Le Ps dénonce le « soul bouki, souli bouki » libéral

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Selon le Parti socialiste (Ps), la dette publique du Sénégal « est projetée à plus de 254 milliards pour un encours de plus 1660 milliards (…) un quasi doublement en moins de cinq ans ». Et le « régime d’Abdoulaye Wade fait, une fois de plus, usage de l’artifice du « soul bouki, souli bouki » (emprunter pour payer un emprunt précédent Ndlr) pour financer des dettes arrivées à échéance par le recours à des emprunts non concessionnels à court et moyen termes… », assure-t-il.
Le Parti socialiste (Ps) est formel. Le Sénégal a renoué avec ses démons en reconstituant quasiment la dette publique et à annihiler par conséquent les bénéfices de l’annulation de la dette pour notre pays. Dans un communiqué sanctionnant les travaux de leur Bureau politique d’hier, mercredi 13 avril et reçu à la rédaction, les camarades de Ousmane Tanor Dieng indiquent en effet que la dette publique du Sénégal a repris des proportions inquiétantes. « Un quasi doublement en cinq ans », assurent-ils. Et n’en veulent pour preuve que le communiqué du 7 avril dernier, la mission du Fonds monétaire international (Fmi) qui a séjourné dans notre pays du 24 mars au 6 avril. Une mission qui a, selon eux, recommandé à l’Etat du Sénégal « d’adopter une politique d’endettement prudente, en particulier s’agissant de l’accès aux emprunts extérieurs non concessionnels pour financer les investissements dans l’infrastructure » afin de « préserver les gains de stabilité macroéconomique et limiter les risques de surendettement ».

Pour qui sait lire, disent-ils, ces propos du Fmi « sonnent comme une mise en garde, en termes diplomatiques, contre l’intention du gouvernement de contracter un emprunt non concessionnel de 250 milliards de Francs Cfa pour, en partie, rembourser une précédente dette de 100 Milliards de Francs Cfa ». Pour les camarades du maire de Diourbel, Jacques Baudin le financement des investissements n’est qu’un prétexte pour engager encore le Sénégal « dans une spirale ruineuse d’un endettement qui sert à rembourser d’autres emprunts. Le régime d’Abdoulaye Wade fait, une fois de plus, usage de l’artifice du « soul bouki, souli bouki » pour financer des dettes arrivées à échéance par le recours à des emprunts non concessionnels à court et moyen termes, sans parler des endettements occultes ».

Une pratique qui freine l’équilibre global des finances publiques de notre pays entretient le cercle vicieux de l’endettement public et gonfle sans cesse le passif de l’Etat.

Aux dires du Ps, la dette publique est projetée à plus de 254 milliards pour un encours de plus 1660 milliards alors qu’à la date du 31 décembre 2006, elle était évaluée à 864 milliards, un quasi doublement en moins de cinq ans alors que le poids de la dette extérieure a été considérablement délesté au début des années 2000. Alors, selon Ousmane Tanor Dieng et ses camarades, lorsque la mission du Fmi souligne « l’importance de maintenir la transparence budgétaire et d’améliorer la qualité des dépenses », il ne s’agit ni plus ni moins que de dénoncer « la manière désinvolte et irresponsable dont Abdoulaye Wade engage des dépenses publiques…. » Et au vrai, “l’assainissement des finances publiques de notre pays ne peut pas faire l’objet de traitements hâtifs et superficiels genre placebo…”

Pour eux également, « le clan Wade, obnubilé par son désir de mainmise sur les richesses nationales, continue à s’aménager de nouvelles occasions d’enrichissement personnel à travers des emprunts extérieurs non concessionnels sous le prétexte de financer les investissements dans l’infrastructure. C’est que les travaux d’infrastructures réalisés sans études préalables, ni évaluation sérieuse, constituent une opportunité pour engager des dépenses largement surfacturées dans une opacité totale propice à la corruption et aux détournements de l’argent public. ». Réquisitoire contre les libéraux au pouvoir. Et les socialistes de Colobane, de corser le pamphlet en dénonçant dans la foulée, « sa décision de vendre une quatrième licence de téléphonie.

Pour les observateurs avertis, la manœuvre s’inscrit en droite ligne de la cession de la troisième licence de téléphonie attribuée à SUDATEL ou dans le cadre des tentatives de confier le contrôle des télécommunications internationales à la société Global Voice ». Bref, tout concourt à les en croire, « à constituer un trésor de guerre électoral et à cette fin le clan Wade s’est mis à disposition tous les leviers pour amasser, partout où cela se peut, les fonds nécessaires à leur projet de hold-up électoral ourdi au service de leur dessein dynastique …» S’adressant à leurs camarades de Benno Siggil Senegaal et à leurs compatriotes de tous bords, ils soulignent : « voilà pourquoi le combat pour la régularité et la transparence des prochaines élections, en liaison avec toutes les organisations éprises de démocratie, ne pourra pas s’en tenir uniquement à la surveillance du seul processus électoral mais devra réfléchir à étendre ses tâches prioritaires à la lutte acharnée pour la bonne gouvernance ».

Si en effet, « l’issue des prochaines élections en dépend certes, le sort de l’économie nationale sénégalaise en est tributaire ». Le Ps interpellant dans ce cadre les institutions de Bretton Woods « qui auscultent régulièrement nos finances publiques » leur demande de se hisser au même niveau d’exigence et éviter toute complaisance assimilable à une complicité. Il les invite « à exiger du gouvernement une gestion vertueuse des ressources publiques et une communication responsable et transparente sur l’état de notre économie et de nos finances publiques ». La campagne électorale pour février 2012 est assurément lancée.

sudonline.sn

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