10 ans et une statue pour mettre Karim en route vers le sommet. Par Frédéric Tendeng

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Wade fête ce 19 Mars, les 10 années qu’il se défonce à mettre son fils, Karim Wade, en route vers le sommet de l’Etat du Sénégal. Triste date pour le sénégalais que je suis, moi qui suis né un 19 Mars 1974.

Vous vous rendez compte que la célébration de mon 36ème anniversaire coïncide cette année avec l’arrivée à la station 10 dans le décompte du règne au Sénégal d’un anti-modèle démocratique et de la déconstruction de notre État-nation par ce mégalomaniaque dont les extravagances n’ont d’égales que les fantasmes de son fils adoré?

J’en souffre car la perspective du rassemblement comique et narquois du 03 au 04 Avril prochain autour de la statue, dont lui seul détient les secrets de la renaissance, vient ajouter un sentiment de révolte à ma douleur. Oui, Wade s’apprête à célébrer en grandes pompes une autre de ses forfaitures obèses au mépris des évaluations nationales et planétaires, foncièrement négatives sur son entreprise d’auto glorification.

La typologie de cet homme tellement doué de connaissances intrinsèques dans l’art funeste de la manipulation ne laisse aucun doute sur ses intentions de se moquer des sénégalais les 03 et 04 Avril prochains.
Je ne veux surtout pas revenir sur tout le débat autour du bienfondé ou non de la statue. Cependant, il est bien de rappeler que dans ce cas-ci, Wade troque des terres du domaine national d’une valeur brute de plus de 14 milliards CFA. Bien que ces terres ne lui appartiennent pas, il revendique la paternité du monument qui en ressort. Wade n’est ni artiste, ni sculpteur ou encore moins un architecte mais il devient subitement créateur artistique et dit clairement que ce monument va durer 1200 ans au cours desquels 35% des bénéfices qui en proviendront iront à une fondation qu’il confie à sa famille.

Or, une œuvre financée sur des ressources publiques devant rapporter de l’argent à un privé, exige qu’un appel d’offre national soit lancé afin de choisir de manière transparente, la meilleure opportunité.

Et si Senghor réclamait 35% des revenus de Sorano ? Et si Abdou Diouf en faisait de même pour chacune de ses réalisations, où en serions-nous ? Wade a abusé de son statut de chef d’Etat pour nous imposer un business financé avec notre argent et qui va rapporter à son fils et sa famille 35% sans bourse déliée. Cela s’appelle un abus de pouvoir doublé d’une escroquerie. Ce monument dit de la renaissance africaine a ainsi fini d’être une activité d’auto glorification à usage commerciale où l’inopportunité, le gaspillage et le détournement se mélangent à l’arnaque, au trafique d’influence, au mensonge et à l’abus de confiance.

Voilà pourquoi tous ceux qui prendront part à l’inauguration de ce maudit monument qui a couté plus de 14 milliards de nos francs au contribuable sénégalais, courent le risque majeur de passer définitivement pour des traitres éternels devant le Sénégal et ses fils.

Ils seront complices du grand show de Wade alors que des sénégalais souffrent de la misère, de la guerre, de la maladie et des inondations. Ils seront les complices directes et actifs de l’activité routinière autoritaire et mesquine d’Abdoulaye Wade.

Être présent à cette inauguration, c’est apporter sa caution à cet homme dans son usage du mensonge stratégique pour illégalement acquérir les terres ayant servi de monnaie d’échange à cette entreprise mégalomaniaque.

Aujourd’hui, la défiance que nos compatriotes opposent à cette grossièreté est un rejet national qui correspond à une évaluation négative fondée sur un niveau de connaissance remarquable de ce sujet, autorisant un jugement critique informé sur les péripéties ayant abouti à cette statue. Dommage que les ouailles de la cour présidentielle continuent à gazouiller sur le bienfondé de l’existence de cette statue et professent ainsi leur aliénation que j’associe à leur égoïsme, à leur faible niveau de connaissance politique et à leur antipatriotisme.
Le débat donc n’est plus son existence puisque Wade l’a imposé en passant par ses menaces et ses querelles avec les Imams, les catholiques et les journalistes.

Ce qui importe donc aujourd’hui, c’est la nécessité pour les sénégalais de ne pas se soumettre à la manipulation qui va précéder, et accompagner la quête aux masses et aux foules lors de son inauguration. C’est une question de dignité et d’honneur national. Il faut refuser systématiquement de se rendre à cette inauguration.

Il s’agit de faire comprendre à Wade et sa famille que partout dans le monde, les patriotes et les peuples épris de dignité ont un jour déboulonné, écrasé et réduit en cendres les statues que leur ont imposé les anti-modèles Saddam Hussein, Ferdinand Marcos, Augusto Pinochet, Nicolae Ceausescu, Franco, Francisco Salazar, Mobutu Sesse Seko, Jean Bedel Bokassa ou Idi Amin Dada. L’obsession Wadienne pour la postérité ne peut être portée par cette statue de la discorde et de la honte.

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