Religion, progrès et modernité. Par Bara Diouf

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Le Sénégal pose-t-il problème face à l’exigence de progrès scientifiques et techniques qui l’interpelle ? La persistance des conflits ouverts, jusqu’à la violence, au niveau de certains marabouts qui se prétendent guides, avec l’élite intellectuelle et instruite qui a une forte conscience de sa mission de sortir le pays du sous-développement matériel et technique, mais surtout mental dans lequel il végète, est à la limite effrayante.

A la cadence à laquelle surgissent des conflits fondés sur une certaine perception de la religion avec, comme forte argumentation, le maniement des « hadith » du Prophète ; devant l’audace de certains prétendus guides plus apprentis sorciers qu’hommes de Dieu, il semble que le temps soit venu de poser les vrais problèmes de notre sous-développement et de ses fondements culturels, cultuels, philosophiques et autres référents. Il semble, en effet, que l’élite intellectuelle et politique, les cadres universitaires et syndicaux de si bons niveaux, dont s’enorgueillit la nation sénégalaise, risquent fort d’échouer dans leur mission historique de développer ce Sénégal, tant que des obstacles aussi négateurs et aussi obscurantistes se dresseront sur sa route.

Nous n’avons pas fini de clore le faux débat sur le Monument de la Renaissance que de faux dévots ont vite fait d’assimiler à on ne sait quelle religion ou à quel nouveau dieu dont Maître Wade et ses amis seraient les apôtres, qu’un autre interdit, qui tirerait sa légitimité de la religion musulmane – encore elle – s’attaque directement à la science, dans une de ses branches les plus sensibles et les plus utiles, la médecine.

Il semblerait, selon certains marabouts bien enturbannés, le chapelet à la main et le foyer conjugal bourré de femmes polygames, souvent de jeunes filles mineures offertes comme épouses aux plus offrants, que la religion du Prophète recommande cette pratique moyenâgeuse et son corollaire, l’excision. Pour ma part, devant l’horreur, la cruauté de cette pratique barbare et inhumaine, je frémis face à la conséquence qui en découle et qui va de la mort subite, par perte abondante de sang, à l’impossibilité de faire désormais des enfants. Nous dénonçons le crime. Il ne s’agit, en effet, ni plus ni moins que de mentalités attardées, pour ne pas dire malades, installées confortablement à plusieurs siècles des débuts de l’humanité, avec des idées surannées et obscurantistes.

Nous frémissons encore à penser à ces Sénégalais qui, dans leur ignorance, ont osé prétendre que le Monument de la Renaissance était une pratique idolâtre, une réincarnation d’un Islam abhorrée par Mahomet et l’Islam. Quels seraient, alors, les repères et les symboles, indicateurs de la mission sur terre des Africains de ce début de siècle que nous sommes, confrontés aux plaies béantes de maladies du sous-développement, mais habités par une volonté sublime de renaissance par les techniques et les sciences et de réussite de leur mission ? Face à l’avenir, ces Africains pointent du regard ce monde de justice qu’ils ont décidé de conquérir et de bâtir, pour le bonheur de tous les autres hommes.

L’excision des femmes, de nos filles et de nos sœurs à peine pubères, pour on ne sait quelle protection contre l’adultère et la sexualité débordante, est plus l’expression de la non retenue de l’homme, toujours adossé sur ses désirs insatiables de sexe et la jalousie morbide qui l’alimente et l’entretient.

C’est là, disons-nous, un coup de poignard mortel à la Médecine et à la Science en général, mais surtout à la médecine féminine, la médecine de nos filles et nos épouses en particulier.

Il est heureux, dans cette agression faite à la science et à la médecine avec l’incision de nos sœurs que l’Unicef, comme un seul homme, se soit dressée et que, dans les coins les plus éloignés du Sénégal, qu’elle trouve des filles sénégalaises encore à l’école ou organisées en association civile, pour la soutenir et, plus, pour l’aider dans sa mission de civilisation.

Par Bara DIOUF

1 COMMENTAIRE

  1. Monsieur Diouf,
    Le fait d’appeler le Prohète par « Mahomet » comme le font vos maitres à penser toubabs vous disqualifie de donner un jugement en vous fondant sur l’Islam.
    J’ose rever que la nouvelle génération de journalistes sénégalais ne suivra pas ton exemple de « journaliste alimentaire » mangeant à tous les rateliers. shame on you! ou tout simplement chiiim!

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