Le Sénégal face au défi (déni) de la Covid-19 (Par Demba Ndiath)

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Le Sénégal comme beaucoup de pays du monde est entrain de quitter le terrain de la riposte face à la Covid-19 pour adopter une attitude plus passive, reposant fatalement sur la résilience de son système de santé, déjà très affaiblie par un manque criard de moyen.

Il suffit de compter le nombre de tweets du président de la république Macky Sall pour ses présentations de condoléance, au courant de ce mois pour savoir que quelque chose de pas très net est en train de se produire. Et quand est-il des citoyens lambda qui n’ont pas droit à cet honneur ?

Cela me rappelle ce documentaire sur la situation de la pandémie dans un pays d’Afrique australe. Dans ce pays, l’opacité, le fanatisme et le déni face à la propagation du virus avait pris une telle proportion que le seul moyen de se rendre compte des ravages de l’épidémie était d’observer l’augmentation exponentielle du nombre d’enterrement, qui sont des événements publiques difficilement dissimulables en Afrique.

Coïncidence ou pas, la réalité est que nous traversons une période marquée par un fort taux “d’endeuillement’.

Pour juguler cette situation, je propose qu’on commence par appliquer un principe de la communication de crise, repris récemment par le Khalife Général des Tidiane consistant à tout simplement dire la vérité aux Sénégalais par rapport à la situation actuelle du virus, tout en insistant sur le fait que nous devons arrêter de vivre dans le déni.

Et Je pense que le temps est venu pour le gouvernement du Sénégal de prendre quelques mesures importantes :

-Premièrement il est impératif que le gouvernement adapte sa stratégie de communication au contexte actuel d’augmentation des cas et des décès. Car celle en place est très monotone, télégraphique et mal coordonnée.

-Le président ne devrait pas se priver de personnes ressources et compétentes, de premier rang qui ont fait leur preuve comme le Dr Eva Marie Coll Seck.

-Sur le plan de la riposte, le Sénégal pourrait s’inspirer du côté positif du modèle Américain avec sa gestion décentralisée de la pandémie tout en ignorant l’effet Donald Trump. En effet bien que n’étant pas un Etat fédéral, le président Sénégalais possède des relais locaux qui disposent au niveau légal, de pouvoirs régaliens importants, je veux nommer les gouverneurs et les Préfets. Pourquoi ne pas leur affecter un budget et un comité chargé de coordonner la riposte avec des objectifs à atteindre ? Car, le système actuel, bien que couvrant l’ensemble du territoire est fortement centralisé en bout de chaîne.

En tout état de cause, pour être plus efficace, la riposte doit prendre en compte les disparités locales et le nombre de cas par espace géographique. Et s’il y a lieu de mettre une région, une ville ou un endroit en quarantaine comme au Maroc, l’autorité devra le faire sans hésitation.

-Sur le plan psychologique, il est important que les populations comprennent qu’avoir le virus n’est pas synonyme de sentence mortelle comme avec le Sida à l’époque.

Il est possible d’en guérir et se rendre à l’hôpital à temps augmente les chances d’être vite diagnostiqué afin de se protéger soit même et son entourage.

-Il faudrait aussi que l’on arrête de croire qu’avoir le virus est une souillure au point d’en avoir honte, de le cacher et de continuer à faire comme si de rien il en était.

Enfin, nos guides religieux vu leur âge, doivent être protégés de tout attroupement synonyme de risque élevé d’infection.

Je présente mes condoléances à toute la nation Sénégalaise et aux familles éplorées pour tous ces êtres chers que nous avons perdus.

Qu’Allah les accueillent au paradis.

Demba Ndiath

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