Pourquoi faut-il féliciter les auteurs de la fuite de la vidéo sur Bougazelli ? (Par Marvel Ndoye)

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 La vidéo rendue publique et montrant le sieur Seydina Fall Bougazelli en train de successivement : avouer son crime, tenter de corrompre les gendarmes, pleurnicher, a suscité beaucoup de commentaires et des questionnements sur l’origine de la fuite de ladite vidéo.  
 
Personne n’aimerait se trouver dans une telle situation. Mais doit-on avoir de la compassion pour un criminel économique, arrogant, provocateur, qu’un pouvoir judiciaire complice a libéré et refuse de juger parce qu’il est membre de la mafia APR (Alliance des Prédateurs de la République) ?  
 
Quand le pouvoir judiciaire se met au service des méga-délinquants et méga-criminels, pour ne s’acharner que sur d’honnêtes citoyens, faut-il juste convoquer la fatalité et les laisser crapulariser la nation ? Dans le cas de Bougazelli nous ne sommes plus dans le cadre du secret de l’instruction, mais du refus de l’instruction, comme pour les centaines de dossiers à scandales qui croupissent dans le tiroir du procureur ou sous le coude de Macky Sall qui n’a aucune gêne à l’avouer.  
 
Vu que ce n’est pas sous cette gouvernance kleptocratique que des criminels faisant partie de la mouvance présidentielle seront jugés, personne ne doit aider ce pouvoir judiciaire complice à protéger ces criminels confirmés en se réfugiant derrière un pseudo secret de l’instruction ou un temps de la justice qui s’éternise à dessein
 
L’enregistrement vidéo lors d’une interpellation policière doit être systématisée 
 
C’est le cas dans la majorité des pays occidentaux. Les policiers ou gendarmes portent sur eux des mini-caméras qui enregistrent les images et sons lors des interpellations.  

Cette méthode permet de réduire considérablement les bavures, d’élucider certaines affaires, de mieux juger des dossiers, de vérifier la sincérité de certains rapports d’opérations, et bien d’autres avantages.   
 
Evidemment sous des gouvernances comme celle de Macky Sall où les bavures, l’excès de pouvoir, l’usage disproportionné de la force, la violence gratuite, la corruption, sont la règle, cette méthode d’enregistrements vidéo ne sera jamais appliquée. 
 
 
La vidéo de Bougazelli tombe dans le domaine judiciaire et non privé  
 
Lorsque des amis, des parents, des collaborateurs, des partenaires sexuels, des conjoints, des concubins, se filment volontairement, ou l’un à l’insu de l’autre, là nous sommes dans le domaine du strictement privé. La publication de telles vidéos sans le consentement des concernés peut être blâmable, voire condamnable. 
 
Cependant ce jugement est à relativiser. En effet l’on publie régulièrement des vidéos de personnes en train de commettre un vol, une agression, un méfait dans un lieu privé (maison, magasin, bureau, entreprise, etc..). Ces publications de vidéos n’ont jamais dérangé personne car pouvant aider à identifier un fauteur, ou pouvant aider à sensibiliser l’opinion.  
 
Par contre on constate tous que sous Macky Sall, lorsque le criminel ou le délinquant qui est filmé fait partie du gang APR, c’est l’auteur de la vidéo qui est pourchassé et emprisonné par l’autorité judiciaire complice.  
 
Pourquoi faut-il féliciter ceux qui ont permis la fuite de la vidéo de Bougazelli ? 
 
Dans le cas de Bougazelli, il ne s’agit nullement d’une vidéo privée, mais d’une vidéo d’interpellation d’un criminel dangereux. Le cas est également différent de celui de Kilifeu ou de Simon, filmés à leur insu par un ami en guise de garantie concernant une transaction entre potes, une transaction qui n’implique pas les deniers publics. 
 
Sachant que le criminel recherché est un ami de Macky Sall tel qu’il s’en réclame, est membre fondateur du parti APR devenu une mafia pure et dure, est député à l’Assemblée Nationale devenu un repère de malfrats, les enquêteurs ont tout intérêt à s’entourer de toutes les garanties pour ne pas se tromper de cible, et pour monter un dossier en béton.  
 
Bougazelli a donc été piégé pendant une transaction de faux monnayage, pris en flagrant délit les mains et les pieds dans le sac, avec bien plus de preuves que de besoin. L’opération a été filmée de surcroit, et heureusement d’ailleurs puisque le criminel a voulu mouiller les gendarmes enquêteurs. Les enregistrements d’interpellations présentent aussi des avantages pour les forces de l’ordre qui font bien leur boulot. 
 
C’est donc un dossier en titanium qui a été monté contre Bougazelli et remis aux autorités chargées de le traduire en justice. Dans n’importe quel pays au monde, sa comparution aurait été immédiate, une liberté provisoire impossible, et sa condamnation variant de 10 à 30 ans compte tenu de la flagrance des faits et l’ampleur du crime. Mais non !!!! 
 
Pourtant lorsque le rappeur Ngaka Blindé a été emprisonné plus d’une année pour de simples papiers imprimés aux couleurs du FCFA pour les besoins de tournage d’un clip, c’est l’Agent Judiciaire de l’Etat qui est monté au créneau avec zèle en déclarant ceci au tribunal : 
 
«La meilleure façon d’appauvrir un pays, c’est de développer le faux monnayage, qui sape la confiance de la monnaie et peut même faire fuir les investisseurs. Aujourd’hui, il y a un lien étroit entre le faux monnayage et les crimes organisés tels que le terrorisme. ». 
 
Pourtant l’Agent Judiciaire savait bien qu’il ne s’agit pas de trafic de fausse monnaie, mais seulement d’altération de signes monétaires sans autorisation pour le tournage d’un clip. Une simple erreur de 2 jeunes sénégalais, qui n’a causé de tort à personne, à aucune économie. 
 
Dans le cas de Bougazelli, c’est motus et bouche cousue du même Agent Judiciaire de l’Etat alors que nous sommes en présence du plus haut niveau de banditisme, de confection et de trafic de fausse monnaie.  
 
Que faire alors lorsque l’Agent Judiciaire de l’Etat, le Ministère de l’Economie et des Finances, la Présidence de la République, le Ministère de la Justice, Procureurs et autres magistrats, sensés tous protéger notre économie contre ce type de criminels et de crime majeurs, se rendent tous complice de la mise en liberté provisoire d’un individu (ami du président) pris en flagrant délit d’un crime condamnable à 20 ou 30 ans de réclusion criminelle partout ailleurs, refusent de le juger depuis 2 longues années malgré le Flagrant Délit et les preuves, lui permettent même de narguer les pauvres contribuables, l’observent insulter des gendarmes valeureux ?  
 
Sachant que sous la gouvernance de Macky Sall, tous les délinquants et criminels de son camp opèrent en toute impunité, sous l’œil complice ou protecteur du pouvoir judiciaire, sachant que la justice est rendue pour et au nom du peuple, il faut alors mettre à la disposition de ce peuple tous les dossiers que ce pouvoir maléfique et prédateur entasse dans les tiroirs et sous le coude du chef. Lorsque Nafi Ngom Keita, l’ancien Procureur de la CREI Alioune Ndao, le Capitaine Touré, et d’autres ont montré une certaine preuve d’indépendance, les décrets de limogeage ou leur radiation démontrent qui tire les ficelles. 
 
Dans un tel contexte, ce sont les hypocrites, les adeptes du double langage, les corrompus, les mercenaires, les esprits malhonnêtes, qui se mettront à condamner la publication de la vidéo de l’interpellation d’un criminel confirmé, qui a attaqué toute l’économie d’un pays comptant parmi les plus pauvres au monde, qui ne craint rien parce qu’il fait partie du gang APR et chante un 3ème mandat pour celui qui celui qui est la cause de tous les maux du Sénégal.   
 
Dans un tel contexte, nous dire de « laissez la justice faire son travail » est ignoble lorsque l’on constate comme tout le monde que « cette justice-là refuse de faire son travail » quand il s’agit des plus grands fossoyeurs de la république. Il faut plus que jamais encourager les patriotes, les incorruptibles, les croyants qui mettent le peuple au parfum en publiant les rapports, les dossiers, les vidéos, les bandes sonores, de tous ces criminels qu’une main loin d’être invisible protège. 
 
MARVEL NDOYE 
E-mail : [email protected]  

1 COMMENTAIRE

  1. Salam
    Analyse très pertinente. La comparaison avec d’autres cas de figure est convaincante. En effet il n’y a rien à se reprocher dans le cas de diffusion de la vidéo de Bougazelli. Au contraire il faut encourager ce type d’action lorsque la justice corrompue refuse de faire son travail.
    SPECTATEUR

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