Sur la route de Thiès. Le berger peul, George Michael et l’appel du muezzin

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Sur la route de Thiès, il fait très chaud. Et il y a de moins en moins d’ombre. Les arbres sont de plus en étiques. Le climat change au fur et à mesure que je m’éloigne de l’océan et que je m’enfonce dans les terres. Le climat devient plus sahélien. L’harmattan, le vent chaud et rouge, venu du désert commence à assécher l’air. Un souffe chaud et sec nous rappelle la proximité du désert. “L’harmattan c’est l’haleine du désert“, comme disent certains Mauritaniens.

Je croise des gens qui me sourient. Surpris de voir un blanc marcher et courir en rase campagne. Ils veulent parfois me serrer la main. Un homme me demande de m’arrêter. Il manque d’argent. Il l’explique en wolof à l’ami sénégalais qui m’accompagne.

Le jeune sénégalais lui répond en wolof,: « Nous n’avons pas d’argent. Nous aussi, nous sommes à pied. Si nous avions de l’argent crois-tu que nous serions à pied ? ». Un argument qui porte. Même si ce n’est pas tout à fait vrai. Mais la vérité aurait été un peu longue à expliquer. Et notre interlocuteur n’avait pas l’air intéressé par de longues explications.

De toute façon, je n’ai pas d’argent sur moi. Je préfère voyager léger. Et en pleine campagne, ce serait inutile. Je vais en récupérer plus tard. A Thiès.

Je n’aperçois aucun village. Tout juste, un jeune berger peul qui fait paître ses bêtes en bordure de la route. Il parait très content de son sort. Il dit qu’il apprécie ce calme. “C’est mieux pour ses bêtes”. L’un d’eux  m’a déclaré la veille que son ethnie préfère installer ses villages à l’écart des grands axes routiers. « Contrairement aux wolofs qui sont davantage des commerçants, le peul veut rester dans son monde » explique-t-il. C’est bien dommage, car je me sens assez seul sur la route.

Par moment, l’air est difficilement respirable à proximité immédiate de Thiès. Les feuilles des acacias et les branches des baobabs sont couvertes d’une étrange poudre blanche. Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas de la cocaïne… Mais une grande usine de phosphate est installée au bord de cette route.

« Le maire de Thiès avait obtenu sa fermeture, car les habitants de la région souffraient, mais finalement l’entreprise a obtenu l’autorisation de rouvrir. Au Sénégal, avec de l’argent on peut faire beaucoup » m’affirme un habitant de la région. A l’entrée de la ville, une grande porte accompagnée d’une annonce « Bienvenue à Thiès » accueille le voyageur.
Après la savane, les premiers signes de “civilisation” sont le refrain d’une chanson de George Michael qui s’échappe du petit poste de radio d’un peintre en bâtiment. Aussitôt suivi d’un tonitruant « Allah Akbar » proclamé par un muezzin situé de l’autre côté de la route.

Lu dans lemonde.fr

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