DE QUOI MACKY SALL EST-IL LE NOM ? (Par Pierre SANE)

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Il n’y a rien de plus dangereux qu’un président sans foi ni loi devenu un paria de la communauté internationale. Il ne doit pas cependant échapper à la perspective de rendre des comptes

(Titre en référence – clin d’œil – au livre d’Alain Badiou « De quoi Sarkozy est-il le nom ? L’homme et son programme »)

Le président Macky Sall ne saurait nous surprendre que si nous attendions de lui des postures d’un président de la République. Donc, on ne peut pas le juger à l’aune d’ambitions “glorieuses”qu’il n’arbore pas. Il n’est ni Senghor, ni Diouf, ni Wade.

Au président Macky Sall, on ne peut donc pas demander ce qu’il ne peut pas donner, tels que :

  • imprimer son nom sur une page de l’histoire du Sénégal ?
  • sortir par la grande porte en surfant sur la reconnaissance des Sénégalais ?
  • s’inspirer de l’éthique constitutionnelle et la renforcer pour ses successeurs ?

Perte de temps. Ce n’est pas un langage qu’il comprend.

Même s’il nous grommelle à l’occasion des mots allant dans ce sens, ça ne fait tout simplement pas partie de son logiciel mental et moral. Ce n’est ni son registre ni son éthique politique.

Il n’est pas Senghor ni Diouf ni même Wade. Senghor était malgré tout pétri d’humanisme socialiste. Diouf en administrateur aguerri était imprégné de la culture de l’État. Wade, avocat international et consultant de grandes organisations, a toujours été un porte flambeau de la démocratie.

Macky Sall quant à lui est resté un chef de parti à l’horizon étriqué et qui n’a jamais su se glisser dans les habits de président de la République. Il sait qu’il n’est pas à la hauteur de ses prédécesseurs, à qui il est tout le temps comparé, et il en garde de la rancoeur tel le “cancre” de la classe envers les meilleurs. Je l’ai toujours considéré comme un usurpateur.

Il faut lui parler un langage qu’il comprend : pouvoir, positionnement, pièges, putsch, police, parjure, prisons, pognon.

Commençons par son titre de gloire programmatique dont il s’est frauduleusement attribué la paternité. Je veux parler du “Plan Sénégal émergent” (PSE) acquis sur les rayonnages de la Banque mondiale au même titre que Togo émergent, Côte d’Ivoire émergent ou Gabon émergent. Unique rédacteur du plan ? McKinsey, consultant de la Banque mondiale. Un plan de plus de la Banque dont aucun des plans n’a jamais réussi en Afrique, et pourtant on continue.

Il s’agit partout d’Infrastructures non productives confiées à des entreprises étrangères, d’endettement effréné, de filet social alibi et d’enrichissement personnel sans limites par le biais de rétro-commissions. Éducation, santé, bien-être social, industrialisation sont bien sûr les angles morts de tout agenda néolibéral en Afrique. Tel est le cas pour le PSE sénégalais.

Macky Sall n’a pas de vision (long terme), ni de convictions. Un plan s’emprunte où s’achète mais la vision est une production personnelle qui doit précéder le plan et l’imprégner. Et refléter un ensemble de valeurs qui bâtisse la cohérence dans l’action politique.

Macky lui est dans l’improvisation à tous les niveaux au jour le jour. Il fait des coups, gère les contre-feux et complote les coups d’après. Comme nos vaillants « gorgorlou » qui s’échinent à assurer la dépense quotidienne tout en flirtant avec l’illégalité.

Quant à la finance internationale : pour les investisseurs étrangers, y compris du Qatar, ou pour la Françafrique, il est le prototype du parfait président africain. Avec son jumeau plus âgé, l’Ivoirien Ouattara. Ils ont été félicités pour leurs efforts émérites à travers “Doing business” dont l’objectif est de rendre les pays plus attrayants pour le capital étranger. Ils sont adoubés par la Françafrique pour la stabilité politique (entendez par là immobilisme et le tout sauf Sonko et Gbagbo) et les contrats juteux bien entendu. Sans compter leur défense “fougeuse”du franc CFA.
Mais pour eux financiers venus d’ailleurs, nul n’est indispensable. Macky Sall ou Karim Wade qu’importe ! Et les problèmes liés à la démocratie et au bien-être des populations les intéressent peu tant que les affaires marchent.

Ensuite, ne parlez pas de valeurs à Macky Sall. Pour lui, c’est juste un élément de langage à utiliser en fonction des circonstances.

  • C’est pourquoi il n’a aucun scrupule à mentir et à revenir sur ses promesses. La vérité dépend des circonstances et de l’auditoire. Raison pour laquelle il est devenu la personnalité la plus suivie de la VAR.
  • Il n’a aucune hésitation à embastiller des opposants politiques pour s’assurer une victoire électorale. Il est maintenant connu pour ça dans toute l’Afrique et commence à faire des émules. Quelle honte pour le Sénégal !
  • Il n’a aucun problème de conscience à envoyer nos soldats à la mort dans un pays frère pour « rétablir l’ordre constitutionnel » (Niger)…sur injonction de la France.

C’est pourquoi un dialogue avec lui est toujours un marché de dupes. Quand vous pensez avoir conclu un deal, il a toujours un coup d’avance parce que le deal s’inscrit dans une entourloupe que vous ne maîtrisez pas. Il n’est pas intelligent et sincère. Il est malin et “méchant” (dit-on).

Le manque de principes rend impossible la cohérence dans sa démarche. C’est la cohérence qui construit la personnalité et la réputation. Mais prêcher la paix en Russie et demeurer aphone sur le dossier palestinien alors que le Sénégal préside depuis 1975 le Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. Ça n’est pas cohérent. Il décrète l’embargo contre nos voisins sahéliens pour cause de coup d’État et perpétue lui-même un coup d’État constitutionnel au Sénégal. Où est la cohérence ?

Il paraît qu’il nous gouverne selon son « code d’honneur » alors qu’on l’a élu pour nous gouverner selon la Constitution. « Code d’honneur » ? Ne faudrait-il pas qu’il le rende public d’abord ? Ne serait-ce que pour vérifier que son code et le nôtre sont compatibles ? Ne nous a-t-il pas dit que c’est son code d’honneur et non la Constitution qui lui a fait “renoncer à son troisième mandat “?

Un « code d’honneur » que n’a pas terni la déclaration mensongère sur l’honneur de son nouveau complice Karim Wade ? Ahaa l’honneur entre complices ! D’ailleurs, a-t-il renoncé dans la foulée à sa déclaration de patrimoine ? Enfin en tant qu’être humain, et c’est le plus révoltant pour moi personnellement, c’est son manque de compassion et d’empathie.

  • Près de 60 jeunes abattus lors des émeutes de 2021 et 2023. Pas un mot de condoléances aux familles sénégalaises endeuillées de la part du président de la République du Sénégal.
    Aucune parole de réconfort.
  • Des milliers de jeunes sénégalais morts dans leurs tentatives désespérées de fuir le pays. Pas une seule fois un deuil national déclaré ou une minute de silence observée lors d’une manifestation publique. Effacés de sa mémoire. Et pourtant ils ne méritaient pas de mourir. Ils exerçaient leur droit inaliénable à la mobilité. C’est la fermeture qui tue.

Que n’a-t-il pas pris la peine d’y réfléchir, de chercher, d’innover, de négocier et de trouver des solutions ? Ces vies perdues livrées aux fonds des océans, comptent-elles ? Ce sont les ONG qui nous informent. L’État, son état, ne sait pas, ne peut pas donner d’information aux familles ni délivrer des certificats de décès aux veuves en attente.

  • Macky Sall s’est-il vraiment occupé du sort de ses compatriotes durant son magistère ? La pauvreté a augmenté, la vie est chère, il n’y a pas de boulot, il sabote l’éducation. La santé est en crise, la souffrance s’incruste. Il n’en a cure.
  • Et tous ces jeunes innocents relâchés des prisons sordides du pays ayant occasionné tant de souffrances dans les familles sénégalaises. Pas une parole d’excuse alors qu’ils étaient innocents. Innocents!
    Privés de leur liberté fondamentale d’aller et de venir comme par caprice.

Mais reconnaissons qu’il y a eu des moments où il a eu des pulsions compassionnelles. Il y a eu bien sûr le deuil français de Charlie où il a défilé solennellement, mais je le mets au défi de citer le nom d’un seul des journalistes tués. C’était une simple opération de marketing politique en Françafrique. C’est ce manque de compassion que nul artifice ne saurait dissimuler. Ce manque d’empathie qui éloigne le peuple de lui.

Pour finir, va-t-il organiser les élections tel qu’instruit par le Conseil Constitutionnel ? Va-t-il partir le 2 avril comme exigé par la Constitution ? Va-t-il démissionner pour forcer une reprise totale du processus électoral par le président de l’Assemblée nationale et la participation de Karim Wade, un parjuré impuni ? Il nous a créé une crise non méritée et pour régler le problème, il met le pays en émoi.

Que prépare-t-il contre le peuple sénégalais ? Il n’y a rien de plus dangereux qu’un président sans foi ni loi devenu un paria de la communauté internationale. Il n’a plus rien à perdre si ce n’est son poste, ses privilèges et sa fortune. Quant à sa réputation et sa crédibilité, elles sont anéanties.
Vous avez dit ”Code d’honneur”?

Mais, et il y a un grand mais qui le terrorise littéralement, c’est la perspective de rendre des comptes. Et il ne doit pas y échapper. Le combat actuel pour les élections et la démocratie ne saurait être clos sans sa traduction devant la justice internationale, étrangère ou nationale. ”Plus jamais ça” se construit devant les cours et tribunaux. Quant à l’amnistie, elle ne peut pas imposer l’amnésie et tant que la mémoire est vivante, la justice sera en attente.

Après le procès de Hissène Habré, il siérait de clore ce magistère par un procès … de Macky Sall son persécuteur obligé.

Pour l’Afrique.

Oui, un tel rideau de fin trouverait de la place dans les livres d’histoire d’Afrique.
A luta continua !

2 Commentaires

  1. C’ est excellent et tres bien ecrit. Bravo M. Sane.

    Oui Macky Sall est un accident de l’ Histoire politique du Senegal.

    Ce n’ est donc pas un hasard qu’ il soit le plus nul President de toute l’ Histoire politique du Senegal.

    Il aura a rendre compte,comme vous l’ avez signale.

  2. En réponse à M. Pierre Sané : « Nous supportons d’être haïs en politique ».

    Les dits et les écrits sur le président de la République, SEM Monsieur Macky Sall, le présentant comme un « président sans foi ni loi devenu un paria de la communauté internationale » sont des avis disgracieux influencés par les horribles sentiments de colère et de haine des héritiers de l’irrédentisme.

    Le vœu de sa dégradation ne saurait non plus prospérer pour sa défense de l’État et du peuple contre des anarchistes. Le président Macky Sall est un homme d’État accompli dont la densité du bilan va de la réforme de la gouvernance à des politiques publiques équitables, en passant par la sécurisation du sanctuaire national contre les manifestations planifiées d’un irrédentisme atavique. Vous n’avez ni la faculté ni la hauteur ni la légitimité de le juger. Il ne saurait non plus être « ni Senghor, ni Diouf, ni Wade ». Son magistère rend certes hommage aux parcours exceptionnels de ses prédécesseurs mais assume des ruptures fondamentales. Jadis considérées comme un slogan imprudent, les effets positifs sur la signature financière de nos obligations et nos politiques publiques sont bien appréciés par le peuple sénégalais et reconnus par la communauté internationale.

    L’ancienne génération des ambitions glorieuses des années 1960 s’est fracassée sur le premier choc pétrolier en 1973. La conséquence principale est la consumation des vieilles utopies sur le bûcher des vanités. Rappelons un fait marquant des 52 ans de l’humanisme socialiste et ses effets sur notre politique contemporaine. C’est le président Léopold Sédar Senghor, conseillé par le juge Kéba Mbaye, qui établit la culture des révisions constitutionnelles inspirée par une logique de conservation du pouvoir. La loi n° 76 – 21 du 6 avril 1976 supprimant la limitation des mandats et organisant la vacance du pouvoir installa le président Abdou Diouf et lui permit de se retirer du pouvoir sans frais. Quid de l’amendement Niadiar Sène. Le président Abdoulaye Wade, responsable de l’instabilité des dispositions constitutionnelles relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels, avait initié une quinzaine de révisions constitutionnelles à cette fin.

    Le président Macky Sall, capitaine de l’équipe de la République, n’a jamais douté de son segment temporel dans ses dits et écrits. Sa stratégie politique en 2012, élaborée dans le contexte d’une crise née de la volonté d’un troisième mandat, de l’absence de consensus sur le code électoral, etc., a débouché, en 2024, sur la constitutionnalisation, pour l’éternité, des deux quinquennats successifs du président de la République du Sénégal.

    Si le magistère du président Abdou Diouf était caractérisé par des expressions d’une culture de l’État, l’intermède libéral a été profondément marqué par le refus du président Macky Sall de soumettre l’Assemblée nationale aux désirs irrationnels du président Abdoulaye Wade. Un acte politique inédit dans l’histoire de notre société politique confirmant son refus de compromettre les valeurs républicaines proclamées par la loi sénégalaise du 26 août 1960, en ses articles premier et suivants.

    Vos élucubrations auraient provoqué un doute méthodique si la gauche avait manifesté un soutien à celles-ci. Elle a récemment déploré votre « profond désespoir » et, pour remède, déconseillé le sens d’un univers sans Dieu. Il est inutile de ressusciter le débat sur la vision politique. Ses effets réels sont déjà bénéfiques. L’agenda politique, responsable des performances de l’action publique, est fondé sur la combinaison du libéralisme, de l’action sociale et de la solidarité, qui ne sont pas antinomiques.

    S’agissant de la finance internationale, vous n’ignorez pas que le Sénégal d’aujourd’hui assume entièrement l’élargissement de l’éventail de ses partenaires techniques et financiers. L’indice « Doing Business » est plus un outil de mesure de redressement d’attractivité que de perpétuation du mystère d’iniquité. Votre génération a été traumatisée par les expressions dramatiques de la « Françafrique » si bien qu’il vous est impossible d’accepter la réalité de sa disparition. Votre avis sur le franc CFA ne révèle que votre ignorance de la mécanique bancaire à l’échelon communautaire ainsi que la trentaine de comptes, en huit devises internationales, à travers le monde, qui concourent à notre stabilité économique. Vous posez la question des valeurs en ignorant que c’est son attachement à celles-ci qui vous permet, à deux mois de son départ du pouvoir, de l’injurier publiquement en espérant la publicité d’une convocation pour violation de l’article 80. Minable.

    Nous sommes un peuple héritier d’une tradition de coexistence pacifique, consolidé par le dialogue permanent au cœur des institutions constitutionnelles, des communautés et le métissage des populations. Les représentants des délinquants, malins et méchants, prompts à zigouiller des militaires et des civils ne seront pas élus.

    Dit-on. Dit-on. Que ne dit-on pas aujourd’hui, à haute et intelligible voix, au Sénégal ? Des dits susceptibles de troubler durablement notre commun vouloir de vie commune. S’agissant du conflit israélo-palestinien au Proche-Orient, la cohérence de notre position explique le respect de la tradition diplomatique sénégalaise privilégiant les attitudes de bon sens en matière de gestion des conflits. La position historique du Sénégal n’a pas varié depuis le Sommet arabe d’Alger en 1973, avec la reconnaissance de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Nous sommes les premiers pays à reconnaître l’État de Palestine et appelons, dans le cadre du système international, au respect des droits inaliénables du peuple palestinien, depuis 1975.

    La fermeture de notre frontière avec la Guinée Conakry, en 2014, a été une mesure de défense nationale et de protection des populations contre la menace, jadis sérieuse, du virus Ebola. Aussi, l’application des directives communautaires n’est pas discutable face à la normalisation des coups d’État comme moyen d’arbitrage politique. C’est cela la cohérence politique du Sénégal, État partie à des conventions internationales représentatives du monde libre.

    Chez le président Macky Sall, le code d’honneur est un ensemble de règles sui generis qui concourent à l’absence de besoins, à l’étouffement de toute ambition préjudiciable à la paix sociale. Vous parlez d’en vérifier la compatibilité avec le vôtre, qui ne saurait jamais être plus noble et plus digne, alors dites-nous tout du vôtre.

    La politisation du drame de l’émigration clandestine pour l’imputer aux insuffisances des politiques publiques est un exercice hypocrite d’hommage du vice à la vertu. La restriction du droit inaliénable à la mobilité est assumée par les pays d’accueil, en partenariat avec les pays de transit.

    Prélassés dans des salons feutrés avec des godasses bien cirées, vous êtes libres de critiquer les politiques publiques initiées par le président Macky Sall. Personne ne contestera les subventions contre l’inflation qui devront nécessairement être supprimées. Le prochain régime devra se préparer à sa première crise.

    Aussi, la marche de Charlie, c’était la dénonciation des biais cognitifs normalisant le réflexe du recours aux armes pour réduire l’autre au silence éternel et lui imposer sa justice. Tous les pays ont, par endroits, des difficultés à faire taire les armes.

    Vous n’avez aucune légitimité pour décréter l’anéantissement de la réputation et de la crédibilité d’un ancien chef de l’État. Au juste, Laurent Gbagbo n’a-t-il pas été condamné pour des crimes contre l’humanité et le braquage de la BCEAO lors de la crise ivoirienne post-électorale en 2011 ? Et pourtant, votre discours au Congrès constitutif du Nouveau Parti du président Laurent Gbagbo, le 16 octobre 2021 à Abidjan, nous renseigne amplement que vous êtes de ces comploteurs barbus qui parlent toujours de déporter le président de la République institutionnellement et constitutionnellement élu du Sénégal devant la justice internationale. Albert Camus nous dit que « la bêtise insiste toujours » alors insistez pour voir si vous êtes capable d’inquiéter et de troubler notre quiétude.

    En 2013, le Sénégal donnait « l’exemple au monde entier en s’acquittant de ses obligations internationales de solidarité avec les victimes » du président Habré. En 2024, le président Macky Sall devient, à vos yeux, le « persécuteur obligé » de ce dernier. Mettez de l’ordre dans votre raisonnement tortueux puis revenez avec des linéarités.

    Avec le président Macky Sall, l’histoire retiendra l’équilibre entre la tradition et la modernité. D’une part, une adaptation de l’État jacobin prônant la laïcité, le pluralisme et les libertés. De l’autre, une pratique du pouvoir respectueuse de nos valeurs.

    Dans quelques mois, il sera trop tard pour les regrets.

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