En attendant Sandy: « New York, ville fantôme. »

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En attendant l'ouragan Sandy : photo prise entre la 72 ème rue et York Avenue sur l'île de Manhattan, lundi 29 octobre.

 

Avant l’arrivée de l’ouragan Sandy aux Etats-Unis, la côte Est retient son souffle. Les grandes villes comme New York ont pris des mesures exceptionnelles pourcontrer les risques potentiels d’un phénomène pris « très au sérieux » par les autorités.

voir : Les Etats-Unis sur le pied de guerre avant l’arrivée de l’ouragan Sandy

Barack Obama, en milieu de la journée de lundi, a mis en garde la populationcontre une tempête « grosse et puissante » qui « pourrait avoir des conséquences désastreuses ». Sandy devrait toucher les terres dans le début de soirée du lundi 29 octobre, probablement sur la côte du Delaware ou du New Jersey, au sud de New York. Les médias américains sont en état d’alerte pour suivre en direct l’avancée de l’ouragan surnommé « Frankenstorm ».

Lire la revue de presse : La couverture en direct de l’avancée de Sandy par les médias américains

Du côté des habitants de la côte Est, l’heure est surtout à la préparation. Les Etats-Unis se sont réveillés, lundi 29 octobre, avec les images de villes paralysées, comme en témoigne par exemple le compte FlickR du Metropolitan transportation authority, la régie des transports publics de la ville de New York.

 

A New York, la gare de Grand Central après sa fermeture totale liée à l'arrivée de l'ouragan Sandy.

 

Sur le Web, les dispositifs s’affinent pour vivre en ligne le passage de l’ouragan. Les premiers témoignages des lecteurs du Monde.fr (après le lancement de notre appel, toujours en cours) permettent également de saisir l’ambiance.

  • Deny à New York : « Je travaille pour une banque française. Nos bureaux sont ouverts mais on conseille à chacun de rester chez soi en télétravail, sauf si la présence est indispensable. Les rues ressemblent à celles d’un dimanche vers 7 heures du matin. Le temps ce matin (à 9 h 30, heure locale) n’a rien d’exceptionnel : un peu de pluie et de vent. Mais tout le monde anticipe une forte détérioration dans l’après-midi. Hier, il n’y avait plus de bouteilles d’eau, et beaucoup de queues dans les supermarchés. »
  • Susan à Baltimore : « Pour l’instant, on dirait une pluie normale pour Baltimore, c’est-à-dire constante et lourde. Ce qui m’a étonné hier en faisant mes courses, c’est combien la conscience de l’ouragan se révélait dans nos achats. Tandis que certains achetaient des produits en conserve, des bouteilles d’eau et des générateurs électriques, d’autres s’achetaient des choses plutôt banales telles que des décorations de Noël. Je me demandais si c’est comme cela que nous nous réconfortons devant l’inimaginable. »

Les images ci-dessous sont des scènes vues dans les magasins :

 

Dimanche 28 octobre à New York, avant l'arrivée de l'ouragan Sandy.

 

 

Une animalerie fermée rassure les clients avant l'arrivée de l'ouragan Sandy.

 

 

A New York, des magasins installent des panneaux de bois dans la nuit du dimanche au lundi, pour protéger les vitrines de l'ouragan Sandy.

 

 

En attendant l'ouragan Sandy :  photo prise à Manhattan dans un supermarché du quartier de Murray Hill (Midtown East), dimanche 28 octobre.

 

  • Maud à New York : « Réveil tardif pour moi ce matin à Manhattan. Je sais depuis hier que mon bureau sera fermé toute la journée. Consigne officielle : restez chez vous, soyez en sécurité. Je suis tirée d’un demi-sommeil par un appel de la Croix-Rouge, où je suis volontaire. Une messagerie électronique m’avertit que Sandy est à notre porte et me demande d’indiquer mes disponibilités au cas où on aurait besoin de mon aide. Je fais un rapide tour sur Facebook. Quelques mots de soutien des amis proches et de la famille. Quelques statuts sur la venue de l’ouragan. Dans les deux cas, il y en a moins que pour Irene. Je regarde par la fenêtre : peu de vent, quelques taxis et de rares piétons. Quelques commerces sont restés ouverts. Je regarde le ciel. Rien ne semble annoncer la venue d’un ouragan. Je me tourne vers la météo. Le gros de la tempête n’est plus attendu entre 13 heures et 15 heures, comme c’était le cas hier, mais entre 16 heures et 18 heures. Bon signe ? On échappera peut-être à Sandy comme on a échappé à Irene. Espérons. Comme beaucoup de New-Yorkais, cette année je ne me suis pas vraiment préparée.
  • Jérôme à New York : « Tous les transports (bus, métro et trains de banlieue) sont à l’arrêt. Beaucoup de cafés, petites épiceries, restaurants resteront cependant ouverts jusqu’au début des hostilités, comme à Brooklyn où je me trouve actuellement. Pour m’être promené dans les quelques blocs aux alentours, c’est une impression de ville fantôme qui s’est offerte à moi ce matin, alors que samedi soir encore se promenait de nombreuses personnes déguisées pour fêter Halloween. »

Image envoyée par Guillaume Paturel pour Le Monde.fr : « Dimanche matin à Red Hook dans un quartier de Brooklyn, cette zone étant signalée en rouge sur la carte donc menacée par l’ouragan. Tous les hangars situés pres de l’Hudson River sont protégés de la même façon. »

 

Dimanche 28 octobre, dans le quartier de Red Hook à Brooklyn.


 

Image envoyée par Joan Bruna pour Le Monde.fr : « Avenue déserte et ciel menaçant à Chelsea (New York) ce matin » :

 

Photo prise à New York lundi matin, avant l'arrivée de l'ouragan Sandy.


 

Image envoyée par Xavier Emery pour Le Monde.fr : « La cinquième avenue est déserte lundi à 9 heures du matin, tous les magasins sont fermés, de même que la plupart des sociétés. New York is shut down ! »

 

La 5e avenue de New York lundi 29 octobre à 9 heure du matin, déserte en attendant l'ouragan Sandy.


 

  • Quentin, 21 ans, de Worcester (Massachusetts) : « Travaillant à l’universitéHoly Cross, les conditions météo ne sont pas dramatiques pour l’instant. L’activité sur le campus est fébrile, les informations sur l’avancée de Sandy nous sont régulièrement fournies par le centre d’urgence. En tant que« travailleur invité » étranger, ce centre va prendre mon évacuation, et celle de mes collègues, en charge. Nous allons être rapatriés dans les dortoirs des étudiants jusqu’à ce que le gros de la crise passe. On attend des coupures d’électricité, d’Internet et de téléphone dans les heures ou jours à venir : certains en rient, beaucoup s’en inquiètent. Holy Cross ne donnera aucun cours pendant ces deux jours, ce qui est la première fois dans sa longue histoire. »
  • Caecilia, 23 ans, de Washington : « Pas de cours aujourd’hui à Washington DC, c’est le côté sympa de Sandy. Il y a quatre jours déjà l’université George Washington nous envoyait un mail pour nous donner les dernières prévisions et nous préciser « que faire en cas d’ouragan ». Hier les gens faisaient leur dernière provision avec en haut de la liste, l’eau. Un ami américain nous a encouragés à faire de même. Le temps se dégrade à vu d’œil… On attend. »
  • Hélène, 37 ans, de New York : « Aujourd’hui, les écoles, les universités et les bureaux sont fermés. Nous sommes donc tous à la maison, avec nos provisions, et nos bonbons d’Halloween. Le vent commence à se lever, et la pluie à tomber. Du haut de 40e étage de notre tour, nous attendons sagement Sandy. Les mesures prises par la ville sont beaucoup plus sévères que l’année dernière. Downtown, les rues sont presque vides. »

Images envoyées par Patrick Perret à New York : « Du jamais vu ! D’ordinaire,Times Square est bondé à cette heure-ci : dimanche soir, c’était désert comme jamais. Touristes et Américains étaient calfeutrés chez eux. »

 

Times Square dans la soirée du dimanche 28 octobre, avant l'arrivée de l'ouragan Sandy.


 

  • Bruno, de Boston : « Ici Boston (Cambridge pour être exact), 8 h 50, lundi. Tout est fermé : écoles, établissements publics, collèges, musées. La propriétaire nous a envoyé un mail nous recommandant de faire des provisions : bougies, pâtes, eau, piles, et charger les téléphones. Dégager la terrasse de tout ce qui peut s’envoler. Dimanche, des femmes et des types à la télé, cirés de marin sur le dos, sur la plage où s’écrasent des vaguelettes, nous disent de s’attendre au pire ! Après un psychodrame prévisionnel continu depuis trois jours, nous nous sommes levés ce lundi avec une petite excitation mêlée d’inquiétude. Il y a effectivement un petit peu de vent, comme un léger vent d’autan ou un demi-mistral, au choix. Les arbres bougeottent, les feuilles (joliment colorées) accélèrent leur détachement vers le sol. Tout est étrangement calme. Pour le moment, nous ne sommes pas à l’épicentre. Une New-Yorkaise dit son ras-le-bol de ne pas pouvoir aller bosser. Un autre déménage à la campagne. Apparemment, les grands moyens de prévention ont été sortis, et tout le monde s’accommode sur l’air : mieux vaut trop que pas assez. »

Images prises par Stéphanie Leroux à Baltimore, samedi : « Quelques photos prises dans le quartier du port (Fell’s Point). Il faisait encore beau, mais les gens venaient chercher des sacs de sable pour se protéger des inondations à venir » :

 

A Baltimore, avant l'arrivée de l'ouragan Sandy, samedi 27 octobre.


 

 

A Baltimore, avant l'arrivée de l'ouragan Sandy, samedi 27 octobre.


 

  • Gwenaëlle, 28 ans, de Tivoli (Dutchess County), dans l’Etat de New York.« Sandy est supposé nous frapper cet après-midi ou dans la soirée. Le vent s’est levé ce matin déjà et s’est intensifié dans la matinée. Une très légère pluie pour l’instant. Les supermarchés et les magasins d’outillage ont été pris d’assaut hier et avant-hier. Difficile de trouver des piles depuis hier et il ne reste aucun générateur. Ce matin, mon mari et moi avons téléphoné à au moins six magasins dans les alentours pour leur demander s’il leur restait un générateur. Leur réaction a été de rigoler au téléphone avant de raccrocher. Ce matin, les commerces sont encore ouverts dans les villages alentours. Bien sûr, les gens ne parlent que de la tempête qui approche. Chacun devient météorologue et y va de son analyse sur l’intensité ou la trajectoire de Sandy. Dans l’ensemble, les gens sont préparés et calmes, bien plus habitués qu’en France à ce genre de phénomène. Nous avons 60 litres d’eau potable, la baignoire remplie afin de pouvoir l’utiliser pour tirer la chasse des toilettes, de la nourriture, des conserves, des bougies, du bois pour le poêle. Hier nous avons mis ce qui est dans la cave dans des boîtes en plastique bien étanches car nous sommes certains qu’elle sera inondée. Et voilà, nous sommes prêts. Il n’y a pas grand-chose à faire. Nous ne pouvons pas arrêter le temps. »

Michaël Szadkowski (témoignages recueillis) LEMONDE.FR

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