La Chine offre la construction du futur siège de l’Union Africaine

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ADDIS ABEBA — Symbole de sa présence accrue en Afrique, la Chine a offert à ce continent très convoité pour ses ressources le prochain centre de conférence de l’Union africaine (UA) dont le chantier en plein coeur d’Addis Abeba avance très rapidement.
« Symboliquement, c’est un message très fort: la Chine et l’Afrique ont une longue et solide amitié et ce centre est le symbole de cette solidarité », déclare à l’AFP Fantahun Michael, coordinateur du projet pour l’UA.
« Le chantier a commencé en janvier 2009 par la pose de la première pierre. Normalement il devrait être terminé en décembre 2011. C’est un cadeau de la Chine à l’UA, élaboré par la Chine, géré par la Chine, financé par la Chine et construit par la Chine », explique-t-il.
« Nous ne connaissons pas encore le coût total du chantier », indique M. Fantahun. « Il s’agit d’un don sans contrepartie », précise-t-il.
Le projet se compose d’une tour de 100 m de hauteur, la plus haute de la capitale éthiopienne, avec 23 étages et quelque 500 bureaux. Le bâtiment abritera notamment un auditorium de 2.550 places, une salle de conférences de 680 sièges, une trentaine de salles de réunions et deux héliports.
Sur la même parcelle, le groupe privé du Cheikh Al-Amoudi, un Ethio-Saoudien premier investisseur privé d’Ethiopie, devrait ériger un hôtel cinq étoiles avec 32 suites présidentielles, 27 suites ministérielles et 276 chambres.
Ce centre accueillera les sommets annuels des 53 Etats-membres de l’UA sans recourir à la location du centre tout proche de conférence de l’ONU, comme c’est encore le cas pour le 14e sommet de l’organisation qui s’est ouvert dimanche.
Il illustrera une nouvelle fois, si besoin est, l’influence grandissante de Pékin sur le continent africain, à la suite de l’élaboration, dès 2001, d’une politique d’expansion de son influence sur le continent.
En novembre 2009, au sommet Chine-Afrique de Charm el-Cheikh (Egypte), le gouvernement chinois a promis à l’Afrique 10 milliards de dollars de prêts sur trois ans pour le développement. Une manne distribuée sans conditions préalables de bonne gouvernance ou de démocratisation, au contraire de l’aide des pays occidentaux.
Pour l’heure et en plein coeur d’Addis Abeba, des équipes d’ouvriers chinois et éthiopiens casqués s’affairent sur le chantier à transporter des tonnes de matériaux, à terrasser et assembler les structures métalliques de la tour, tandis que des pelleteuses marquées d’idéogrammes déblaient le terrain boueux alentour. Déjà 35 mètres de la carcasse sont sortis de terre.
Plusieurs contremaîtres suivent les travaux et veillent à la bonne coopération des 200 ouvriers de la China State Engineering Construction Corporation (CSECC) venus de Shanghai avec 200 autres ouvriers éthiopiens.
« Les Chinois forment les Ethiopiens et transfèrent leurs compétences. Ils sont très efficaces. Chaque étage est construit en une semaine. Ils travaillent 24 heures sur 24 avec trois rotations d’équipes », explique admiratif Ewnatu Farede, ingénieur de l’équipe de liaison.
« Nous sommes tous très heureux d’être ici et de travailler à la construction de ce centre », affirme le responsable de la CSECC, Zeng Huachen.
« Ils amènent tout de Chine, sauf les graviers », précise Tsegaye Getahun, chef de chantier pour l’UA devant la petite fabrique de parpaings qui tourne à plein régime et « produit 2.000 pièces par jour » qui sèchent au soleil.
AFP

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