« La délinquance fiscale de certains patrons de presse, une resultante d’injustices originelles » (Par El Hadji Yaya Lam)

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L’attitude des patrons de presse quant à leur « dette fiscale » ne doit surprendre personne.

En effet, beaucoup d’injustices institutionnalisées et rendues « de droit » par les régimes politiques socialistes et libéraux, au vu et au su de tous les Sénégalais, ont crée des modes de comportements et de pensée inappropriés et inacceptables.

La frange extrêmement majoritaire de la population sénégalaise les ayant vécues et subies n’a jamais eu la plus petite possibilité de s’en émouvoir, à fortiori d’en faire une dénonciation audible.

  • Au nom de quoi, de quel droit et esprit de justice, les fonctionnaires de l’Etat les moins dépourvus financièrement, doivent-ils bénéficier de passe-droits, faisant que les agents des régies financières doivent bénéficier à titre préférentiel, de parcelles foncières du domaine public, pour construire leur maison ?
  • Au nom de quoi, de quel droit et esprit de justice, les magistrats très bien rémunérés, doivent-ils bénéficier de parcelles foncières du domaine public, à titre préférentiel, pour construire leur maison ?
  • Au nom de quoi, de quel droit et esprit de justice, les fonctionnaires du commandement territorial, au demeurant logés gratuitement et donc parfaitement à l’aise pour pouvoir épargner et acheter leur propre maison, puisqu’ils sont très bien rémunérés, doivent-ils bénéficier de parcelles foncières pour construire leur maison?
  • Au nom de quoi, de quel droit et esprit de justice, les agents de l’Etat à tous les niveaux, réclament-ils des indemnités de logement ?
  • ?Au nom de quoi, de quel droit et esprit de justice, les franges supérieures au Sénégal, sur les plans politiques, administratifs, religieux, artistiques… au demeurant très bien loties financièrement, devraient-elles être urbi et orbi les bénéficiaires « normaux et de droit » de tous les avantages que confère la république, comme si nous étions dans un royaume avec des serfs assis par ailleurs sur leurs haillons, heureux qu’ils seraient de pouvoir capter les menus fretins que leur jette « la nomenklatura »; une nomenklatura qui n’est composée que de CCVB (copains-coquins-voyous-bandits).

Nous pourrions continuer sur les injustices et la journée ou la nuit ne suffiraient pas pour en finir.

  • ?Peut-on dire et justifier au nom de quoi, de quel droit divin et esprit de justice, les salariés du privé souvent moins bien payés que les agents de l’Etat et connaissant la précarité de l’emploi qui n’existe pas dans la fonction publique, mais aussi les acteurs de l’informel (vendeurs de cacahuètes, ouvriers employés et payés au lance-pierres, vieux débrouillards ayant plus de 60 ans sans aucune pension de retraite, mères seules, femmes et hommes commerçants de l’Aube à une heure avancée de la nuit…) jeunes-vieux de 30 à 50 ans vivant encore chez et grâce à leurs géniteurs, doivent-ils se saigner pour ne jamais obtenir tout ce dont certains bénéficient allègrement, en plus d’avoir un emploi et un revenu permanent ?

Là se trouve une des explications possibles du comportement des patrons de la presse ne voulant point payer leurs impôts et réclamant tout naturellement, leur part du festin, puisqu’ils sont les acteurs principaux et gardiens non pas de la « liberté d’expression », mais de la « possibilité d’expression ».

Il est plus que temps de faire un ndeup national, serein et véridique, par un débat sectoriel juste et inclusif; il y va du changement systémique que presque tous appellent de leurs vœux qui espérons-le, ne resterait pas pieux.

El Hadji Yaya LAM »

2 Commentaires

  1. Très belle réflexion.
    L’état, l’administration et le fonctionnement de la République tels qu’ils fonctionnent sur sénégal sont les principaux freins à toute initiative de bonne gouvernance, de gestion efficace de nos ressources. Indemnité de logements, des terrains voire des cités construits exclusivement pour ceux qui profitent déjà de nos maigres ressources financières c’est une injustice systémique. Dans tous les pays civilisés et qui se respectent le fonctionnaire n’est ni loger encore moins véhiculé. La voiture de fonction n’est utilisée seulement que lors des horaires de travail et on la laisse à son lieu de travail. Ce sont ces questions qui méritent le véritable changement systémique. Au Sénégal le fonctionnaire est tout simplement un prince.

  2. En quoi cela doit il justifier que des patrons de presse ne payent pas leurs impots donc si je comprends bien les autres entreprises ne doivent pas payer les impots. ce raisonnement est juste ridicule. Ce qui est curieux c’est que l’on ne parle pas de patrons qui malgre tout ce qui est enumere payent leut impots

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