Ucad: Un groupe d’étudiant met le rectorat à feu et à sac.

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Le rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop a été le théâtre d’une violence inouïe dans la matinée d’hier. Non contents du report des renouvellements des amicales des facultés, un groupe d’une vingtaine d’étudiants a mis le rectorat à feu et à sac. Les autorités rectorales ont décidé de porter cette affaire devant les juridictions au-delà des sanctions disciplinaires à l’encontre des contrevents.

Le spectacle était triste et désolant, hier, au rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Des pots de fleurs renversés. Des tables et chaises sens dessus-dessous. C’est l’œuvre d’un groupe d’une vingtaine d’étudiants. Ceux-ci ont renversé dans la matinée tout ce qui était sur leur passage. Des bouteilles de peinture allant au saccage des vitrines du rectorat en passant par des insanités écrites sur les murs et les portes des bureaux du rectorat. Des portes calcinées. La devanture du rectorat est méconnaissable. Pis, les étudiants agresseurs ont balancé du gaz asphyxiant au recteur de l’Ucad, le Pr Abdou Salam Sall, au doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques, le Pr Diaw Diouf et au personnel du rectorat. En fait, le recteur avait une réunion avec la commission de logement de l’institution dans la salle située au couloir gauche du rectorat. A l’issue de celle-ci, il trouve une vingtaine d’étudiants au rez-de-chaussée, ils lui demandent de les recevoir de force. M. Sall leur oppose une fin de non recevoir. Les étudiants ne cèdent pas. Ils suivent leur recteur dans son cabinet, empoignent le protocole. Le recteur s’interpose physiquement pour éviter une bastonnade à son agent. C’est le début des hostilités. Les étudiants balancent une bombe asphyxiante. « Il a fallu qu’on utilise des mouchoirs imbibés pour pouvoir respirer », a témoigné le recteur de l’Ucad, le Pr Abdou Salam Sall, très touché par la tournure de cet événement.

Les agresseurs seraient en faculté de Droit

C’est avec un cœur meurtri et triste qu’il s’est adressé à la presse pour revenir sur l’incident. Visiblement très dépassé, il trouve difficilement des mots pour exprimer son indignation face à l’attitude des étudiants agresseurs. « Les étudiants nous ont clairement dit que tant qu’ils ne gèrent pas les amicales, personne ne va travailler au rectorat », a révélé le recteur Sall, qui précise d’emblée que les agresseurs ont été identifiés. « Nous les connaissons. Pour l’essentiel, ils sont en Faculté de droit et en Faculté des sciences et techniques », a-t-il ajouté. Le recteur compte aller jusqu’au bout dans cette affaire, notamment en portant plainte contre les étudiants incriminés. Le doyen de la Faculté de droit, M. Diaw Diouf, compte se constituer partie civile parce qu’étant victime de ces actes perpétrés par les étudiants. Sa conviction est que ces actes sont « inadmissibles ». « Ce n’est pas une première. La violence doit être bannie à l’université. », s’est-il indigné, indiquant qu’il va réunir la commission d’instruction de la faculté pour examiner les cas et saisir ensuite la commission de discipline pour que des sanctions appropriées soient prises.

Henry Richard Ndong, président de la commission sociale de l’amicale de la Faculté de droit, s’est indigné de l’acte perpétré par ses camarades mécontents. « Nous sommes très ébahis de la situation qui prévaut au rectorat. Un juriste devrait emprunter d’autres voies légales pour rentrer dans ses droits », a-t-il déclaré, précisant que c’est le report des renouvellements des amicales qui est à l’origine de cette guéguerre enclenchée depuis quelques temps par ce groupe d’étudiants. Un point de vue partagé par le doyen de la Faculté de droit. « Même si nous ne sommes pas d’accord sur une mesure, il y a des voies de droit qu’on peut mettre en œuvre et non la violence », a-t-il conseillé. Selon M. Ndong, les étudiants mis en cause s’étaient rendus à la direction des Bourses pour réclamer le blocage du traitement des bourses sociales. « Trop, c’est trop, c’est le moment de se déterminer. Chacun doit prendre ses responsabilités. Notre amicale ne cautionne pas cette attitude de ces étudiants », a-t-il déploré avant de dire que les étudiants agresseurs sont en 2e cycle à la Faculté de droit.

Souleymane Diam SY
lesoleil.sn

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