» Sans distinction, les sénégalais ont partagé ma douleur, ils ont tous priés pour le repos de l’âme de Momy ». (Bougane Gueye Dany)

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Merci à tous et à toutes 

Momy, Hayati

40 jours sans toi. C’est une éternité.

Je me croyais fort. Je me croyais grand. Je me croyais puissant.

Tu m’as tout donné : ton amour, ta grâce, ta douceur, ta convivialité, ton engagement, ton savoir-faire professionnel et ton savoir-être.

J’avais ta compassion à chaque épreuve vécue dans l’intimité de notre si fusionnel couple et ta générosité sans faille.

Tu as su garder mes secrets, protéger mes biens, porter et éduquer mes enfants.

Tu m’as enlevé avec beaucoup de persévérance l’orgueil mal placé des hommes.

Mame Seynabou m’a certes mis au monde mais tu m’as couvé comme un enfant sorti de tes entrailles. Je ne me suis jamais senti aussi seul. Jamais je n’avais ressenti une telle solitude.

Tu me laisses orphelin de ta présence utile, protectrice et opportune.

Tu me prives de toi, tu viens de m’ôter la vie, Maman Momy.

Te dire « tu es la plus belle » après t’avoir habillée, maquillée et parfumée me comblait de bonheur. Te dire « puisse Allah te rétribuer à hauteur de souhait comme il l’a fait avec Sokhna Hadjara sur la route de Safa ak Marwa » t’arrachait les larmes de ton corps.

Oui, Maman Momy, en peu de temps, j’ai su nouer un foulard, admirer davantage ta beauté, te consacrer du temps, mesurer la chance que les enfants avaient de t’avoir comme mère.

Je n’aurai jamais imaginé que cette maladie silencieuse, sournoise et tueuse ruinerait la vie d’une femme aussi sublime et magnifique que toi.

?C’est vrai, Allah ne fait pas rencontrer deux âmes sans raison.

Je n’ai jamais été une option pour toi.

J’étais ta priorité, ton seul et unique choix. Allah m’a choyé en te mettant sur mon chemin, il y’a dix sept (17) ans. Il m’a fait vivre le paradis sur terre à tes côtés comme en témoigne la plaque accrochée à la porte ta chambre avec la mention « Bienvenue à Firdaws, le monde de MDG ».

Il lui fallait stopper ce nirvana et m’éprouver. J’en déduis qu’Allah a simplement repris ton âme.

Maman Moumy, tu n’es pas morte. Tu as juste fermé les yeux et, de là-haut, tu veilles sur nous (Mouhamed, Papya, Abdou Fattah et moi).

À travers toi, Maman Momy, j’ai appris à comprendre combien une femme, la femme, est l’antre de l’homme. Jamais, dans ce combat citoyen et politique entrepris depuis 2018, je n’ai publié une phrase que tu n’aies lue, corrigée ou réécrite.

Permets-moi, Maman Momy, depuis ta place auprès d’Allah, de présenter au peuple Sénégalais ce livre-programme ; Tekki Jotna.

Tu comprendras aisément pourquoi les 24 axes de mon programme de gouvernance font la part belle aux femmes.

Femmes du monde, Femmes d’Afrique,

Femmes du Sénégal, genoux à terre, je vous demande pardon.

Pardon d’avoir découvert, avec la maladie de Maman Momy, l’amplitude et la pénibilité de vos charges : les sollicitudes quotidiennes des enfants, les responsabilités domiciliaires, les attentes réitérées de la grande famille, l’emprise contraignante de la société, les chagrins tus et les souhaits quotidiens de réussite formulés à l’aube pour voir le mari et les enfants tirer le meilleur parti de la vie.

Cette vie, je l’ai partagée en toute harmonie avec toi.

Je m’incline devant toutes les sénégalaises pour leur demander pardon au nom des hommes car vous nous faites vivre en oubliant vos propres êtres.

Vous souffrez sans rien faire paraître. C’est quoi notre part de responsabilité dans ces souffrances vécues en secret ?

Vous ne nous le direz jamais.

Durant neuf années tu as lutté avec dignité et bravoure, jamais tes proches collaborateurs, parents et amis avec qui tu partageais le quotidien n’ont pu déceler un indice de ta souffrance.

Malgré la douleur que tu me cachais, tu te battais pour m’offrir ici un sourire, là un clin d’œil amoureux pour me rassurer. J’ai assimilé la leçon : la femme se rassure par l’attention, la considération, la complicité, le respect, la présence, la symbiose et les compliments de son homme. Alors, excusez-nous !

Je m’engage personnellement, une fois au palais de la République le 25 février 2024, de faire de toutes les Sénégalaises, des Premières dames.

Ma gouvernance sera celle des femmes afin que plus aucune d’entre vous ne souffre des Cancers, du Diabète, d’Hépatite, d’Insuffisance rénale, des Maladies cardiovasculaires, des complications obstétricales, d’Asthme et d’autres pathologies qui nous arrachent nos moitiés.

Vous nous êtes chères, vous, nos murs de lamentations, nos épaules sédatives.

Je m’engage à gouverner avec vous et pour vous.

Maman Momy, tu pars en me réconciliant avec tous les Sénégalais.

Sans distinction, ils ont partagé la douleur avec moi, ils ont tous priés pour le repos de ton âme.

Sur ton lit de mort, tu as insisté pour que je me rende à Fass Boye et à Khossanto (Kédougou) pour partager la douleur des populations.

Tu m’as aussi demandé, de « ne jamais trahir le serment fait en 2018 de servir mon pays ». Je tâcherai d’être, pour le Sénégal, ce Président de la République tant attendu depuis 1960.

Alors je porterai ton deuil Momy, je sillonnerais les 15028 villages du Sénégal pour réécouter la jeunesse, partager le fardeau des chefs de famille et porter les combats de ces centaines de milliers de femmes qui te pleurent encore sans te connaître.

Belle et engagée comme Ndatté Yalla, brave comme Aline sitoê,

Altruiste comme une Badienou Gox, tu es allée au-delà des dires de papa Thione sur Diaga.

Tu as toujours fait sienne la recommandation de Cheikh Ahmadou Bamba : « le jihad d’une femme consiste à suivre les recommandations de son époux ».

Merci de m’avoir comblé, Maman Momy.

                                      ?Ton Mari

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