Vie et oeuvre du Cheikh Magal de Touba

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Le magal de Touba est considéré par les talibés mourides comme un événement à ne pas rater sous aucun prétexte. La capitale est vide, tout le monde converge vers la ville sainte de Touba, créée par le fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba. Qui est le Saint homme ? Elément de réponse dans ce dossier

Située à 194 kilomètres à l’est de Dakar, Touba est la capitale du mouridisme. Le mot Touba vient de l’arabe ?ûbâ : « bonheur, béatitude, félicité ». La ville de Touba est fondée en 1887 par Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul, le fondateur du mouridisme. Touba fait partie du département de Mbacké, dans la région de Diourbel. Située dans l’arrondissement de Ndame, c’est une cité qui a encore un statut légal de village, bien qu’il se soit largement urbanisé. Le dernier recensement montre que la ville de Serigne Bara est la deuxième ville du Sénégal au plan démographique après Dakar.

De son vrai nom Mohamad ben Mohamad ben Habîballâh, CHEIKH AHMADOU BAMBA a vu le jour au mois de Muharram de l’an 1855, à Mbacké, dans la région de Diourbel. Fondé par son grand-père, le village porte le nom de la famille Mbacké. Ses ancêtres du côté paternel descendent d’une famille chérifienne du Sahara (connue sous le nom de Alou Nalla) d’où ils émigrèrent pour venir s’installer d’abord au Fouta, puis au Djoloff et ensuite au Baol, où son arrière grand père Mohammed Al Khayri, surnommé Maharame, fonda le village de Mbacké Baol vers l’an 1194 de l’hégire, 1789 de l’ère chrétienne. Le Damel Teigne Amary Ngoné FALL lui avait octroyé un grand fief dans la contrée de Laa. Quant à sa mère, elle s’appelait Diaratou Lâhi Mariama, fille de Mohammed ben Mohammed ben Alioune BOUSSO. Sa lignée maternelle remonte à Assane ben Ali ben Aby Talib

Ses parents ont très tôt découvert en lui une perfection innée qui s’est traduite par des attitudes et habitudes de piété, de bonne conduite morale, de dévotion, de solitude, de méditation et un comportement exécrant l’amusement, l’indécence et le péché. Partout où Il passa durant son cursus, on lui reconnut unanimement une perfection spirituelle qui ne pouvait que résulter d’une lumière provenant de DIEU.Jusqu’en 1882, le Cheikh assurait l’enseignement auprès de son père. Sa carrure intellectuelle lui avait permis, dans le cadre des fonctions que celui-ci lui confiait, d’écrire dans certains domaines des Sciences Religieuses et Instrumentales pour les rendre plus accessibles. C’est à cet effet qu’il compose le  » Jawharu-n-Nafîs  » (le Joyau Précieux), une versification du traité de jurisprudence de Al Akhdari , le  » Mawâhibul Quddûs  » (les Dons du TRES-SAINT), une reprise versifiée de l’ouvrage de théologie de l’ Imâm As-Sanusi intitulé « Ummul Barâhin » (la Source des Preuves), le « Jadhbatu-ç-çighâr » (L’Attirance des Adolescents), un ouvrage traitant particulièrement des articles de la foi, le  » Mulayyinu- ç-cudûr « (L’Adoucissement des cœurs ) qui reprend en versification le  » Bidâyal Hidâya  » (le Commencement de la Bonne Direction ) de l’Imâm Al Ghazâlî.Il reprend plus tard ce poème sous le titre de « Munawwiru-ç-cudûr » (l’Illumination des cœurs). C’est un ouvrage qui traite du perfectionnement spirituel. Il compose bien d’autres ouvrages dans les domaines de la Jurisprudence, de la Théologie, du Soufisme, de la Bonne éducation et d’autres branches comme la grammaire.

Le rappel à Dieu de son père en 1882 à Mbacké venait lui ôter la tutelle de celui à qui il obéissait religieusement, mais aussi allait révéler sa vraie physionomie mystique et spirituelle. Le stade de dévotion à DIEU qu’il atteint, malgré les hostilités que lui manifestaient les gens de son époque, démontre sans équivoque son appartenance au cercle « des hommes de DIEU ». Il n’était l’esclave ni des futilités du bas-monde, ni de l’autorité coloniale dominatrice, ni de celle des chefs païens de la vieille aristocratie locale.

Cette attitude d’un homme esseulé, dénonçant l’arbitraire et la corruption d’où qu’ils soient et ne reconnaissant que la seule Autorité du Maitre des mondes, allait marquer sa vie. C’est ainsi qu’en réponse aux dignitaires qui, à la suite de l’oraison funèbre de son père, lui suggérèrent d’accepter d’occuper la fonction de conseiller du roi, il déclina cette offre au bénéfice de l’obligeance des sultans. Ses compatriotes l’appellent affectueusement CHEIKH AHMADOU BAMBA Il appelle les hommes à se tourner vers DIEU, prêche la non violence, la quête du savoir utile, le travail, le courage pacifique, la détermination et la foi en DIEU. Il déclare :  » Je ne crains que DIEU, je porte mes espoirs en DIEU, rien ne me suffit si ce n’est la religion et la science »

Les œuvres du Cheikh que d’aucuns portent à plus de sept tonnes peuvent être consultées au niveau de Daaray Kamil (bibliothèque des écrits du Cheikh). Cheikh Ahmadou Bamba fut forcé à l’exil. Un voyage qui le mène dans beaucoup de pays de la sous région dont le Gabon, CHEIKH AHMADOU IBN MOUHAMMAD IBN ABIBALLAH s’éteint le 19 Juillet 1927, à l’age de 72 ans. Son fils ainé, Mouhamadou Moustapha Mbacké assure la continuité des œuvres de son père.

Son mausolée, à TOUBA, attire hommes, femmes et jeunes de toutes races et de tous les continents.

Daray Kamil

C’est en en 1977 que la bibliothèque Cheikh Al-Khadim (Daray Kamil) est crée par le troisième khalife général des Mourides, Serigne Abdou Ahad MBACKE. Ce dernier l’a mise sous la propriété de Khadim Rassoul. En effet, la Bibliothèque a connu un certain nombre des responsables nommés par le Khalife général des Mourides en exercice. Le premier Responsable de la Bibliothèque est Sergine Alioune NDAW (1983) A cette période là, la bibliothèque était divisée en deux salles : La salle des livres est gérée par Serigne Makhtar Faye.

IL y avait aussi un personnel composé de quelques membres de la famille de Serigne Modou Mamoune Niang , chargé d’aider les conservateurs.

Serigne Alioune NDAW est remplacé par Serigne El Hadji MBACKE de 1999 à 2004.

Après le départ de Serigne El Hadji MBACKE en 2004, Serigne Saliou MBACKE le cinquième khalife confie la responsabilité de la bibliothèque à Serigne Moustapha DIATTARA. Responsabilité reconduite par le nouveau khalife Serigne Bara Mbacké dès son accession au khalifat.

Le compagnonnage de Cheikh Ahmadou Bamba avec cheikh Ibra Fall

La conversion de Cheikh Ibra Fall au mouridisme marque une date charnière en ce qu’elle va donner une nouvelle impulsion à la confrérie. Après ses études coraniques complétées par la connaissance de la science islamique, Cheikh Ibra quitte son fief originel. Quelles sont les raisons qui sont à la base d’une telle décision ? Nul ne saurait répondre avec exactitude à cette question. Il part à la rencontre de celui qui devait être son compagnon On admet également que Cheikh Ibra parlait très souvent de celui qu’il doit servir. Suivant cette hypothèse, Cheikh Ibra Fall se sentait prédestiné à une mission qui devenait de plus en plus claire au fur et à mesure qu’il prenait de l’âge. Ainsi, à la maturité, l’illumination se transforme en rêve prémonitoire. Il aurait vu Serigne Touba en rêve et c’est à partir de ce moment qu’il décida de partir à sa recherche.

Les chercheurs et l’administration coloniale, font de Cheikh Ibra un riche commerçant dont les affaires prospéraient un peu partout dans les localités du Ndiambour, du Baol et du Kayor. C’est au cours de ses nombreux déplacements qu’il rencontra Cheikh Ahmadou Bamba. La dimension mystique du Cheikh exerça un effet important sur lui et il gela toutes ses activités pour se consacrer au guide spirituel du mouridisme.

Dans tous ses déplacements, Cheikh Ibra croyait fermement retrouver le Bamba qui ne cessait de retenir dans son subconscient. Cheikh Ibra parvint à le rencontrer, par l’entremise de Cheikh Adama Guèye qui faisait partie des émissaires venus vers Serigne Bamba Sylla ou Serigne Taïba Daxaar. La rencontre a eu lieu le 20 du mois de Ramadan à M’backé Kadjoor.

Lorsque Serigne Touba fut mis au courant que ses émissaires étaient revenus accompagnés d’un hôte, il demanda que celui-ci lui soit présenté. A la vue de Cheikh Ahmadou Bamba, Cheikh Ibra Fall se sentit transporté dans un autre univers. Il eut l’intime conviction qu’il venait de trouver ce qu’il avait tant cherché. Alors, il enleva son boubou et s’agenouilla devant Cheikh Ahmadou Bamba. Cette attitude témoigne un signe de respect et de dévotion dans le mouridisme.

Ainsi le grand Mouride Cheikh Ibrahima Fall, qui fut d’ailleurs un des grands hommes de bonne intention a écrit : « quand je me suis présenté au Cheikh pour lui faire serment d’affiliation ». Je n’ai quitté ma maison que pour chercher un tel guide, je ne trouvais que sa tombe, la véracité de mon intention de suivre son exemple me ferait parvenir à mon objectif. Je vous prête serment de n’acquérir rien de ce monde et de me préoccuper exclusivement de Dieu et de la vie future.

Alors, le Cheikh lui répondit : « Ô Ibrahima ! Quant à moi, si je n’avais des traces du Prophète que ces étoiles et ce ciel, j’aurais été sûr que mon intention à son service et mon amour pour lui m’assureraient la satisfaction de mes besoins et la conduite (dans la bonne voie) conformément au meilleur destin que Dieu Très-Haut a réservé à celui à qui il a été donné la foi et l’amour en lui. Cela dit, j’agrée votre serment et vous tiens à obéir aux ordres et à voter les interdictions et à orienter votre préoccupation vers Dieu. Mais n’attendez de moi dans cette vie ni abri vous protégeant du soleil ni autre bien matériel ».

Le mausolée de Cheikh Ibrahima Fall Lamp est visité par beaucoup de pèlerins. Son nom est affilié à une ligne de talibés appelés Baye Fall.

africanglobalnew.com

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