Souleymane Bachir Diagne: “Le syndrome du 3ème mandat est une abomination“

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Le Pr. Souleymane Bachir Diagne estime que le “syndrome du 3ème mandat est une abomination politique“. Invité de l’émission “Point de vue“ sur la télévision nationale hier, dimanche 26 décembre 2010, l’enseignant à l’Université de Columbus aux Usa, a invité ses compatriotes africains à se conformer au “rythme naturel des démocraties partout dans le monde“ en limitant les mandats à cinq ans, renouvelable une seule fois.

Une abomination“ ! Voilà comment le Pr. Souleymane Bachir Diagne, qualifie le “syndrome du 3ème mandat“. L’universitaire considéré parmi les  plus grands intellectuels du monde, invite les pays africains à se conformer au “rythme naturel des démocraties partout dans le monde“.

Pour l’ancien Professeur agrégé de philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, “il y a une culture de démocratie commune. Cette culture signifie qu’en générale, une administration mise en place est remplacée au bout de deux mandats. Ça peut être écrite dans la constitution. Comme ça peut être une sorte pratique non écrite. En France comme aux Etats-Unis, le président fait deux mandats“.

Et d’ajouter : “Je pense le fait de rester 10 années au pouvoir est largement suffisant pour mettre en place une administration. C’est pourquoi d’ailleurs, on parle deux mandats de cinq ans, renouvelable une seule fois“.

Le philosophe estime même qu’il y a “quelque chose de pathologique dans la volonté de vouloir rester au pouvoir au-delà de deux mandats“.

Considéré comme faisant partie des “100 personnalités qui font l’Afrique“, par Jeune Afrique, dans son numéro 2450-2451, du 23 décembre au 5 janvier 2008, l’auteur de “Comment philosopher en islam ?“, paru en 2008, aux Editions du Panama, rappelle que “le Sénégal, dans son histoire, a connu deux présidents (Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, Ndlr) qui, chacun est resté là pendant 20 ans. Il faudrait que ça s’arrête, parce que la configuration des démocraties ne commande probablement pas ce rythme“.

Allusion faite à Abdoulaye Wade qui, élu en 2000 pour un mandat de sept ans, puis réélu en 2007 pour un mandat de cinq ans, est encore candidat à sa propre succession en 2012, pour une 3ème mandat de sept ans.

Par ailleurs, il faut noter que si Souleymane Bachir Diagne est pour une alternance tous les dix ans, il n’en précise pas moins que cette dernière peut ne pas forcément être “nouvelle“. “Ça peut-être une sorte d’alternance interne au sein du parti ou de la coalition de partis ». Mais, indique-t-il, « ce renouvellement des administrations au bout d’une dizaine d’années, me semble correspondre à un rythme naturel des démocraties partout dans le monde“.

A la question de savoir quelle est la place de l’Afrique dans les “démocraties modernes dites pleines et entières“, il souligne que seuls cinq pays sont représentés sans cette carte. “Il s’agit de Cap-Vert et du Ghana pour ce qui concerne notre région ; et de l’Afrique du Sud, du Botswana et de la Namibie“, confie-t-il.

Quid du Sénégal ? Souleymane Bachir Diagne renseigne que notre pays y est entré en 2000, est désormais “logé au deuxième rang“.

Et d’ajouter : “les Africains sont prompts à crier à la conspiration de la communauté internationale qui établit les règles de la démocratie. Pourtant relève-t-il, « nous avons un dénominateur commun pour évaluer les pays démocratiques. Quand on n’y figure pas, on fustige la démarche en se posant des questions : qui est derrière la communauté internationale ? Quels sont les critères d’appréciation ? Nous disposons de nos propres critères“ ?

“C’est trop facile“, indique le philosophe qui prend aussi l’exemple des classements des Universités du monde connu défini par le classement Shanghaï.

sudonline.sn

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