Il a fallu beaucoup de temps pour analyser les canaux par lesquels les messages de propagande font leur effet. Si ce travail est important, il est clair que les stratégies de diffusion de l’information ne deviennent des stratégies de propagande qu’à partir du moment où elles diffusent effectivement des messages de propagande. L’identification de ces messages de propagande est donc un prérequis nécessaire. Nous proposons ci-dessous quelques techniques classiques, dont la plupart reposent sur une bonne utilisation de l’émotivité de l’auditoire.

    La peur : un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l’idée qu’on veut lui inculquer. Par exemple, Joseph Goebbels a exploité la phrase de Théodore Kaufman, « l’Allemagne doit périr !», pour affirmer que les Alliés ont pour but l’extermination du peuple allemand.

    Appel à l’autorité : l’appel à l’autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite.

    Témoignage: les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l’individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande.

    Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l’auditoire d’adopter une idée en insinuant qu’un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l’auditoire à suivre le propagandiste.

    Redéfinition, révisionnisme : consiste à redéfinir des mots ou à falsifer l’histoire de façon partisane.

    Obtenir la désapprobation: cette technique consiste à suggérer qu’une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l’auditoire désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l’étudier. Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins à changer d’avis.

    Généralités éblouissantes et mots vertueux : les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l’auditoire. Par exemple, faire appel à l’amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l’honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l’esprit critique de l’auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.

    Imprécision intentionnelle: il s’agit de rapporter des faits en les déformant ou de citer des statistiques sans en indiquer les sources. L’intention est de donner au discours un contenu d’apparence scientifique, sans permettre d’analyser sa validité ou son applicabilité.

    Transfert: cette technique sert à projeter les qualités positives ou négatives d’une personne, d’une entité, d’un objet ou d’une valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme, etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) acceptable. Cette technique est utilisée, par exemple, pour transférer le blâme d’un camp à l’autre, lors d’un conflit. Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible pour qu’elle s’identifie avec l’autorité reconnue.

    Bouc émissaire: en jetant l’anathème sur un individu ou un groupe d’individus, accusés à tort d’être responsables d’un problème réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de parler des vrais responsables, et n’a pas à approfondir le problème lui-même.

    Slogans : un slogan est une brève expression, facile à mémoriser et donc à reconnaître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.

    Glissement sémantique : technique consistant à remplacer une expression par une autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique peut à l’inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir l’auditoire. Exemples : « frappe aérienne » à la place de « bombardement », « dommages collatéraux » à la place de « victimes civile », « libéralisme » à la place de « capitalisme », « loi de la jungle » à la place de « libéralisme », « solidarité » à la place d' »impôt », « pédagogie préventive » à la place de « répression policière ».

    Tout ça me rapelle quelqu’un ou même plusieurs personnes mais qui ? Hum ! KODIO, PEULS, NOIRAFRICAIN, DEMBEL qui ne sont qu’une et même personne.

    STANISLAS KAZAL

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