Sénégal, un pays qui se meurt

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Je suis un citoyen sénégalais de 35 ans qui vit depuis maintenant plus 7 ans en Europe. J’ai grandi à Dakar, dans une famille woloff (ethnie majoritaire au Sénégal).

J’ai gardé de beaux souvenirs de mon enfance, mon père fut cadre dans une société danoise qui s’appelait « Petersen ». Cette entreprise danoise, implantée à Dakar depuis les indépendances, était spécialisée dans la transformation d’arachides en produits finis (huile, beurre et dérivés).

Les mercredi soir, je n’allais pas à l’école et ma mère me portait souvent trouver mon père après la descente, histoire de faire un tour ensemble au centre ville de Dakar.

C’était le début des années 80, au moment où l’abondance était une réalité et non un fantasme de politicien. Le centre de Dakar était propre, des fois il m’arrive d’aller à Paris et certaines rues me replongent dans la splendeur de certaines de rues à Dakar d’il y a 25 ans. Les arbres, l’organisation, les feux rouge, la lumière, la perfection des routes, la salubrité.

A Dakar tout était à mesure d’homme, le transport urbain était bien géré par la société de transports de l’époque (Sotrac), les arrêts bus étaient un peu partout et la fréquence des bus était des meilleures. Il y’avait du vert partout, arbres, espaces de jeux pour enfants, l’effectif des écoles était contenu. Les gens mangeaient encore dans les restos sans y penser deux fois. A l’époque il n’y avait pas de gargote, les restos étaient à la portée de tout le monde.

Actuellement quand je retourne à Dakar pour mes vacances annuelles, je trouve une ville désolée, une pauvreté accrue au demeurant. Femmes, handicapés, enfants, tous mendient pour survivre. Le mois d’août dernier, j’étais à l’avenue William Ponty. Déjà à 8 heures du matin, la pollution y était à un niveau record, les mendiants contemplaient à travers les vitres de la pâtisserie, les « galettes », les rares fonctionnaires sénégalais qui peuvent encore se payer un petit déjeuner à 1500 F CFA (environ 2,5€) ou bien les quelques fonctionnaires internationaux souvent européens qui travaillent au centre ville.

Il m’est arrivé le week-end d’aller à la gare routière pour aller au centre du Sénégal, plus particulièrement à la ville Sainte de Touba. Vers 9 :00 du matin, j’étais à l’entrée de Pikine dans la banlieue de Dakar, plus précisément à la gare routière improvisée de « Pakou Lambay ».

Partout il y avait des vendeurs ambulants, on vend tout à la gare routière de Pakou Lambay : bananes, parapluie, rétroviseur pour voiture, cartes prépayées de téléphone portable, thé, CD de musiques, pain au chocolat… Parmi les vendeurs, il y’avait majoritairement des jeunes filles entre 10 et 15 ans. Elles avaient la peau crasseuse à cause de la pollution et de la poussière. Elles se faufilaient entre les voitures, présentaient leurs produits en criant. La vie des ces mineures se base sur l’économie journalière de subsistance, elles ne vont pas à l’école et n’ont pas d’avenir.

Sur la route vers Touba qui naguère fut une route excellente, désormais le spectacle y est désolant, il n’y a plus de goudron, la route est devenu un mixte de terre rouge argileuse et de goudron.

Les routes du Sénégal sont dangereuses, sans compter l’insouciance des conducteurs des moyens de transport urbains et extra-urbains.

Les sénégalais sont majoritairement pauvres, mangent peu et mal. Les quelque privilégiés sont les membres du gouvernement, ou ex membres du gouvernement qui vivent dans les quartiers chics de Dakar (Almadies, Fann Résidence…)

J’aime le Sénégal, j’aime mon pays et je fais un appel à tous mes concitoyens de redorer le blason avant qu’il ne soit trop tard. Le gouvernement actuel sénégalais n’a aucun projet d’urbanisation sérieuse, la polio et la lèpre continuent à y progresser, bref c’est un pays qui se meurt.

Bamba Niang Employé Bureau Commercial

[email protected]

lemonde.fr

5 Commentaires

  1. C’est quand même grave, le tableau noir que vous faites du Sénégal. POur quelqu’un qui ne connait pas le sénégal, l’impression est vite donnée qu’on patauge dans les bas-fonds de la pauvreté. Ce qui n’est pas vrai. Le Sénégal a certes des problèmes d’aménagement et draine tous les mendiants de la sous-région, mais a connu des avancées notables. Contrairement à ce que vous croyez, la classe moyenne ne se recrute dans le parti au pouvoir. Elle comporte en son sein de jeunes cadres méritants qui ont fait des études poussées et profitent des opportunités existantes aujourd’hui, contrairement à la période 80-90. La profusion de commerçants traduit le dynamisme d’un secteur informel qui se positionne comme un secteur créateur d’emplois en dehors des circuits classiques. Progresser veut dire avancer, la polio et la lèpre ne progressent pas au Sénégal. Cela dit, il reste beaucoup à faire pour que ce pays rayonne davantage, singulièrement en termes de discipline, d’organisation et de lutte contre la corruption.

  2. Je ne pense pas que l’auteur de cet article a tout faux de peindre un tableau plus ou moins sombre pour le Sénégal. En fait cela doit nous pousser à adopter un nouveau changement de comportement. Faisant une comparaison de la ville de Dakar des années 80 à nos jours, il n’y a vraiment pas photos entre les périodes. Même si on lui concède ce qu’il avance, il fallait qu’il parle aussi de l’accroissement de la population en 20ans non sans parler de l’exode rural qui ne finit pas encore de faire parler de lui. Outre cela, il faut reconnaitre que les temps ont changé et la vie est devenue plus chère. Conséquence, les gens ont d’autres soucis que de venir manger dans les restaurants de la ville. S’agissant des mendiants, ils sont nombreux dans la ville de Dakar. Mais est-ce que tous nous viennent du Sénégal? Cette question méritait bien d’être posée par Bamba Niang. C’est vrai que Dakar étouffe en 2010 mais il faut que nous qui sommes ses fils acceptions de changer sa face hideuse. Pourtant, de la volonté existe, je veux parler du programme de déguerpissement des personnes qui occupent l’espace public par le Maire de Dakar. Mais ce dernier n’a pas eu le soutien du pouvoir. Et pour cause, on sait tous que les personnes qui occupent anarchiquement les chaussées ne sont pas souvent originaires de Dakar et ils font partie d’une communauté que tout le monde connait, Bamba le sait mieux que tous. A chaque fois qu’il y a un besoin de déguerpir, des voix de familles maraboutiques s’élèvent pour s’opposer. Avec une telle situation, pensez-vous qu’il sera toujours facile de faire une nouvelle virginité à Dakar. Que nenni! En réponse à la situation des routes, je dirais que votre terme n’est pas dur pour qualifier l’état de nos routes. Je dirais que nos routes sont cahoteuses, dans certaines zones elles sont pires qu’un mixte de latérite et de goudron. Mais à qui imputer cette responsabilité? A

  3. Je ne pense pas que l’auteur de cet article ait tout faux de peindre un tableau plus ou moins sombre pour le Sénégal. En fait cela doit nous pousser à adopter un nouveau changement de comportement. Faisant une comparaison de la ville de Dakar des années 80 à nos jours, il n’y a vraiment pas photos entre les deux périodes. Même si on lui concède ce qu’il avance, il fallait qu’il parle aussi de l’accroissement de la population en 20ans non sans parler de l’exode rural qui ne finit pas encore de faire parler de lui. Outre cela, il faut reconnaitre que les temps ont changé et la vie est devenue plus chère. Conséquence, les gens ont d’autres soucis que de venir manger dans les restaurants de la ville. S’agissant des mendiants, ils sont nombreux dans la ville de Dakar. Mais est-ce que tous nous viennent du Sénégal? Cette question méritait bien d’être posée par Bamba Niang. C’est vrai que Dakar étouffe en 2010 mais il faut que nous qui sommes ses fils acceptions de changer sa face hideuse. Pourtant, de la volonté existe, je veux parler du programme de déguerpissement des personnes qui occupent l’espace public par le Maire de Dakar. Mais ce dernier n’a pas eu le soutien du pouvoir. Et pour cause, on sait tous que les personnes qui occupent anarchiquement les chaussées ne sont pas souvent originaires de Dakar et font partie pour la majorité d’une communauté que tout le monde connait, Bamba le sait mieux que tous. A chaque fois qu’il y a un besoin de déguerpir, des voix de familles maraboutiques s’élèvent pour s’opposer. Avec une telle situation, pensez-vous qu’il sera toujours facile de faire une nouvelle virginité à Dakar. Que nenni! En réponse à la situation des routes, je dirais que votre terme n’est pas dur pour qualifier l’état de nos routes. Je dirais qu’elles sont cahoteuses, dans certaines zones elles sont pires qu’un mixte de latérite et de goudron comme Bamba l’avance. Mais à qui imputer cette responsabilité? Au lieu d’effleurer le mal, il faut remuer le couteau dans la plaie et toucher là où ça fait mal plutôt que de laisser les personnes sur leur faim. En tout cas cette contribution a bien son sens même s’il faut reconnaitre l’indiscipline notoire voire caractérisée des sénégalais. Nul n’ignore que l’anarchie qui règne sous nos cieux est tellement indescriptible que nous autres n’avons que nos yeux pour constater cette situation perdurer.

  4. Je suis tout a fait d’accord avec bamba sur la situation économique et sociale a Dakar. Meme si comparaison n’est pas raison, je vous invite a voir ce qui passe chez nos voisins en terme de bonne gouvernance et de discipline des citoyens, et de respect des principes élémentaires de la démocratie; vous verrez que ds ces pays on n’a pas un chef d’état qui a son fils qui gèrent des milliards de fds publics, des députes qui votent pr changer le mandat du président de l’assemblée, des sociétés nationales bradées a des hommes d’affaires véreux. L’exple de petersen devenue sonacos en est une illustration, puisque vendue a 8milliards alors que le patrimoine foncier uniquement vaut 10 fois plus, sans parler des unités industrielles et de raffinages très performantes qui peuvent acheter et traiter toutes les récoltes d’arachides des paysans sénégalais. Ne parlons pas des jeunes qui représentent plus de 80% de la pop active et qui ont aucune perspectives si ce n’est barça wala… Félicitation bamba pr avoir poser le débat. Terrain meew, neuf, foori deunde, ah ah

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