El Hadj Malick Guèye, député libéral : «Des gens du Pds négocient avec d’autres partis en cas de défaite»

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El Hadji Malick Guèye, député du groupe libéral, ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il se sent victime d’une injustice. Le Secrétaire général de la fédération Pds de Latmingué s’offusque de sa «mise à l’écart» du directoire de campagne du Président Wade. Non sans prédire un avenir incertain pour son parti pour la Présidentielle de 2012. Une incertitude qui pousse beaucoup de gens au Pds à négocier avec d’autres partis en cas de défaite, révèle le conseiller du Président Wade. Récemment vous vous en êtes vertement pris au Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, parce qu’il vous a écarté du directoire de campagne pour la Présidentielle de 2012 au profit de Daouda Faye et de Ndèye Khady Diop. Quels sont vos arguments pour prétendre figurer sur la liste du directoire de campagne ?

Mes arguments sont d’abord que je suis incontournable dans ma localité Latmingué qui est un département de Kaolack. Si vous réunissez les trois communautés rurales que compte le département, Latmingué est la plus vaste. Donc, qui gagne Latmingué gagne le département de Kaolack. Par exemple, lors de la Présidentielle de 2007, le Pds y a eu 3 800 et quelques voix ; ce qui n’est pas le cas dans les autres localités. Aux élections législatives, nous avons gagné dans les 15 bureaux de vote avec 3 096 voix. Aux élections locales de 2009, on m’a écarté au profit de Daouda Faye. Le résultat, vous le connaissez : le Pds a été battu à Kaolack. Daouda Faye a même perdu dans son propre bureau de vote. La même chose s’était produite aux élections locales de 2002. Pourtant, lorsque Me Wade m’a reçu, à l’époque, en présence de Idrissa Seck et de Farba Senghor, il a demandé à ce qu’on me confie la région, car connaissant mes compétences. Mais quand les listes sont sorties le 12 mai 2002, on m’y a écarté en faisant de Daouda Faye la tête de liste. Il aura fallu le soutien de ses amis pour qu’on l’impose à la tête de la mairie. C’est pourquoi les populations de Kaolack n’ont pas hésité à le huer lors de l’inauguration du marché au poisson, de Kaolack. Malgré tout, il sera élu vice-président de l’Assemblée nationale, et aujourd’hui vice-président du Sénat. Fort de tout cela, je n’accepterai jamais de me ranger derrière lui. Quant à Souleymane Ndéné Ndiaye, il n’a pas de base. Je suis de loin plus représentatif que lui dans la région de Kaolack.

Il est élu maire de Guinginéo aux élections locales dernières…
Mais, il devait gagner la région de Kaolack à cause de son statut ! Il fut d’abord Directeur de cabinet du président de la République, ensuite ministre avant d’être Premier ministre. Alors que nous, on ne nous a rien donné. J’ai fait des choses dans le parti, qui méritent qu’on me récompense. Nous avons acquis trois permanences dans la région de Kaolack avec nos propres moyens ; nous avons envoyé des centaines de personnes à la Mecque. En retour, nous n’avons rien reçu. J’ai fait construire une route d’un kilomètre pour une valeur d’un milliard dans ma localité.

D’où provient cet argent ?
De mes partenaires arabes. Par conséquent, nous avons décidé de rendre coup pour coup. Si on ne nous donne pas ce qui nous revient, on garde ce que l’on possède

Vous faites du chantage, alors ?
Non, ce n’est pas du chantage. Trop, c’est trop! Je ne peux pas comprendre qu’on gagne les élections présidentielles et législatives dans notre localité et qu’on nous marginalise. A l’Assemblée nationale, nous n’avons aucun poste-clé, alors qu’aucun député n’a récolté autant de voix que moi. En plus, il y a beaucoup de partis alliés à Me Wade qui n’ont pas le nombre de voix que j’ai eu. Pourquoi il(Wade) les récompense à notre détriment ? Au Pds, les gens privilégient plus le copinage que la compétence.

Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que vous et vos partisans fassiez un boycott de l’élection présidentielle de 2012 ou un vote-sanction ?
Si les gens reconnaissent mon mérite comme en 2007, on pourra gagner les élections à Kaolack. Sinon, ce n’est pas la peine d’espérer.

Est-ce que vous vous en êtes ouvert au Secrétaire général de votre parti, Me Wade, pour lui exposer votre problème ?
Le Secrétaire général a déclaré l’autre jour à l’hôtel Méridien (c’est plutôt au Radisson blu) qu’il a appris la composition du directoire de campagne dans la rue. Ce qui veut dire qu’il ne cautionne pas cette liste, car étant convaincu qu’elle ne va jamais gagner. En tout cas, ce que nous attendons du parti, c’est qu’on reconnaisse notre mérite. Comment on peut copter Daouda Faye dans le Comité directeur ? Moi, je ne suis pas Secrétaire général de fédération, député et conseiller à la Présidence par complaisance, mais plutôt par mérite.

Si le président de la République dit avoir appris la composition du directoire dans la rue, qu’est-ce qui l’empêche alors de rectifier le tir ?
En tout cas, nous l’attendons au tournant. Si la situation reste en l’état, nous aviserons !

Que pensez-vous du débat sur la candidature contestée de Wade en 2012 par votre «frère» de parti Idrissa Seck ?
Je ne vais pas m’épancher sur ce sujet, parce que je ne suis pas un juriste. C’est au Conseil constitutionnel de trancher et, le moment venu, il se prononcera. Connaissant Me Wade pour ce qu’il a fait pour la démocratie, je suis convaincu qu’il ne tordra pas le bras à la Justice. L’autre chose, ce sont les relations entre Idrissa Seck et Me Abdoulaye Wade. Je suis de ceux qui s’opposent à l’exclusion de Idrissa Seck ; ce n’est pas prudent. On ne peut pas aller aux élections, et prendre le risque d’exclure quelqu’un qui est placé deuxième lors de l’élection présidentielle de 2007. Je conseille à Me Wade de réunir sa famille plutôt que d’en exclure certains. C’est le plus sûr moyen d’assurer sa victoire. Ceux qui plaident pour l’exclusion de Idrissa Seck ne le font que pour leurs propres intérêts. En ce qui me concerne, personne dans le parti ne peut m’indiquer la voie à suivre sur le plan politique. Pour le faire, il faut avoir le même nombre de voix, ou la même expérience que moi.

Où est la discipline du parti dans ce cas ?
La discipline du parti est liée à la compétence, à la justice. On ne peut pas récompenser quelqu’un qui ne travaille pas et laisser en rade celui qui se bat sur le terrain. Un parti, ce n’est pas une religion. Trop, c’est trop !

Quel commentaire faites-vous du refus de Aminata Tall d’accepter le poste de ministre de la Fonction publique ?
Le problème qui se pose au Pds, c’est qu’il n’y a plus de militantisme ; c’est une querelle pour l’accession au pouvoir. On n’est vraiment confus. Si ceux qui ont créé le parti se permettent de dévier de la logique du parti en défiant l’autorité du président de la République, je doute de leur militantisme. Ce qu’il y a, c’est que des gens veulent saboter le travail de Abdoulaye Wade qui est en fin de carrière. Ce que ces anciens compagnons de Me Wade devraient faire, c’est de l’aider à avoir une sortie honorable. Toutefois, je reconnais le mérite de Aminata Tall. C’est une femme pétrie de qualités, mais je lui conseille de suivre les décisions prises par Me Wade sur le plan administratif.

On a l’impression qu’elle exerce tout le temps un chantage sur le président de la République….
Une fin de carrière est toujours difficile. Il est plus difficile d’entrer dans un gouvernement que d’en sortir. Aujourd’hui, tout le monde sait que Me Abdoulaye Wade est âgé ; il est en fin de carrière et chacun veut exercer un chantage sur lui. Il y a beaucoup de gens qu’il a nommés à des postes de responsabilité en sachant que s’il ne le fait pas, ils vont partir ailleurs, rien que pour préparer sa sortie. Alors que nous qui sommes là à nous battre, on ne jouit d’aucun avantage. Sincèrement, je ne me retrouve pas dans le parti.

Vous vous êtes beaucoup investi pour le règlement du différend entre Bara Tall et l’Etat. Mais vos démarches semblent vaines au regard de la tournure qu’a prise cette affaire. Où se trouve le blocage, selon vous ?
Le problème est qu’on ne reconnaît pas le mérite des gens. Ceux qui sont hostiles à la paix et qui sont proches de Abdoulaye Wade ne veulent pas que ma médiation aboutisse. Ils ne sont là que pour leurs propres intérêts. Bara Tall nourrit de nombreuses familles, car il emploie 3 000 personnes et derrière chaque employé, il y a une dizaine de personnes. Donc, celui qui veut gagner les élections ne doit pas ignorer ce facteur. Celui qui a choisi d’investir son argent dans ce pays doit, à mon avis, être soutenu. Je sais que Wade n’est pas rancunier ; c’est quelqu’un de très généreux. Donc, on doit s’investir pour réconcilier les deux hommes.

Pourtant, vous êtes quand même conseiller du président de la République ; il devrait en principe vous écouter…
Malheureusement, le Président ne m’écoute pas parce qu’il m’est très difficile d’avoir une audience avec lui. Il m’arrive de renoncer à des audiences tellement on me fait attendre. Aminata Tall, qui devait me confectionner mon badge, ne l’avait pas fait, et j’en ignore la raison. Je suis resté au Pds uniquement à cause de ma dignité, mais aussi pour accompagner le Président dans son ambition de développer le Sénégal. Beaucoup de gens sont dans le parti tout en négociant avec d’autres partis, en cas de défaite.

Qui sont ces personnes ?
Ils sont nombreux. Je ne cite pas de noms. Je vous assure qu’il y a des gens dans le Pds qui négocient avec d’autres partis parce qu’ils sont tout simplement frustrés.

lequotidien.sn

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