Samba Diouldé Thiam sur l’affaiblissement du temporel devant le spirituel: « Wade a fait pire que Diouf »

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L’immixtion du pouvoir religieux dans le temporel dynamite incontestablement de l’intérieur les fondements de toutes institutions de la République. Et pour Samba Diouldé Thiam, cette pratique est devenue beaucoup plus prégnante sous Wade. Conséquence : au Sénégal, les politiques n’assument pas leur fonction républicaine.

Les relations entre la classe politique sénégalaise et les familles religieuses sont devenues inextricables. Les hommes politiques, du pouvoir comme de l’opposition, sont prêts à tous les sacrifices pour amasser des voix électorales. Et sous l’alternance, l’immixtion du spirituel dans le temporel a pris des proportions inquiétantes.

Connu pour son franc parler, Samba Diouldé Thiam a encore remis les pieds dans le plat. Selon lui, le pouvoir est en train d’installer le loup dans la bergerie. Autrement dit, les rapports entre le pouvoir central et l’autorité religieuse peuvent nourrir des inquiétudes. Certes, reconnaît-il, la pratique a commencé sous Senghor qui entretenait des rapports étroits avec les familles maraboutiques ; mais cela ne l’a jamais empêché de sauver la grandeur de la République, à chaque fois que de besoin. Mais sous Diouf et Wade, l’allégeance du politique au religieux a plutôt desservi la République.

« Abdou Diouf, faute de légitimité, s’est adossé sur la classe maraboutique pour avoir un poids politique. Quand Abdoulaye Wade est arrivé au pouvoir en 2000, il a fait pire », observe Samba Diouldé Thiam. Il s’exprimait au cours d’une conférence organisée par la Fondation Konrad Adenauer sur le thème : « 50 ans de presse au Sénégal : Regards croisés sur l’évolution des médias ».

Enfonçant le clou, il estime qu’au Sénégal, les hommes politiques n’assument pas leur fonction dans la République. Celle-ci suppose, selon Samba Diouldé Thiam, que l’Etat soit à équidistance de toutes les chapelles religieuses.

« Les Assises nationales sont un moment historique de la vie démocratique du Sénégal »

Parlant des Assises nationales initiées en 2009 par l’opposition regroupée autour de Benno Siggil Sénégal (Bss) et de la société civile, mais boycottées par la majorité présidentielle, Samba Diouldé Thiam considère que ce fut un moment historique de la vie démocratique du Sénégal. Par conséquent, il dit ne pas comprendre l’attitude de l’Etat, qui a tenté de l’étouffer. « Je ne manquerai pas de jeter un regard sur les travaux des Assises nationales », note-t-il.

« Je suis un allié de Wade, pas un soumis »

Comme pour répondre à tous ceux qui s’offusquent et trouvent incompréhensible sa liberté de ton à l’égard de Wade, Samba Diouldé Thiam fait savoir qu’il se considère comme un allié du Président, mais pas comme un soumis. Et la nature d’un allié objectif, c’est de dire que ça ne va pas quand ça ne va pas. Quoi qu’il puisse lui en coûter. « Ma liberté de ton fait que je dis ce que je pense. Je ne suis pas dans un enclos politique », conclut-il.

Papa Ismaila KEITA
lasquotidien.info

1 COMMENTAIRE

  1. mr thiam la logique voudrait que pour marquer le coup en quittant le pouvoir et pour ça vous avez des milliers de raisons, je me demande d’ailleurs pourquoi vous avez wade ,parce les anomalies que vous evoqez etaient bien las avant que vous venez

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