Me Wade, fait-il de la provocation pour masquer son incompétence ? Par Mandiaye Gaye

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Les évènements du 23 juin 2011, ont suffisamment démontré aux Sénégalais et à tout point de vue, l’incapacité de Me Wade, à gérer notre pays dans les conditions requises, en temps de crise. En s’emmurant derrière un silence troublant, qu’on ne lui connaissait pas, qui lui est par conséquent, tout à fait étranger, il montre par-là, qu’il n’a aucune solution présentement viable, à proposer, au peuple sénégalais, pour résoudre ses préoccupations.

 

Même le courage, lui manque, pour s’adresser au peuple sénégalais, qui lui a confié  la direction de son pays pour un temps donné. Cette situation inédite depuis l’indépendance du Sénégal, caractérisée par un cafouillage et d’irresponsabilités de la part du chef de l’Etat, pose un sérieux problème, surtout dans des moments de troubles aussi graves. C’est une preuve éloquente, d’une absence notoire de maîtrise de soi et de sérénité de Me Wade. C’est également la preuve, que le pays ainsi que le peuple sénégalais, sont  en ce moment dans une insécurité ambiante, sous la direction d’un tel homme qui, en cas de moindres difficultés du pays, perd sa langue, le sens de ses responsabilités, et reste cloitré dans son Palais, pour on ne sait combien de temps. Mais Gorgui est-t-il groggy par le choc du 23 juin, qui a dû l’assommer terriblement, contrairement à ses attentes ? On peut se le demander, au regard de son mutisme actuel. D’ailleurs, ne faudrait-il pas lancer un avis de recherche, pour un président introuvable physiquement ?

 

Nous constatons objectivement, par son attitude depuis le 23 juin 2011, que Me Wade n’est intéressé  en réalité que par la jouissance du pouvoir, qui comporte entre autres, les immenses avantages et  privilèges qu’il lui procure, avec les siens, et au-delà, son clan. Ce que sa première déclaration adressée à Idrissa Seck, quand il est arrivé au pouvoir, a bien confirmé : « Nos soucis financiers sont terminés maintenant». En vérité, Abdoulaye Wade gère notre pays pour ses propres intérêts, mais ne se préoccupe nullement des souffrances du peuple. Pour ce faire, il s’appuie sur l’argent, la violence et l’impunité (AVI) comme le dit si bien Abdoul Aziz Diop.

 

Elu souverainement par la majorité des Sénégalais, au lieu de rendre hommage  en retour, à son peuple, d’avoir fait de lui, le premier d’entre eux, non, il a cherché déloyalement, à transformer la République, en une monarchie. En quoi faisant ? En se considérant maintenant, non comme un élu, mais comme un souverain issu du néant, en lieu et place du peuple. Ce qui constitue une faute politique grave, qui mérite une sanction sévère et exemplaire du peuple sénégalais à son endroit. Mais aussi un avertissement, à quiconque tenterait demain, à vouloir se substituer à la souveraineté, qui n’appartient qu’au seul peuple.

 

La République, ce n’est pas un clan et moins encore une famille. Le comportement de Karim Wade à travers sa déclaration à Benghazi, selon quoi, il se dresse en bouclier pour défendre son père – non le président de la République-, mais contre qui ? Ce ne devrait pas être en tout cas contre le peuple sénégalais, qui a la pleine souveraineté d’élire à sa tête, qui il veut, et de démettre tout individu élu, qui se croirait en fin de compte, souverain à sa place. Par ailleurs, sa lettre ouverte aux Sénégalais, ne fait que confirmer davantage, l’idée du projet de dévolution monarchique de son père. Mais au nom de quoi et à quel titre, lui Karim, s’adresse-t-il aux Sénégalais ? A notre connaissance, il ne détient aucun mandat venant du peuple. Et, si son père n’était pas aujourd’hui le président de la République du Sénégal –un président spécial-, en toute objectivité, est-ce qu’il serait nommé ministre dans un gouvernement, à plus forte raison celui d’Etat, et de surcroit, à un super ministère qui regroupe plusieurs départements, parmi les plus importants du pays ? Ceci, comme premier emploi et sans aucune compétence avérée, connue des Sénégalais. Nous avons encore là, une preuve éloquente, que Karim Wade est loin d’appréhender correctement la signification et l’esprit de la République. En République, le fils ou plus globalement, la famille du président ne compte pas, et aucun mérite ne devrait être attaché à ce lien de sang. Tous les Sénégalais sont des citoyens, au même pied, un point c’est tout. Et le contenu de sa lettre, le rend davantage ridicule et enfantin, aussi bien dans le fond que la forme. Il aurait mieux fait de se taire comme son père en ce moment, qui par contre lui, nous doit des explications, parce que détenant notre  mandat. Mais pour  Karim, les Sénégalais connaissent plus ses échecs que ses succès ! L’Anoci, Sénégal International et la Sénélec pour ne citer que ceux-là,  qui étaient sous sa direction, constituent des gouffres à milliards, dont leur gestion  demeure encore nébuleuse. Mais si vous êtes, tant sûr de vous, pourquoi ne vous soumettriez-vous pas à un audit indépendant, à l’exemple de tous les citoyens qui gèrent les deniers publics ? Karim, on dit parfois, que le silence est d’or. Quand on n’a rien à dire on se tait simplement. Ceci est un sage conseil.

 

Me Madické Niang, ministre des affaires étrangères, à travers des explications alambiquées au Grand Jury  de la RFM, a tenté de justifier l’attitude de Karim, comme étant une réaction légitime d’un fils à l’endroit de son père, dans une mauvaise passe. C’est un scandale ou pire, une catastrophe pour notre pays d’avoir un tel homme, qui manque tant de sens républicain, à la tête de notre diplomatie. C’est une bourde de sa part de dire que c’est au président de choisir le moment qui lui convient pour parler au peuple. C’est totalement faux, dans une période de crise grave comme c’est le cas, qui a nécessité la mobilisation des forces de police, de gendarmerie voire de l’armée, le chef de l’Etat est tenu par ses obligations de s’adresser à la nation.

 

Et, la qualité de bête politique, dont certains flagorneurs l’affublaient et le qualifiaient pompeusement, a fondu comme beurre au soleil, et, il se révèle aujourd’hui être plutôt, un colosse aux pieds d’argile. Me Wade, en accédant au pouvoir dans les conditions que nous savons, ainsi que l’avantage de disposer de tout un appareil d’Etat bien huilé, a malgré tout échoué en un peu de temps, ce qui montre ses limites évidentes. Même ses plus fervents défenseurs se rendent compte aujourd’hui, qu’il est plutôt un théoricien aérien –populiste-, qu’un praticien dialecticien, qui s’appuie sur la réalité du terrain, pour agir concrètement. Mais pour impressionner son monde, Me Wade a l’habitude de faire des déclarations invraisemblables et incongrues à travers le monde, déclarations et promesses qui frisent parfois le ridicule aux yeux des partenaires, parce que simplement, dans la pratique, leur mise en œuvre est impossible. Nous en citerons seulement quelques exemples : la centrale nucléaire de 100000 Mégawatt dans le désert, la Grande muraille verte  large de 15km, de Dakar à Djibouti, Les 7 TGV, les usines de fabrication d’avions et de camions gros porteurs, etc. Au moment où l’on sait, que Me Wade est incapable de fourniture de l’énergie à son pays de manière régulière et permanente. Mais de qui se moque-t-on alors ?

 

Une autre remarque non moins importante, est la méthode de gouvernance de Me Wade, qu’il érige d’ailleurs en système, à savoir : diviser tout le monde pour mieux régner, seul. Comme qui dirait, il est incapable de se mouvoir dans une atmosphère de tranquillité. Autrement dit, il n’est à l’aise que dans une situation trouble ou de tension. Ce qui lui permet de disposer de temps pour accomplir ses manœuvres souterraines, à l’insu du peuple et à l’encontre des intérêts de la nation. Voici onze ans que Wade ne parvient pas à trouver une équipe gouvernementale compétente pour gérer le pays. Ce que le bilan de sa gestion du pays a attesté parfaitement. C’est dans un tâtonnement, mêlé de fanfaronnerie qu’il cherche à dissimuler son incompétence notoire aux Sénégalais. Mais c’est peine perdue, car la réalité balaie sur son chemin, tous les montages et échafaudages fantaisistes pour masquer la vérité des faits. A l’observation de l’attitude de Me Wade depuis le23 juin, il ne nous semble pas qu’il ait bien compris le message que lui a envoyé son peuple.

 

Nous avons constaté aussi, que Me Wade est allé trop loin dans ses initiatives malheureuses. Les libertés qu’il s’est permises dans la violation de la Constitution, en la taillant à chaque fois que de besoin, pour la conformer à ses vues, de même que sa caporalisation des autres institutions, constituent également des fautes politiques qui ne sont rien d’autres, que l’expression d’un excès de pouvoir manifeste. Ce qui démontre à la face du monde, que Me Wade n’a aucun respect pour  notre peuple et ses institutions et qu’il n’y a plus rien à attendre de lui. Il a atteint  aujourd’hui, le stade de non-retour, et ses limites, sont si évidentes  pour tous les honnêtes citoyens sénégalais, qu’elles ne se discutent même plus. Ainsi, il ne lui reste qu’une chose à faire de mieux, pour son bien et celui du peuple sénégalais, c’est de partir dans les meilleurs délais et surtout, de ne plus toucher à notre Constitution.

 

Quant au peuple sénégalais, il lui incombe de se réconcilier avec lui-même autour de l’essentiel et des urgences, dans le but de réparer les immenses dégâts commis par Me Wade et son clan. Une telle tâche de reconstruction nationale au plan économique, social et culturel, nécessite absolument, des sacrifices énormes et de la compréhension de chaque citoyen sénégalais patriote, au regard de l’ampleur de la tâche. Elle exigera aussi la refondation de la République sur des bases institutionnelles solides, pérennes, démocratiques, fiables et surtout consensuelles. A cet effet, nous pensons, que le Mouvement du 23 juin 2011, est un pas important vers cet objectif, de l’après Wade. Mais soyons surtout très vigilants, car nous à faire avec un manœuvrier, qui mijote toujours, derrière des masques, des coups tordus contre ses adversaires. La loyauté, il ne connait pas et, le reniement, fait partie de ses atouts les plus prisés.

 

Il doit être exclu, d’envisager, ou de vouloir construire quoi que ce soit, de solide et durable, sur les cendres, de l’œuvre funeste de Me Wade, qui a tenté de balkaniser le Sénégal, en tant que Nation. Me Wade, a aussi, durant toute une décennie, manqué de vision politique prospective, pour parvenir à déterminer les préoccupations essentielles et les priorités du peuple sénégalais, à chaque étape  de son évolution, ainsi que leur mise en œuvre dans l’ordre d’exécution. Il a pris plutôt ses propres priorités et celles de sa famille, en lieu et place de celles des Sénégalais. Il  a investi tous les moyens mis à sa disposition pour notre développement, dans ses affaires personnelles, pour s’enrichir exagérément avec les siens, en un laps de temps, en appauvrissant dans le même temps, davantage les Sénégalais. Au lieu de faire de son mandat, un sacerdoce, il en fait, comme un affairiste qu’il est, une source de sinécure et d’enrichissement sans cause. Un tel bilan pour un homme porté au pouvoir par voie démocratique  et légitime, est vraiment triste et peu honorable.

 

Au total, nous retenons que la gestion de notre pays par Me Wade, au-delà des arnaques et autres deals, est ponctuée de provocations et d’incompétence notoire à la fois, pour nous masquer la réalité.

 

Mandiaye Gaye

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