« Les 12 travaux d’Hercule du prochain (nouveau) président de la République » (suite) (par Alioune Diawara, Juriste)

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On a attendu et on a même désiré cette élection présidentielle, qui vient de livrer son verdict. C’était
une élection hors normes, une élection indécise, une élection bizarre et certains qui aiment les
superlatifs diront une élection grandiose . Pour moi, je dirai tout simplement que j’ai beaucoup aimé
cette élection grâce à un homme et un seul : Ousmane SONKO. Voilà un homme qui avait déclaré lors de son exil à Ziguinchor (à l’époque de son procès contre la dame Adji SARR), qu’il gagnerait l’élection présidentielle de 2024. Il l’a dit et il l’a fait, au grand dame de celui qui l’avait sous-estimé, allant jusqu’à l’appeler « boy bi ». J’ai nommé Macky SALL. Ce dernier ne s’attendait surtout pas à ce coup de Trafalgar que vient de lui jouer Oussou Boy.

Disons-le sans ambages : le grand vainqueur de cette élection n’est autre qu’ Ousmane SONKO .
J’avais eu l’outrecuidance de dire dans l’une de mes chroniques, il y a quelques semaines, en pleine
rumeur de coup d’état institutionnel fomenté par Macky SALL, que SONKO serait un faiseur de roi
quelque soit l’endroit où il pouvait être, y compris en prison. Sans vouloir faire offense au futur chef
de l’ Etat (il le sera à partir du 2 avril 2024 dans le respect de la légalité républicaine), il faut
reconnaître que c’est Ousmane qui a forgé Diomaye et qui en a fait le reflet de son ombre en déclarant « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » (Sonko c’est Diomaye, Diomaye c’est
Sonko), un slogan qu’il a su nous imposer alors qu’ils étaient tous les deux en prison et qu’une
grande incertitude planait sur le sort de Bassirou Diomaye. Poursuivis pour les mêmes motifs, ils
étaient condamnés à voir le train de l’élection leur passer sous le nez, alors que Macky SALL était
décidé à contrarier leur projet par tous les moyens, y compris des moyens retors. Heureusement
pour eux et pour nous que le Conseil Constitutionnel, dans un moment de sagesse très rare, nous a livré un jugement de Salomon, en déclarant l’un hors course (du fait d’une condamnation bidon dans l’affaire Mambaye NIANG) et l’autre présumé innocent, car n’ayant jamais été jugé, ni condamné.
Mais ça c’était hier, car la loi d’amnistie est passée par là et nous a permis de resserrer les boulons
de notre jeune démocratie.

Dimanche 24 mars 2024, c’est bien un « ticket » que les Sénégalais ont plébiscité en les portant tous
les deux sur le toit de la nation « Ndoumbélane »; c’est d’ailleurs le sens du projet qu’ils nous ont
présenté et qui postule la réforme de la Constitution en vue d’y introduire un poste de Viceprésident, qui serait élu en même temps que le président de la République pour la prochaine
mandature de 2029. Il me tarde d’y être et je nous souhaite tous d’y être.

Quel rôle pour Ousmane SONKO auprès de son ami Bassirou Diomaye FAYE, devenu président ?
Leur amitié résistera t-elle à l’épreuve du pouvoir ? Espérons le, car on le sait, si « le pouvoir tend à
corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument » selon la formule célèbre de Machiavel (Le
Prince, 1513) reprise par Lord Acton le grand historien anglais (1834 – 1902).

Pour ma part, je voudrais tout d’abord féliciter le président élu, Bassirou Diakhar Diomaye FAYE et
lui souhaiter pleins succès pour ses nouvelles fonctions. Je souhaite aussi et irrémédiablement, que Ousmane SONKO, qui a été calomnié, maltraité, méprisé, banni et embastillé par le régime
précédent, ravale sa haine et sa rancoeur à l’égard de Macky SALL et qu’il se tourne vers les
Sénégalais en nous présentant la meilleure version de lui-même, car contrairement à ce que dit
Amadou BA (le perdant), SONKO semble taillé pour porter et Diomaye et la maison « Sunugal »
sur ses épaules. En effet, il doit comme Nelson MANDELA, passer à autre chose et soutenir
Diomaye qui – pardonnez mon insolence – n’est rien d’autre qu’un vainqueur par procuration. L’opposant SONKO a payé chèrement le prix de son accession aux affaires de l’ Etat pour se perdre dans des règlements de compte qui ne feraient que ternir son image de sauveur de la République. Aussi, aura t-il fort à faire pour aider le nouveau président à satisfaire les demandes sociales des « goorgorlou » que nous sommes. Tous les deux seront sur une ligne de crête dont ils ne pourront s’éloigner, tant notre impatience est grande de voir la manifestation concrète des idées de
souveraineté, de rupture, de refondation et de panafricanisme qu’ils nous ont vendues durant cette campagne-éclair qu’ils ont livrée dès leur sortie de prison. Nous y croyons et nous y croirons aussi longtemps que les nouveaux maîtres du pays comprendront qu’en votant massivement pour eux, les Sénégalais ne leur ont pas délivré un chèque en blanc, mais plutôt un permis de construire un
Sénégal nouveau. Nous l’avons dit et nous le répétons, le président élu doit être un Hercule des
temps modernes et se confronter aux 12 travaux que nous nous empressons de lui confier. Parmi nos nombreuses demandes sociales figurent la santé, la justice sociale et les ressources naturelles
(agriculture, élevage et pêche) en plus de ceux que nous avions déjà évoqués.

V – La santé et l’action sociale
De tous temps, la santé a été l’un des parents pauvres de la politique des gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce pays. Il existe pourtant des structures sanitaires publiques de grande qualité (hôpitaux modernes, maisons de santé, etc…) souvent inaccessibles aux plus précaires d’entre nous pour des raisons de coût. Mais toutes ces structures semblent démunies sur le plan logistique, matériel, poussant d’ailleurs les plus aisés à se tourner vers les cliniques privées qui fleurissent à travers le pays, notamment à Dakar. Passer un scanner est un véritable parcours du combattant ; dans les hôpitaux, une intervention chirurgicale peut aller de 306.000F à 1000.000F sans parler de la dialyse qui coûte environ 10 millions de francs CFA, etc…..

Dans un pays où près de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté (1 dollar par jour), il est
temps de réfléchir et de mettre en place rapidement une véritable couverture médicale universelle,
pour permettre à tous d’accéder à des soins médicaux de qualité. Est-il supportable que des
indigents meurent aux portes d’un hôpital faute de pouvoir payer une caution avant même d’être pris
en charge par le personnel médical ? Est-il normal que les plus âgés d’entre nous, les « seniors »,
pour parler un langage politiquement correct, ne puissent se soigner les dents ou se procurer une
paire de lunettes à moindre frais pour ne pas dire gratuitement, alors que certains ont travaillé toute
leur vie pour le pays?

Le nouveau président de la République doit comprendre qu’il est aussi le président des Sénégalais de « en-bas de en-bas » comme le disent nos amis ivoiriens, pour désigner tous ceux qui croulent dans la pauvreté et la misère. Dans un pays où on estime que les médecins formés dans nos universités font partie des meilleurs en Afrique et au-delà, vous devez Mr le président élu, tendre la
main aux plus nécessiteux et leur faciliter l’accessibilité aux soins médicaux. Plus aucun enfant ne doit mourir de maladie infantile ; plus aucune femme ne doit mourir sur une table d’accouchement ; plus aucun homme ne doit mourir de maladies bénignes faute d’argent, etc.

Notre pays s’était engagé il y a une vingtaine d’années à suivre les recommandations de l’ OMS
(Organisation Mondiale de la Santé) visant à accroître le budget de la santé de 0,5% tous les ans
pour arriver à le maintenir à 9%, ce qui constituerait la moyenne des pays en voie d’émergence.
Selon l’ OMS le Sénégal serait classé 151è mondial sur 193 pays pour ce qui concerne la santé de sa
population. Autant dire qu’il y aura du boulot pour le président élu, Bassirou Diomaye FAYE. Il
devra se rappeler au moment de sa prise de fonction que la prise en charge de la santé des
populations est un devoir d’ Etat ,consacré par l’article 8 de notre Constitution et surtout que,
l’article 17 proclame fièrement que « l’Etat et les collectivités publiques ont le devoir social de
veiller à la santé physique, morale et mentale de la famille et en particulier des personnes
handicapées et des personnes âgées. L’Etat garantit aux familles en général et en particulier à celles vivant en milieu rural, notamment aux femmes le droit à l’allègement de leur condition de vie et l’accès à la santé et au bien-être »

Il me semble que le président élu a pris conscience de la nécessité d’investir massivement dans ce
secteur, dans la mesure où lors des interviews qu’il a donnés pendant la campagne-éclair il s’est ému
de la situation de malades sans-le-sou obligés de commettre un délit pour aller en prison et obtenir
ainsi la chance de se faire soigner gratuitement. Cela fait froid dans le dos d’entendre ça, mais quelle honte pour le pays !

Quid des pensions de retraite ? Des retraités de Keur Massar se sont regroupés en 2023 au sein
d’une association pour dénoncer les manquements graves constatés dans la gestion de l’ IPRES
(l’instance qui gère les pensions de retraite au Sénégal). Ces manquements concernent notamment les retards dans le paiement de leurs pensions et surtout des détournements commis par les directeurs et administrateurs qui ont sévi et qui se sont succédé à la tête de cette institution depuis de nombreuses années. Certains observateurs affirment même que l’ IPRES serait en faillite alors qu’un des anciens directeurs est multimillionnaire et coule des jours heureux au pays de « Ndoumbélane ». Ces détournements sont légion et constituent une injustice flagrante dénoncée par des rapports de la Cour des comptes depuis 2014 et qui reste impunie.

Je pense que le bras du président élu ne doit pas trembler à l’heure du bilan des bilans et qu’après un
audit sérieux des comptes de l’ IPRES, des sanctions sévères devront être prises contre cette horde de dirigeants véreux qui, à force, rendent notre développement social aléatoire pour ne pas dire impossible. Une fois justice rendue (et non pas vengeance), le sort de nos retraités, surtout ceux de
la fonction publique doit être revisité et réhabilité par un coup de pouce issu des revenus du pétrole
et du gaz.

V – La gestion des ressources naturelles : agriculture, élevage et pêche
Notre pays, à l’instar de tous les pays du monde, aspire depuis longtemps à l’autosuffisance
alimentaire. Le président Leopold Sedar SENGHOR avait donné rendez-vous en l’an 2000 pour
atteindre cet objectif. Mais les « sunugaliens » ne comprennent toujours pas, Monsieur le président
élu, pourquoi nous continuons à importer quasiment l’essentiel des denrées alimentaires,
spécialement des produits de première nécessité, que nous consommons. Et pourtant, en matière de
ressources naturelles, notre territoire possède de réelles potentialités.
1- L’agriculture
Il y a dans chaque âme sénégalaise un agriculteur en sommeil, soit par ses origines, soit par ses
trajectoires de vie, soit par destination ou par obligation. Au Sénégal, quasiment tout le monde
possède un lopin de terre à cultiver. Mais la terre sénégalaise est-elle capable de nourrir son
homme ? On peut en douter dans la situation actuelle où l’agriculture sénégalaise n’est pas
économiquement viable. En raison de la pauvreté des paysans, elle ne garantit pas des revenus
suffisants aux producteurs ruraux pour leur permettre de vivre en dignité et investir dans
l’amélioration de leurs productions.

Le Sénégal, faut-il le rappeler, est l’un des pays d’Afrique subsaharienne les plus proches des grands marchés européens. Grâce notamment à des ressources foncières abondantes pour la production agricole et en eau, le potentiel de l’agriculture au Sénégal est largement reconnu par les experts. Les modèles de réussite de ces dernières années ont prouvé la capacité existante des opérateurs privés sénégalais et étrangers sur le marché local et à l’exportation, notamment pour la production horticole. Des opportunités d’investissement avérées existent pour les investisseurs privés dans la modernisation des pratiques agricoles et dans la commercialisation. Des investisseurs étrangers se bousculent au portillon, alors que les « goorgorlou » ne profitent pas vraiment des largesses du système, pour se nourrir, nourrir leurs familles et nourrir le pays tout entier. La faute aussi à l’Etat qui est le plus gros propriétaire terrien à travers ce que l’on appelle le domaine national ; il distribue les terres à sa convenance et de préférence aux plus aisés, quitte à exproprier (pour ne pas dire spolier) des paysans qui travaillent ces terres depuis des générations entières sans en être réellement
propriétaires : le scandale du village de Ndingler est toujours présent dans les esprits et continue à
traumatiser une population qui se croyait «propriétaire de fait» de plusieurs hectares de terrains (on parle de 225 ha) depuis leurs ancêtres. C’est l’exemple même d’une injustice sociale dont le peuple ne veut plus.

Que faire pour que le paysan sénégalais retrouve sa dignité et le salaire de son labeur ? Que faire
pour que le paysan se mue en véritable patron d’une exploitation agricole, capable à la fois
d’exporter dans les marchés de la sous-région (CEDEAO) et de nourrir le pays ? Que faire pour que
la terre revienne à ceux qui la cultivent depuis des lustres et qui se croient « propriétaires de fait » ?
C’est au président élu de trouver des solutions, comme préconisé dans le projet de la coalition
« Diomaye Président » ; à savoir, déposséder l’Etat d’une grande partie de son domaine dit national
pour l’attribuer en priorité aux vrais paysans (dans ma jeunesse on parlait de cultivateurs, c’est à dire
ceux qui en faisaient un métier) ; à savoir encourager les exploitations artisanales à se regrouper en coopératives de taille moyenne pour défendre leurs intérêts et mutualiser leurs moyens, leurs compétences, pour être encore plus forts ; à savoir produire et fournir aux agriculteurs des matériels agricoles modernes qui leur permettent de produire sans trop d’effort en préservant leur santé ; à savoir construire au moins 2 usines de fabrication des intrants (engrais, semences, produits phytosanitaires) tournées vers les cultures céréalières (riz, blé, maïs, etc…) aux 2 extrémités du
pays ( une à St-Louis et une à Tambacounda ou Ziguinchor); à savoir promouvoir dans tout le pays
le métier d’agriculteur capable d’attirer la jeunesse et de résorber le chômage des jeunes.

2- La pêche
S’il y a un domaine dans lequel le président élu sera rapidement mis à l’épreuve de la souveraineté
dont il a été question dans son projet et qu’il a réitérée dans son 1er discours de président, c’est
indiscutablement celui de la pêche. Le secteur de la pêche souffre et se meurt à petit feu. La pêche
sénégalaise est victime d’accords léonins conclus avec des pays européens d’une part et d’autre part
avec la Chine depuis de nombreuses années. Les pêcheurs-artisans se sentent délaissés, les
chalutiers et bateaux thoniers étrangers pillent nos ressources halieutiques depuis de nombreuses
années, nos quais de pêche se consument et poussent nos enfants à l’aventure à travers des océans meurtriers à la recherche d’un avenir meilleur. De Guet Ndar en passant par Soumbédioune, la petite côte de Mbour jusqu’à Cap Skiring, c’est un véritable spectacle de désolation qui s’offre à la vue. Les pêcheurs crient au secours et personne ne les entend.

Le président élu, fort de sa légitimité actuelle, doit profiter de son état de grâce (qui ne durera
certainement pas) pour mettre un grand coup de canif dans les accords de pêche conclus avec l’
Union européenne. Il doit permettre aux artisans-pêcheurs de se réapproprier la côte atlantique en
échange d’une meilleure collaboration des coopératives ou syndicats de pêche pour repeupler nos quais de pêche et ré-achalander nos marchés de poissons qui ont tendance à désespérément se vider.

Les accords de pêche, en plus de piller nos ressources, entraînent une pollution de nos eaux et de notre littoral, car la plupart des navires qui sillonnent nos côtes sont vieux et hors du temps, aux dires des experts en la matière qui affirment qu’une cinquantaine de navires-poubelles voguent dans les eaux sénégalaises en toute quiétude, obligeant aujourd’hui les pêcheurs locaux à se rendre dans les eaux voisines pour avoir du poisson ; ce qui crée des conflits, notamment avec la Mauritanie.

Le Sénégal doit aussi développer l’aquaculture (pisciculture, conchyliculture, crevetticulture) qui se
pratique déjà dans le Nord du pays et en Casamance qui sont des régions côtières. Cette activité peut être largement étendue à l’intérieur des terres, comme par exemple dans les régions de Kolda, Vélingara, Tambacounda, Kaolack,etc…. Pour ce faire, une solide formation et des financements adéquats pourront être déployés en la matière, afin de susciter des vocations pour la pêche et créer
des emplois pour les femmes et les jeunes. Ce serait une alternative pouvant contribuer à la
couverture des besoins en produits halieutiques.

3- L’élevage
Quant à l’élevage, c’est une activité très souvent complémentaire à l’agriculture et à la pêche. Le
Sénégal n’est certainement pas un pays pastoral, mais les Sénégalais sont de grands consommateurs de viande. Par ailleurs, on peut dire que pratiquement chaque famille, chaque concession agricole,
dans le pays possède au moins un animal d’élevage, mouton, cheval, âne ou vache. Et la culture attelée a encore besoin de chevaux, d’ânes et de bœufs ; donc autant produire des animaux en
quantité pour l’agriculture et en qualité pour la consommation des ménages. Malheureusement
l’élevage n’a jamais été la tasse de thé de nos pouvoirs publics, qui ont toujours donné la préférence à l’importation de la viande, qui arrive de partout et souvent de très mauvaise qualité par rapport aux standards européens, américains, brésiliens ou argentins.

L’élevage au Sénégal, comme l’agriculture, ne produit pas suffisamment pour nous mener à
l’autosuffisance alimentaire. Et pourtant, il suffit d’une véritable volonté politique pour booster un
secteur qui ne demande qu’à prospérer. Le cheptel dans notre pays est très loin de celui des pays
émergents comme l’Argentine par exemple, qui compte 10 millions de bovins (sans parler du reste)
pour 150.000 éleveurs-fermiers. Nous implorons le président élu de nous entraîner vers la voie d’un
élevage intensif qui produit massivement pour la consommation des ménages et les besoins de
l’agriculture.

Décidément au pays de « Ndoumbélane », il y aura beaucoup de travail pour le président élu.
Dans notre prochaine chronique, nous examinerons les derniers travaux d’Hercule qui attendent
notre président élu : justice, institutions, ressources minières, infrastructures, environnement.

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