Par où le Pds risque d’imploser ! Par Madior Fall

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Qui, dans l’entourage du chef de l’Etat et du Parti démocratique sénégalais (Pds), travaille (travaillent) à exacerber la crise de confiance qui semble caractériser depuis son accession au pouvoir, les rapports entre Wade et ses compagnons d’avant alternance dans le parti? À quel dessein ? Qu’en est-il du projet : « Génération du Concret » ? Le « projet Karim » est-il pour autant abandonné ? Cette crise de confiance ne risque-t-elle pas cependant d’imploser le Pds, de conduire à tout le moins à la chute du régime libéral plus vite qu’espéré dans ce camp?

u sein de la majorité, on se pose toutes ces questions d’autant plus que depuis 2000, il ne se passe pas un jour en effet, sans qu’il n’y est clash avec l’un ou plusieurs des responsables ou un risque sérieux de rupture. Dernier en date: le Comité directeur libéral du vendredi 1er avril dernier, qui a vu certains responsables et pas des moindres « attaqués » frontalement par le Secrétaire général national.

Idrissa Seck, le maire libéral de Thiès a un pied dehors, même si lui et sa « bande de rebelles » n’entendent nullement abandonner leurs parts du capital « Parti démocratique sénégalais » (Pds), des parts qu’ils jugent majoritaires. Ses frères et sœurs, membres du Comité directeur libéral lui ont demandé de se ranger derrière la candidature du « Vieux » ou de vider les lieux. Macky Sall, son éphémère successeur au poste de n° 2 du Parti et du pays mène sa barque « Alliance pour la République » (Apr) depuis qu’il a été « violemment » défénestré du perchoir de l’Assemblée nationale à l’aide d’une Constitution « retaillée » sur mesure pour l’événement et une majorité « mécanique » à la place Soweto. Il veut défendre crânement ses chances à la présidentielle de 2012, faire mordre la poussière électorale à « son père » de président qui l’a renié et ravaler les « prophéties » d’un enterrement politique de ses contempteurs de « frères » libéraux.

La « ministre d’Etat », Aminata Tall, responsable des Femmes du Pds et du département « libéral » de Diourbel vient de larguer les amarres d’un long compagnonnage avec Wade qu’elle a taxé de« trompeur ». Elle rallie le camp de l’opposition au pape du Sopi. La liste n’est pas exhaustive. Comme s’il entend s’affranchir méthodiquement et de manière planifiée de ses compagnons d’avant alternance, le Secrétaire général national du Pds les pousse à la sortie les uns après les autres. Ils sont « démissionnés » ou obligés de démissionner s’ils ne sont pas tout bonnement « renvoyés » du parti et/ou des sphères étatiques, notamment du gouvernement souvent comme des malpropres. Ses nouveaux alliés, en majorité post-alternance sont préférés et de loin à ceux d’avant alternance.

Des compagnons d’infortune qui se trouvent aujourd’hui dans l’opposition pour la plupart. Tout comme ses partisans d’avant alternance sont évincés au profit des nouveaux arrivants qui l’ont combattu, fait-on remarqué au Pds certes de moins en moins sous le sceau de l’anonymat. La preuve, y souligne-t-on, Me « Wade n’a remercié ni son directoire de campagne, ni son parti encore moins ses alliés à la présidentielle de 2007 qu’il avait remporté dès le premier tour. Il s’est contenté de s’en prendre à son opposition et à ses rivaux à la présidentielle traités de tous les noms d’oiseaux et accusés de tous les péchés d’Israël en l’occasion ». Il était acquis à l’idée que seul son bilan personnel l’avait fait réélire. Une idée que les porteurs du projet de « succession dynastique » s’étaient échinés à lui faire admettre.

Sont-ils aujourd’hui les mêmes qui travaillent à attiser la crise de confiance entre le « Vieux » et ses compagnons « authentiques » ? A quel dessein ? Qu’en est-il du projet : « Génération du Concret » ? Le « projet Karim » est-il pour autant abandonné ? Toujours est-il que si un compromis n’est pas trouvé entre lui et ses cadres, le Pds risque d’imploser et avec la chute du régime libéral plus vite que prévue en prime, avance-t-on au Pds.

Babacar Gaye et Cheikh Diop dans le collimateur de Wade, Awa Diop se révolte

Le Comité directeur du Pds du vendredi 1er avril dernier a été l’occasion pour le chef de l’Etat « instruit certainement par ses visiteurs du soir » d’attaquer bille en tête le président du Conseil régional de Kaffrine et le Secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (Cnts/Fc), Cheikh Diop, une des rares centrales syndicales affiliée au parti. Une centrale syndicale qui fait manifestement l’objet d’un projet de démantèlement orchestré par certains milieux du Pds dont les plus en vue sont proches de Karim Wade ou se réclament de sa proximité et aussi chez les transhumants venus du Parti socialiste (Ps).

S’il est reproché à Babacar Gaye sa sortie responsable sur la place publique sur le départ annoncé de Aminata Tall au point de l’amener à mettre sa démission sur la table, Me Wade semble accuser Cheikh Diop lui, d’un délit de faciès.

Le responsable syndical, qui, avec Ibra Diouf Niokhobaye, a été l’un des rares responsables syndicaux du pays en 2000 à oser appeler à la bourse du travail d’alors fief de la Centrale nationale des travailleurs sénégalais (Cnts) de feu le puissant Madia Diop, à voter publiquement Wade, ne semble plus être en effet dans les bonnes grâces du président.

On paraît lui préférer curieusement son rival syndical, Mody Guiro de la Cnts qui bénéficie pourtant du soutien « militant » de Bennoo Siggil Senegaal.

Qu’à cela ne tienne, car si l’on s’en tient à la déclaration de Souleymane Ndéné Ndiaye au Comité directeur qui en a offusqué plus d’un, qui veut que « Cheikh Diop n’eût pas le monopole de la proximité d’avec Wade. Aussi bien Mody Guiro (la Cnts Ndrl) que Mademba Sock de l’Unsas pouvaient se prévaloir de la même proximité. Ils étaient par conséquent égaux devant Wade ». Alors exit la lutte du dirigeant syndicaliste et homme politique, ex-adjoint de Abdou Fall à la Cds, seule formation politique qui a fusionné avec le Pds en 1997 et qui a été à l’origine de la Coalition nationale pour l’alternance (Cnal) qui entraînera la naissance plus tard après les élections législatives de 1998 de la Coalition alternance 2000 (Ca 2000) et le Front pour l’alternance (Fal) entre les deux tours. Il n’entre plus dans les schémas du palais ou du fils ?

Le directeur de campagne et non moins Premier ministre de Wade trouvait lui écho en son nouveau « frère » estampillé GC, le ministre du Préscolaire, de l’Enseignement élémentaire, du moyen secondaire et des langues nationales, Kalidou Diallo qui a osé déclarer en ce même Comité directeur qu’il avait appelé les enseignants de la GC qu’il contrôle à voter pour Mody Guiro dans les élections de représentation syndicale. Ahurissant ! Celui « qui est incapable d’empêcher les grèves 6 mois sur 9 chez les enseignants avait suffisamment d’influence sur eux pour les amener à voter Guiro? »

Pour certains membres du Comité directeur qui n’en reviennent pas encore, « le président de la République aurait dû lui demander de démissionner séance tenante ». En fait, se désolent-ils, « cela traduit simplement l’état de déliquescence des rapports au sein du parti ainsi que l’ampleur des luttes de positionnement qui font courir de grands risques au Pds».

Par ailleurs, la « guerrière » de Rufisque, Awa Diop, présidente des Femmes libérales qui a rué sur les brancards lors de ce Comité directeur contre la désignation de Awa Guèye Kébé comme coordonnatrice du congrès du mouvement des femmes libérales a également fustigé la propension du Secrétaire général national du Pds à ne promouvoir que les « transhumants » au détriment des militants et militantes authentiques. Une position que partage sa « sœur » non moins combative, de Colobane, la député Seynabou Wade. La « tombeuse », en 1998 de Mamadou Diop à Dakar, ne décolère pas contre le choix de Awa Guèye Kébé et le manifeste. Elle déclare à qui veut l’entendre qu’elle ne travaillait pas pour une dynastie. On apprenait hier que des responsables de haut rang du Pds s’étaient réunis pendant le week-end dans ce cadre.

Exit le projet GC, vive le Projet Karim !

La récente sortie de Idrissa Seck demandant à sa « sœur » Aminata Tall à ne pas quitter le Pds et invitant son « frère » Macky Sall à revenir au bercail, tout en assurant sa décision de ne pas quitter lui le parti a été interprétée par plusieurs responsables libéraux comme un rappel des troupes contre le projet de substitution à la GC. Si en effet, le projet politique de la « Génération du concret » semble remisé, celui de « Karim » paraît lui, rester intact. Ce que le leader du Pds n’a pas pu obtenir du parti et de ses militants qui se sont rebiffés, il va tenter de l’obtenir par le biais d’une instrumentalisation de l’appareil d’Etat, craignent des responsables libéraux qui même s’ils veulent encore de l’anonymat pour l’heure, n’en laissent pas sourdre leur détermination à s’opposer à un tel projet.

Quitte à imploser le parti et partant à occasionner la chute du régime. Ils revendiquent même des fonctions stratégiques dans l’appareil dans le cadre d’un compromis dynamique seul susceptible de sauver les meubles et de pérenniser le pouvoir libéral. L’opposition ne l’entend assurément pas de cette oreille. Mais, ils n’en peuvent plus de subir la particularité libérale qui veut que l’on gouverne avec « ceux qui étaient de l’autre bord et/ou avaient quitté les rangs dans les moments difficiles ». Pour eux, également « que cela soit par le biais de la Gc qu’avec l’appareil d’Etat, le projet Karim n’a aucune chance de prospérer ». sudonline.sn

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