[Témoignage] Battu à mort par des policiers: une dame retrace le film de la mort tragique de Abdoulaye Wade Yinghou Triste récit

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Elle avait fuit de chez elle, pendant quelques jours, pour mieux se sentir en sécurité, après avoir annoncé à la famille du jeune Abdoulaye Wade Yinghou la mort tragique de ce dernier. Une fuite justifiée par le fait qu’elle a pris au sérieux les «menaces de mort» d’un certain inspecteur F…., si toutefois elle lâchait un mot sur les faits ayant conduit à la mort du jeune ouvrier de Bène Barack, à la suite de l’émeute de mercredi dernier contre les coupures d’électricité. Accrochée, samedi dernier, par Le Quotidien, S. M. L, pour qui les proches demandent auprès des autorités une protection, est largement revenue sur les circonstances du décès du jeune Abdoulaye Wade Yinghou.

Une dame retrace le film de la mort tragique de Abdoulaye Wade Yinghou

ImageLa mort du jeune Abdoulaye Wade Yinghou, âgé de 29 ans, est devenue un sujet de grands débats dans la ban­lieue dakaroise. Plus précisément dans les différents quartiers voi­sins de Bène Barck, endroit où a­vaient lieu, mercredi dernier, des é­meutes faisant suite à des manifestations contre les coupures d’électricité.
Le jeune Abdoulaye Wade Yinghou avait été assisté jusqu’à sa mort par la dame S. L. M, dans les locaux de la Police de Yeumbeul, le 14 juillet dernier.
Quelques jours après la mort du jeune Yinghou, Le Quotidien a pu rencontrer la dame qui avait disparu de la zone.?Cette dernière a été re­trou­vée dans le domicile de Mactar Diop, l’employeur de la victime. L’entretien avec Le Quotidien, qui a commencé samedi à 22h 14mn, s’est déroulé en présence de?Saliou Yinghou l’oncle du défunt.
La dame S. L. M, toujours hantée par la peur et habillée en boubou traditionnel, ses cheveux en bataille et ses pieds croisés?sur le canapé, tremble de tout son corps, car étant jusqu’à présent sous le choc. Elle soutient?: «Je n’arrive pas à dormir, depuis la mort du jeune Abdoulaye Wade Yinghou.»
Avec une voix cassée, mais rassurée par l’assistance, elle mettra des minutes?à chercher ses mots pour retracer le film tragique?auquel elle a assisté. «Le jour?des faits, lorsque les jeunes?de Yeumbeul Bène Barack étaient en train de manifester, je les ai croisés sur mon chemin. Et c’est ainsi que j’ai demandé à Abdoulaye où est-ce qu’il se rendait. Il m’a fait savoir que c’est sont em­ployeur, Mactar Diop, qui l’a envoyé chercher des aliments pour volaille. Et c’est à partir de ce moment que la Police est intervenue. Alors, cherchant à prendre la fuite, il sera interpelé par les éléments de la Police de Yeumbeul. Ils étaient 4 policiers à le tenir en respect. C’est ainsi qu’un des policiers, avec sa matraque lui a donné un violent coup au thorax, lui cassant les côtes. Abdoulaye Wade Yinghou, une fois relâché, s’affale par terre en criant et tout en se tordant de douleur, les mains au niveau du thorax. Le tout sous le regard médusé des populations qui étaient impuissantes pour venir en aide à la victime». «C’est ainsi que la Police après l’avoir mis au Ko, l’a embarqué dans le véhicule avec un autre jeune interpelé, lui aussi, après avoir reçu un coup de matraque au bras gauche», ajoute la dame S. L. M.

«IL FAUT BIEN LE BAILLONNER POUR QU’IL LIVRE SES COMPLICES»
Ne sachant à quel saint se vouer, d’autant plus qu’elle connaissait la victime qui habite dans la même localité qu’elle, S.L.M prend vite un car rapide et se rend à la Police de Yeumbeul. Sur place, l’accès lui sera interdit. «J’ai rencontré l’inspecteur F… pour lui dire qu’il y avait un jeune que la Police a conduit chez eux (au poste de Police). Il m’a injuriée et m’a demandé de quoi est-ce que je me mêle. Sur ce, je me suis mise non loin du poste de Police. Il faisait presque 20 heures. De là, j’ai aperçu Abdoulaye Wade Yinghou qui était en train d’être traîné par les policiers jusque devant les grilles du violon. Et là, il a encore reçu un violent coup, et s’est encore affalé à terre. C’est à partir de ce moment que du sang a commencé à sortir de sa bouche. Un des policiers du commissariat de Police a insisté sur ces termes?: Il faut bien le bâillonner, comme ça il va donner les noms des ses complices.»
Selon notre interlocutrice, la victime ne cessait de crier qu’il n’avait rien fait et que c’était son emplo­yeur, Mactar Diop, qui l’avait envoyé chercher des aliments pour volaille à Malika. «Mais, c’était peine perdue, car les policiers ne l’entendaient pas de cette oreille. Soudain son téléphone a sonné, il a décroché mais c’était difficile pour lui de parler. C’est ainsi que je ne pouvais plus me retenir, j’ai franchi la porte du poste de Police et me suis jetée sur lui. Sur place, il y avait une marre de sang, du sang qui sortait de sa bouche abondamment, sans cesse. Il était couché à plat ventre. Je l’ai retourné, puis j’ai ramassé un morceau de pantalon Jean que j’ai trouvé sur les lieux, pour le mettre sous sa tête afin qu’il lui serve d’oreiller», déclare notre interlocutrice, très émue par ce qu’elle raconte, avec les larmes qui coulent.
Quelques minutes après, elle reprendra son souffle pour poursuivre : «Là où il avait reçu le coup de matraque était devenu creux. Les policiers m’ont sommée de quitter les lieux, j’ai refusé. Au même mo­ment, le père de l’autre jeune, qui était interpelé en même temps que Abdoulaye Wade Yinghou, va intervenir auprès de la Police de Yeum­beul. Là, il fera comprendre que son fils prépare un voyage. Ce dernier sera relâché en échange de 30 mille francs que les policiers lui ont réclamés.»
«Vers 4 heures du matin, je ne cessais de demander aux policiers de me venir en aide. Devant leur refus, le jeune Abdoulaye Wade Yinghou commençait à agoniser. C’est en ce moment précis qu’il m’a confiée : Je vais mourir. Je ne peux plus résister. Moi, j’avais du sang partout en moi. Mais, je ne pouvais pas l’abandonner, d’autant plus que je le connais», ajoutera notre interlocutrice.

«SI JAMAIS TU EN PIPES MOT, CONSIDERE-TOI COMME UNE PERSONNE MORTE»
S. M. L renseignera encore?: «J’ai acheté de l’eau pour lui faire boire mais il n’arrivait pas à l’avaler. Car, il n’y avait que du sang qui sortait de sa bouche. Puis, après m’avoir re­gardée, il a fermé ses yeux. A partir de ce moment, je n’en revenais pas. Alors, les policiers l’ont pris et l’ont transporté à l’hôpital de Thia­roye. L’inspecteur F…, qui sait que j’ai suivi toute la scène, s’est approché de moi et m’a dit?: A propos de ce que tu as vu ici, si jamais tu en pipes mot, considère-toi comme une personne morte. Car, dis-toi que tes jours sont comptés et dis-toi qu’on te connaît». «A la suite de ces propos, un autre policier nommé Malick leur a demandé de me laisser partir», indique la dame S. M. L. D’ailleurs, les proches de la dame S. M. L. sollicitent auprès des autorités une protection de cette dernière.
La famille de la victime ne compte pas baisser les bras. Selon Saliou Yinghou, l’oncle de la victime, ils vont enclencher une procédure judiciaire à l’encontre de la Police, dès que les résultats d’autopsie leur seront livrés. «Nous allons tout faire pour que la lumière soit faite sur cette affaire. Car actuellement, tous les membres de la famille qui sont en Casamance sont en train de se regrouper pour voir comment procéder», informe-t-il.

Par Abdou Latif MANSARAY –

lequotidien.sn

14 Commentaires

  1. il fo k justice se face sans corruption sur cet affaire car tous les hommes de tenues sont des im… de premier rang et des corrompus. au lieu de faire licitement leur boulot ils passent leur temps à demander de l’argent aux chauffeurs sur les routes pour régler leur dépense quotidienne en plus s’ils saisissent de la drogue, ils ùmontrent la moitié et vont garder l’autre moitié pour s’enrichir.

  2. je ne crois pas un mot de ce que dit la dame :
    le june abdoulaye se fait défoncer la poitrine a coups de matraque
    sous ses yeux ……..
    Et le soir meme à 20h elle a le courage d’aller roder devant ce poste
    de police toute seule alors qu’ elle aurait pu avertir la famille du
    jeune homme et aller ensenble avec eux a la police , ce qu’elle n’a pas
    fait.

  3. kelk soit alpha nous devons savoir que ce regime compte sur la repression policiere pour etouffer le ras le bol des populations.les forces de l’ordre doivent savoir que ce sont leur frere seour oncle pere meretante qui compose la population s’ils choisissent d’etre du cote de ces bandit a col blanc qui refectionnent le bureau de leur garde du corps a coup de million et l »ai laissé en rade,ils doivent ouvrir leur yeux et etre consequent.y’a trop de milliards gaspilles et l »essentiel et le minimum n’est pas assuré,d’ou la legitimité des population de manifester leur mecontentement en marchant une chose garantit par la constitution

  4. Je suis écoeuré mais dans kel pays nous sommes la faute est au Président Abdoulaye Wade qui a donné touts les pouvoirs aux policiers et j’en suis sûr que cette histoire restera sans suite. Repose en paix Abdoulaye Wade Yinghou que le Bon dieu t’accueuille au paradis. amen

  5. moi je me demande ou ete la popilation pendant ke c colochards fesaient une telle chose pareil , 4 policiers seulment et ont les laisser bastoner ce jeune homme sans defence , c est tres simple comme ya plus justice au senegal , que la population s enprenne a corriger c soit disant policier ki tue la population , sans ke personne reagisse , ni les autorites , et ce cas de abdoulaye wade ne devra pas etre nule comme celle de balla gaye comme aussi le cas de dominique de kolda , de vraie policier ne sont pas sencè a torturer jusquà la mort c est de l assasinat pure et simple que justice soit fait et qu on les traduit en justice ou les condamner a mort ce bande de minable mercie

  6. Paiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii nous voulons qu justice soit faite!!!!!!!
    suis écoeuré et telma bléssé, je me sens mal …
    queski se passe o sénégal?
    qu’est entrin de devenir nortre chér pays?
    Abdoulaye Wade guir yalla kitt la avc tte ta famille et ton personnel on ne ve plus entendre parler de vous allez vous en avc ossi tes meutriers ( les soit disant GMI, Police, Gendarme….) nous voulons retrouver notr Sénégal d’avant…..!!!!
    pour Abdoulaye Yinghou on prie pour qu Dieu taccueil ds c plus haut paradi inchahala, repose en paix

    Fatiha + 11 Likhlass

  7. Parfois, en se croit à l’époque de Staline où les forces de l’ordre se croient tout permis. Tant que l’impunité continuera dans ce pays, il apppartiendra à chacun de faire sa propre justice par tous les moyens. S’il est condamnable de ne pas assister une personne en danger, c’est vraiment abject et inhumain de laisser une personne mourir sans rien faire surtout si on est responsable. C’est vraiment choquant et révoltant.

  8. je suis vraiment décu , je ne trouve pas les mots pourquoi frappé un homme jusqu’à la lui donné la mort , ce sont des méchants on devraient les jetés dans un grand feu , ce ne sont que des misérables qui se croient tous permis , mais nakk ce feu là vous attend et j’ai vraiment pitié pour votre âme

  9. Le jour où la vérité des choses se cristalisera nous saurons quelle mains seront entachées de sang.Car ces policiers sont à l’origine de la mort et pourtant sont défendus par l’état,donc c’est lui le commanditeur de ces meurtres qui ne ce cessent de s’abattre sur cette population épuisé qui crie actuellement sans voix. Ces criminels(certains policiers) qui massacrent et « broient » [car c’est le terme qu’il faut ] leurs propres concitoyens payeront de toute façon.
    Vive la population et que la lutte pour le droit et la justice continue

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