Sidy Ahmed Sy ou les leçons d’un martyre

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Le forum du jour du repos a été l’occasion d’évoquer la vie du parrain de la présente édition du Gamou, Sidy Ahmed SY, fils aîné de Cheikh Seydi El Hadji Malick, qui a disparu à Salonique, durant la première guerre mondiale. A travers une brillante communication, Dr. Abdoul Aziz KEBE a tenté et réussi de façon magistrale à tirer les leçons de la vie de ce martyr. Par une lecture fine, profonde et osons-le dire ainsi, inspirée, il a mis en exergue les symbolismes de cet enrôlement dans l’armée française de celui qui était pressenti pour succéder à son père mais dont le destin était de mourir loin de sa famille. Il a vu dans son enrôlement la grandeur d’âme de Maodo et le sens de la confiance. En effet, Maodo a préféré garder les disciples à lui confiés et, au front envoyer son propre fils. Il s’est sacrifié à la manière de Ibrahim et, Sidy Ahmed, tel Ismaël, Sokhna Rokhaya, telle Agar, se soumirent sans rechigner.Une telle posture, d’après le conférencier, participe de la même sincérité de la foi et de la même confiance en Dieu Qui Seul décide du destin de ses Serviteurs. Emouvant parallélisme qui fit sentir des trémolos dans la voix du conférencier. L’émotion était ambiante. il dut s’arrêter pour reprendre son souffle et son sang froid.Cette même posture témoigne également d’une conscience de l’universel, qui fait accepter d’aller mourir en cherchant à sauver des frères, même si ces derniers ne sont ni du même pays, ni de la même couleur, ni ne parlent la même langue. Peu importe, ils sont quand même de la même famille humaine! Par cet acte, Maodo a démontré qu’entre les humains existent des liens de fraternité et de parenté, en dépit des identiés religieuses et des étroitesses identitaires.Pourtant Sidy Ahmed SY était promis à un bel avenir, très jeune déjà. Il naquit à Saint Louis du sénégal en 1882, cette ville qui, par sa position géographique de finisterre, est une ville d’échanges, d’intégration et de rencontres. Il fut confié à El Hadji Malick Sarr de Boudy pour ses premières humanités, ce « primus inter pares », « aîné des disciples » de Maodo, son élève Ahmed , premier des fils ne le deçut guère. Il sut tout ce qu’il devait savoir et adopta très tôt les attitudes qui font les grands mystiques. Le dessein élevé, il ne dissipa jamais son temps et gravit rapidement les échelons de la ma’rifa. Tout jeune, il accéda à la gnose et au dévoilement et pouvait voir le prophète (psl) et seydina Cheikh (rta) à l’état de veille. Il put savoir ainsi qu’il n’hériterait jamais de son père et transmit son ijâza à son jeune frère Babacar, lui disant: » ce diplôme écrit de la main même de mon père et qui fait de moi son calife, n’est pas pour moi. Lui-même, le sait mais ne fait que son devoir. » Singulier destin que celui d’un homme qui savait qu’il allait mourir loin de ses terres, mais qui l’accepta sans broncher! Ainsi telle une étoile filante, il s’en alla de ce bas monde, sans laisser de traces. Tel est le résumé de la vie du parrain du gamou 2011.S’il y avait une seule leçon à tirer de son destin, ce serait la suivante: « la valeur d’une vie, ne dépend guère du nombre des années », autrement dit, la valeur n’attend point le nombre des années. La vie de Sidy Ahmed fut brève mais remplie. C’est l’essentiel!

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