Les hivernages, maintenant et la notion de pluie utile (Par Moussa Kanté)

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Ces dernières années, l’hivernage dans nos pays est remarquable à son instabilité, son irrégularité, son faible rendement. En effet, les pluies viennent soit tardivement, soit trop tôt et connaissent un arrêt. Ces pluies, lors de leur installation sur le territoire débutent dans le sud pour rejoindre progressivement le nord. Cela est une donne structurelle car on sait que le front intertropical (FIT) est un point de démarcation. Où plus qu’on y est proche, plus la zone est pluvieuse.

Aussi, pendant longtemps, on a parlé de sécheresse et d’irrégularité pluviométrique mais les pluies sont revenues ces dernières années, hormis la pause vers 2018.

Aujourd’hui, ce qui est surtout notable et objet de notre présent propos est que, paradoxalement, les pluies sont au rendez-vous mais les cultures ne sont pas des meilleures. D’où la notion très actuelle de pluies utiles.

Pluies utiles pour dire que souvent les pluies sont dommageables à l’espace et aux champs. En venant tardivement, les cultures n’arrivent pas à maturation ; en venant trop tôt y a des pauses longues d’où des cultures stressées par le manque hydrique. Cependant, le coup de théâtre actuel est que les pluies sont trop abondantes. Elles viennent excessivement sur une marge de temps limitée. Les champs sont submergés, on parle d’inondation : le fait est signalé dans le Saloum, à Foundiougne où on parle d’environ 72ha sous les eaux…

Ainsi, la pluie seulement n’est pas suffisante, il faut une pluie utile. Une affaire qui semble t’il est celle du ciel (cas du déluge libyen). Même si, certains indexent le réchauffement climatique…

Devant tout ceci, quelle posture pour les sociétés humaines désireuses de rentabiliser l’hivernage ?

A mon humble avis, au Sénégal et un peu partout dans le Sahel, aujourd’hui, il nous faut des politiques et stratégies de captage, de rétention, conduite pour une utilisation des eaux en hivernage et en contre saison. Ce qui se fait dans la vallée dite Californie du Sénégal et que le projet PROVALE CV (projet de valorisation des eaux pour la promotion des chaines de valeur) cherche à instaurer.

Une telle option mérite d’être renforcée, il y va de notre sécurité alimentaire. Et la dimension eau, à préserver est prépondérante même hors agriculture. A Fatick, zone en salinisation, on nous signale des bassins de rétention qui vendent l’eau récoltée à ceux qui ont des travaux de bâtiment. Une telle formule est un acquiescement aux exigences de développement durable.

Pour conclure, il est grand temps de réformer nos politiques agricoles en instaurant une politique agricole continue, spatialement et durablement. Ceci passera par une gestion durable des eaux de pluie à rendre ingénieusement utiles, à nous mettre hors risques…

P B MOUSSA KANTE, 

Université Gaston Berger (UGB)

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