CHRONOLOGIE-Feuilleton du deal entre « grands bandits »

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Cette énième exclusion annoncée d’Idrissa Seck au Parti démocratique sénégalais sera-t-elle enfin la bonne ? Ou assistons-nous à un simple jeu comme les deux protagonistes de ce long feuilleton savent si bien le faire ? Nargue-t-il le peuple une énième fois ? Retour sur un long métrage politique le plus époustouflant et le plus spectaculaire du Sénégal de l’alternance.

Le vendredi 10 décembre dernier, le comité directeur du Parti démocratique sénégalais, réuni le même jour demande à la commission de discipline d’exclure Idrissa Seck du parti. En effet, en dépit des appels de se « ranger dans les rangs », le maire de Thiès persiste à contester la troisième candidature du Président Abdoulaye Wade pour non respect de la constitution. En même temps, les partisans de l’ancien Premier ministre organisent la riposte en attendant que la commission de discipline se réunisse. On en est là dans ce long métrage qui a commencé depuis le 21 avril 2004, date du limogeage de M. Seck de la Primature par décret numéro 2004-560. C’est Me Ousmane Ngom qui avait sonné le début des hostilités cinq jours après le limogeage de son « frère » de parti, en annonçant son arrestation par les éléments de la Division des investigations criminelles. Le 18 mai 2005, une foule supposée être membre du Pds déverse sur la maison d’Idrissa Seck, au Point E des tripes pourries et des immondices.

Dans le magazine Jeune Afrique du 5 juin 2005, Me Wade accuse Idrissa Seck d’un « écart » dans la gestion des Chantiers de Thiès. Il déclare que l’Etat a déboursé 40 milliards, contrairement aux 25 milliards suggérés par Idrissa Seck. Le 13 juillet 2005 au Cices, lors d’un meeting de ralliement de militants socialistes de la commune de Thiès, Me Wade réitère ses accusations. Idy réagit la même nuit dans une déclaration faite sur Cd en ces termes : « Jusqu’à l’extinction du soleil, aucun centime de détourné ne pourra m’être reproché. » Il convoque une conférence de presse à son domicile le lendemain pour revenir longuement sur les chantiers de Thiès et dit être prêt à aller en prison du moment où il est innocent. La prison, déclare-t-il, ne me fait pas peur.

Le 15 juillet 2005, Idrissa Seck est convoqué à la Dic. Non sans prendre en témoin les Sénégalais sur son intégrité physique : « Je ne suis ni diabétique ni cardiaque, je suis dans un parfait état de santé. Je suis musulman convaincu j’abhorre le suicide. S’il m’arrive donc quoi que ce soit, ce sera entièrement imputable à ceux qui m’ont convoqué. Je lutterai jusqu’au bout avec mes avocats, mes amis et mes partisans pour battre en brèche les accusations de malversations portées contre ma personne. »

Le 16 juillet 2005, on apprend que M. Seck est en garde à vue, non pas seulement pour les chantiers de Thiès, mais pour atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale. Le communiqué est signé par le procureur de la République près le Tribunal régional hors classe de Dakar, Lansana Diabé. La garde à vue de ldrissa Seck se prolonge jusqu’au 23 juillet 2005. Des perquisitions sont opérées dans ses maisons et ses partisans défilent à la Dic.

Idrissa Seck riposte à ces accusations et publie son fameux Cd, « Lui et moi ». Il révèle alors que ce qui l’oppose fondamentalement avec Abdoulaye Wade, c’est que le fils biologique a grandi et qu’il faut chasser de la maison du père, « lui », le fils d’emprunt.

Idrissa Seck est convoqué devant la doyenne des juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté, le 23 juillet 2005. Il est inculpé pour atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale et il est emprisonné à Rebeuss le même jour. En même temps, l’industriel Hassan Farès, son épouse Sandrine, le journaliste Ndary Guèye, tous proches du maire Thiès sont inculpés.

Le 3 août 2005, l’Assemblée nationale vote la mise en accusation d’Idrissa Seck pour qu’il comparaisse devant la Haute cour de Justice (Hcj).
Le 5 août 2005, Idrissa Seck est exclu du Pds pour activités fractionnistes. Le 13 juin, il comparait devant la Commission d’instruction de la Hcj et est inculpé dans le cadre des chantiers de Thiès. Convoqué le 17 octobre 2005, pour être entendu sur le fond concernant le délit d’atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale, Idrissa Seck est enfoncé par un autre délit ; celui de sortie irrégulière de correspondances par la doyenne des juges, Seynabou Ndiaye Diakhaté.

Rebondissement le 20 janvier 2006. La doyenne des juges d’instruction communique un non-lieu partiel pour l’ex-Pm, dans les délits d’atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale. Le 21 janvier, elle prononce le non-lieu pour ce qui concerne les accusations d’atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale.

Le 7 février 2006, Idrissa Seck est libéré à la suite de l’arrêt n4 du 7 février 2006 rendu par la Commission d’instruction de la Hcj. Après 199 jours de détention, il déclare : « C’est avec une conscience calme que je suis entré dans cette épreuve. C’est avec une conscience calme que j’en sors et je convoite de Dieu la sérénité, l’endurance, la capacité de dépassement qu’exige la mission que je me suis assignée : servir le Sénégal. Car rien ne me pèse plus lourd que les difficultés auxquelles notre pays est confronté et rien ne fera obstacle à mon ambition et à ma volonté de le servir. » Fin de l’épisode des souffrances d’Idrissa Seck.

Le 10 février, Aboulaye Wade rouvre un autre épisode. Il révèle l’envoi d’« une commission rogatoire en France et aux Etats-Unis pour voir s’il (Idrissa Seck) avait caché de l’argent ». L’accusé répondra le 13 février 2006 : « Même si des investigations devaient avoir lieu sur l’étendue de l’univers (…), il n’y aura aucune autre possibilité que de prononcer le non-lieu. »

Le 4 avril 2006, alors que la nation sénégalaise fêtait le 46e anniversaire de son indépendance, Idrissa Seck annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 et appelle à la création d’une large coalition autour de sa personne pour mettre fin au régime Wade. Il est le chef du parti Rewmi.

Le 22 janvier 2007, après une audience de quatre heures qu’il accorde à Seck en compagnie de Serigne Abdoul Aziz Sy Junior, porte-parole du Khalife général des Tidjanes de Tivaouane, Abdoulaye Wade déclare que « Seck a accepté de réintégrer le Parti démocratique sénégalais. » Seck ne confirme, ni ne dément la déclaration de Wade, mais maintient sa candidature à la présidentielle. Les Sénégalais sont pris au dépourvu par de telles retrouvailles. On commence à parler de l’existence d’un deal entre les deux hommes sur le dos des Sénégalais, même si, sur le champ politique les militants des deux partis se livrent un combat à mort durant la campagne électorale.

Le 25 février, Idrissa arrive deuxième à l’élection présidentielle avec 14% des votes au moment où Wade rafle 55% et passe au premier tour. Le 1e mars 2007, Wade rallume le feu accusant Idrissa Seck d’avoir logé plusieurs milliards dans des comptes à l’étranger. Le 20 mars Idy réagit : « Des accusations, on peut en formuler cinquante mille par jour. Les nouvelles accusations sont aussi fausses que les premières ; elles sont aussi fausses que celles qui portent sur l’atteinte à la sûreté de l’Etat et sur les chantiers de Thiès. »

Pour autant le jeu de yo-yo politiques n’en finit pas entre Wade et Idrissa Seck. En effet, les deux hommes semblent se retrouver. Le 25 juillet 2007, une délégation de Rewmi dirigée par Omar Sarr est rabrouée au Palais par le maître des lieux. Me Wade avoue pendant cette rencontre que seul, lui et Idy connaissent, en réalité, ce qui les oppose. N’empêche, Rewmi donne mandat à Idrissa Seck de discuter avec Wade des modalités de retrouvailles.

Après six mois d’attente, le 8 février 2008, Rewmi tient une conférence de presse animée par son Secrétaire général à la vie politique, Pape Diouf. Le parti d’Idrissa Seck décide de participer aux élections locales, qui seront reportées par la suite. Au paravent, les jeunesses libérales dirigées par Mamadou Lamine Keita ont tenu un point de presse pour exclure toute possibilité d’aller aux élections avec Rewmi.

Le 22 avril 2008, M. Seck est de nouveau convoqué devant la Commission d’instruction de la Hcj. Lorsqu’il est re-convoqué un mois après, devant la même juridiction, il s’en prend vertement aux magistrats qu’il accuse d’être à la solde de l’Exécutif, entraînant ainsi quelques incidents d’audience. Le Populaire du mercredi 29 avril 2009, apprend que le Parquet général, dans ses réquisitoires, « constate l’absence de preuves de surfacturation contre les entrepreneurs ».

Le 4 décembre 2009, des retrouvailles sont encore scellées à Thiès lors d’un meeting à l’occasion de l’inauguration de l’usine de montage de véhicules, Seniran. Idrissa Seck proclame officiellement la fin « de la parenthèse Rewmi » et demande à ses militants de ranger les couleurs orange pour que vive le bleu libéral. Wade s’en réjouit mais ne fait aucune faveur ni aucune nomination à Idrissa Seck ou ses partisans dans le gouvernement. Au contraire, C’est Karim Wade qui continue de gagner des galons et se retrouve à la tête de super ministère. En même temps, Me Wade pose des actes pour sa candidature en 2012. Suffisant pour faire sortir Idrissa de son hibernation qui réclame aujourd’hui le rejet de ce projet. D’où son exclusion souhaitée par le Comité directeur.

Sources : Le Polulaire, Le Quotidien

Cheikh Fadel BARRO
lagazette.sn

3 Commentaires

  1. on t’a presenté un texte essayes plutot de trouver des contres vérites si tu peux y arriver:il ne raconte que ce nous avons tous vecu, mais dans ce texte qui est bien vrai montez moi ou idy est entré et ressorti du pds; une seule foi, je parle a ceux la qui parlent souvent de nombreuses entrees et sorties de idy du pds;je soutiens qu’il n’est rentré qu’une seule foi au pds ,c’est quand il a donné la conf;de presse a la maison du parti et il n’est pas encore sorti;ce que je peux dire c’est que tous ce que idy avait dit est devenu vérité et tous ce qu’on avait dit sur lui est devenu mensonge ;nous etions tous las et nous sommes encore las pour ceux qui en reste , kou dèè ak sa bamèle

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