Guinée Bissau : Remise en liberté de l’ex-chef de l’armée

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L’ancien chef de l’armée bissau-guinéenne renversé le 1er avril, José Zamora Induta, a été libéré mercredi soir en même temps que six autres officiers, deux jours après que la Commission européenne eut exigé la fin des détentions illégales et brandi la menace de sanctions.

« Je suis sorti hier (mercredi) soir, sur ordre de l’état-major qui a mis en pratique une requête du président de la République (Malam Bacai Sanha) et du gouvernement (de Carlos Gomes Junior) », a déclaré jeudi l’amiral Induta, joint au téléphone par l’Afp.

« Je suis rentré chez moi à Bissau. Je me porte bien », s’est-il contenté d’ajouter, après plus de huit mois de détention dans une caserne, à Mansoa (60 km au nord de Bissau). La Commission européenne avait lancé lundi une procédure pouvant déboucher sur des sanctions à l’encontre de la Guinée-Bissau. Bruxelles avait exigé « la fin des détentions illégales et de l’impunité » dans ce pays et menacé de suspendre la coopération au développement, à l’exception des aides humanitaires. Des financements européens de 120 millions d’euros étaient envisagés jusqu’en 2013. Cette menace avait été prise très au sérieux à Bissau, le déficit budgétaire du pays étant de 82 millions d’euros. Une source proche de l’état-major a néanmoins affirmé à l’Afp que ces libérations n’avaient « pas été décidées sous la pression » de la communauté internationale mais « à titre purement humanitaire ». « Il (Induta) est placé en résidence surveillée. Il n’est pas libre de ses mouvements », a ajouté cette source militaire.

Le général Antonio Indjai, adjoint au chef d’état-major général José Zamora Induta, avait fait arrêter son supérieur, le 1er avril. Le même jour, le chef du gouvernement, Carlos Gomes Junior, avait été séquestré pendant plusieurs heures et menacé de mort par des militaires proches du général Indjai.

Trois mois plus tard, Indjai s’était fait nommer, officiellement, à la tête de l’armée, au grand regret de la communauté internationale. Ce dernier « putsch » au sein de l’armée intervenait un peu plus d’un an après le double assassinat, en mars 2009, du chef d’état-major général Batista Tagmé Na Wai et du président de la République Joao Bernardo Vieira.

afp

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