Battus par leur epouse: Des maris brisent le silence

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On parle très souvent des violences faites aux femmes, mais jamais de celles que subissent les hommes dans leur ménage du fait de leurs conjointes. On les appelle les maris battus. Ils sont victimes soit de violences verbales soit de violences physiques avec la particularité qu’ils souffrent dans le silence. Dans l’étude du phénomène des violences conjugales, la victime c’est toujours la femme et le bourreau le mari. Le sexe faible subit certes des supplices et cela mérite que des voix s’élèvent pour les dénoncer. Seulement, il y a aussi les hommes dont il est question ici de souligner leur malaise.
Mamadou Faye est un septuagénaire. Il porte les empreintes d’une violence féminine aveugle. Il y a quelques années, une scène de jalousie avait poussé son épouse à lui verser de l’eau chaude sur le visage, ce qui lui a fait perdre un œil. Mamadou a été éborgné par son épouse, la mère de ses enfants, dont le méchant acte lui a donné une réputation de harpie.

Même ses filles semblent avoir été victimes de cette affaire puisque, aussi charmantes soient-elles elles n’arrivent pas à se trouver des maris. Ne dit-on pas telle mère, telle fille. Aussi, aucun homme du quartier, de la ville, après investigation n’hésite pas à désister de prendre les filles de la dame.

À chaque fois que Ibrahima Guèye rentre chez lui tard, il subit la colère de sa femme. Pourtant, elle sait bien que le travail de son mari le contraint le plus souvent à ne rentrer que tard la nuit. Mais rien n’y fait.

Elle est folle de jalousie et l’exprime toujours par des propos mal déplacés, des injures, une atmosphère qui ne favorise pas des étreintes nocturnes. Et imaginez un homme qui souffre toutes les nuits de privations de la part de sa conjointe. N’est-ce pas, en plus des paroles blessantes une forme de violence ?

Ibrahima finira par y trouver une autre âme sœur qui puisse le comprendre et savoir que s’il sort la nuit ce n’est point pour faire le Don Juan mais c’est plutôt pour des raisons professionnelles.

Bien d’hommes disent avoir pris sur eux de convoler en secondes noces par réaction à la violence qu’ils ne cessent de subir au quotidien, au malaise que leur confère le statut d’un chef de famille à la retraite et qui de plus en plus ne se sent plus bien à l’aise dans sa propre demeure.

« J’ai hâte de me retrouver chez ma seconde épouse. Là-bas je suis vraiment à l’aise. Je ne suis pas obligé de lui donner quoi que ce soit, elle gère. « Bakeen jamma la beugue » La paix, il n’y a rien de telle.

« C’est avec son tour que je m’épanouis. Chez la aawo, la première, c’est des disputes à n’en plus finir. Ce n’est pas que je ne l’aime pas. Elle est la mère de mes enfants. Mais encore une fois, c’est avec l’autre que je m’épanouis.

Et s’il me plaît de fréquenter le Grand-Place c’est pour fuir les commérages et la tension à la maison », nous confie un fonctionnaire à la retraite. Matar Diop, lui est un nouveau marié. C’est sa sœur qui nous raconte. « Mon frère est un homme très doux. Il a eu la malchance de tomber sur une femme belliqueuse.

Mes parents étaient contre le mariage mais, lui, s’était obstiné. Aujourd’hui, Matar n’est pas heureux avec une femme qui a toujours l’insulte à la bouche. Imaginez qu’un jour, excédée, il est allé jusqu’à se plaindre auprès de sa belle-mère ».

Omar Ndiaye est un pêcheur. Un soir, la discussion au « Grand-Place » était si animée qu’il n’avait pas senti le temps passer. C’est tard qu’il rentra chez lui pour voir sa femme fermer la porte et refuser de la lui ouvrir « Retourne chez la femme que tu étais allé voir » ! Voilà ce qu’elle lui a dit en plus d’autres paroles que nous garderons de relayer.

Et devant cette situation Omar eut cette merveilleuse idée de retourner sur ses pas pour aller cueillir un ami qui pourra témoigner qu’il est bel et bien au Grand-Place. Matar, Omar, Ibrahima ; Mamadou souffrent le martyr, une souffrance silencieuse. Des maris battus, victimes de la violence conjugale dans un silence bien masculin.

Lematin

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