Pour répondre à l’appel à la réconciliation des nouvelles autorités, Tiken Jah Fakoly : “Je vais appeler Alpha…”

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De passage à Abidjan, la méga-star de reggae mondial Tiken Jah Fakoly a rencontré, hier, le président Alassane Ouattara et le Premier ministre Guillaume Soro. Il revient dans cet entretien sur les sujets abordés avec les nouvelles autorités étatiques, parle de ses rapports avec Alpha Blondy, son futur combat pour réconcilier les Ivoiriens et rend hommage à Bob Marley dont c’est la commémoration du 30e anniversaire de son décès.

l Quel est l’objet de cette visite-éclair à Abidjan ?
C’est de rencontrer les nouvelles autorités, le président de la République, Alassane Ouattara et le Premier ministre, Guillaume Soro, pour essayer de voir comment je peux apporter ma contribution à la réconciliation.

l Doit-on s’attendre à vous voir en spectacle le jour de l’investiture du président Ouattara ?
Malheureusement, le jour de l’investiture, j’ai un concert en France, en Bretagne. Un grand concert dont je suis tête d’affiche en présence de près de cent mille personnes. Je ne pourrai pas y être. Mais, il y a des projets d’organisation d’une tournée de réconciliation.

l De quels projets s’agit-il ?
L’investiture est, certes, un évènement majeur, mais ce qui me préoccupe le plus, c’est de réunir les Ivoiriens. J’ai dit aux autorités que la réconciliation doit passer par les artistes. Mais, si on veut parler de réconciliation, il faut qu’on se réconcilie nous-mêmes. C’est dans cette logique que je vais m’investir pleinement. Tous les artistes doivent s’impliquer. Il ne faudrait plus qu’on parle d’artistes Lmp et d’artistes Rhdp. Il faut que les créateurs se mettent ensemble.
Ceux qui sont à l’extérieur, notamment, Serges Kassi, Gadji Céli, Fadal Dey, Antoinette Alanny…, il faut aller les chercher pour qu’ils viennent au pays. Qu’on se mette ensemble pour essayer de parler aux Ivoiriens. Nous devons parler d’une même voix, durant les cinq années à venir, afin d’amener les hommes politiques à bien travailler. Parce que si on reste divisés, on se retrouvera dans le même scénario que les années passés.

l Mais vous n’êtes pas encore réconcilié avec Alpha Blondy. Récemment dans une déclaration, votre aîné n’a pas été tendre avec vous. Comment allez-vous faire ?
Je dis simplement que je vais prendre mon téléphone et appeler Alpha. Je vais l’appeler parce qu’on ne peut pas parler de rapprocher les Ivoiriens, tant que nous ne sommes pas réconciliés. Pour cela, il faut absolument que ce soit moi qui fasse le geste, le premier pas. Je suis le petit frère, et droit d’aînesse oblige. J’ai décidé de téléphoner à mon aîné. C’est par patriotisme et je pense que nous allons nous retrouver et parler entre frères ivoiriens, entre frères africains pour qu’ensemble nous donnions l’exemple aux populations de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.
l Si d’aventure, Alpha refuse de vous parler…
J’espère qu’il ne refusera pas. Et, je ne pense pas qu’il va le faire. En ce qui me concerne, je prendrai l’engagement devant les Ivoiriens d’appeler Alpha et je le ferai. Nous devons être en accord avec ce que nous disons dans nos chansons. J’ai espoir qu’il ne rejettera pas ma démarche.

l Demain (aujourd’hui), c’est le 11 mai, date de la commémoration de la 30e année du décès de Bob Marley. Que représente Bob pour la musique reggae ?
Bob Marley c’est notre prophète. C’est grâce à lui que cette musique a été connue au plan mondial. De ce fait, tous ceux qui se disent rasta et pratiquent la musique reggae doivent marquer d’un cachet particulier cette date. A mon niveau, Je donnerai un concert demain (ce soir) dans mon club à Bamako. C’est une fête. C’est l’anniversaire du décès d’un grand homme.

l Quel message de Bob Marley voulez-vous que les Ivoiriens retiennent dans ce contexte de réconciliation ?
C’est de se lever pour défendre nos droits: « get up, stand up; stand up for your right ». Notre droit aujourd’hui, c’est de réclamer la bonne gouvernance, qu’on nous donne la possibilité de nous unir. Le pays a connu beaucoup de problèmes car les gens ont été victimes de beaucoup de manipulations. Nous avons, aujourd’hui, la possibilité de partir sur de nouvelles bases. Nous devons mettre une nouvelle Côte d’Ivoire en place qui se fera dans la justice, l’égalité et la vérité. En 2000, si nous avions dit la vérité dans la justice et l’égalité, nous n’aurions pas vu ce qui est arrivé. Nous devons bâtir une nouvelle Côte d’Ivoire. Que les gens ne pensent pas que nous allons nous réconcilier sans se dire la vérité, sans que les erreurs du passé soient corrigées.

l Que se passera-t-il si éventuellement les nouvelles autorités ne prennent pas en compte les préoccupations des populations ?
Si cela arrivait, notre devoir sera de prendre position et de dénoncer.

l Votre dernier album ‘’African Revolution’’ est sorti en septembre 2010. Après, il y a eu la révolution tunisienne, la révolution égyptienne et même la révolution orange en Côte d’Ivoire. Pensiez-vous que cette révolution allait-elle commencer si tôt ?
La révolution africaine qui se passe aujourd’hui au Maghreb, soufflera sur l’Afrique noire dans dix ans. Elle n’a pas encore débuté parce que la majorité de nos compatriotes ne sait ni écrire, ni lire. Que ce soit en Egypte ou en Tunisie, le niveau d’éducation est très élevé. Mais dans dix ans, la majorité sera alphabétisée et les gens se rendront compte qu’ils ont les mêmes problèmes et qu’il faut rechercher les mêmes solutions.

l Est-ce cela qui explique votre appui à l’éducation avec le projet ‘’un concert une école’’ qui a été relancé en prélude à votre concert de Paris Bercy le 18 juin prochain ? Où pour chaque ticket vendu, un euro est versé à cette Ong ?
Le projet ‘’un concert une école’’ est ma contribution personnelle à l’éducation du continent qui est en marche. L’éducation est la base du développement, il faut absolument que l’Afrique se réveille. Une des meilleures façons de réveiller l’Afri­que est l’école, l’éducation. Pour le concert de Bercy, ce sera toute une semaine autour de cette optique. D’où mon souhait que les artistes ivoiriens soient ensemble. Que la race des artistes qui se rendaient au palais pour prendre l’argent, disparaisse. Notre combat doit aussi tourner autour de la mise en place d’une vraie politique pour éradiquer la piraterie des œuvres de l’esprit.

l Vous vous êtes récemment marié, qui est l’heureuse élue?
Je préfère ne pas parler de ma vie privée.

Interview réalisée par Sanou A.

Nord Sud Abidjan.net

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