Terrorisme- Obama sur l’attentat raté : « Quand le système échoue, je suis responsable »

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Le président américain a annoncé une série de mesures pour améliorer l’échange des renseignements et renforcer la sécurité du pays.

Le président américain Barack Obama a endossé, jeudi 7 janvier, la responsabilité du fiasco de ses services de renseignement avant l’attentat raté contre le vol Amsterdam-Detroit, dont l’auteur s’apprête à comparaître devant la justice.
« En tant que président, j’ai la responsabilité solennelle de protéger notre pays et nos compatriotes. Et quand le système échoue, je suis responsable« , a déclaré Barack Obama dans un discours solennel à la Maison Blanche, deux semaines après l’attentat commis à bord du vol 253 de Northwest Airlines (groupe Delta).

Première comparution vendredi

Un jeune Nigérian, Umar Farouk Abdulmutallab, a réussi à embarquer le 25 décembre avec des explosifs dissimulés sous ses vêtements, alors que son nom figurait sur la liste élargie dite TIDE (environ 500.000 personnes) des personnes à risque.
Le père de ce musulman de 23 ans avait pourtant alerté la diplomatie américaine sur la radicalisation de son fils. La bombe artisanale du jeune homme n’a pas totalement fonctionné et il a été maîtrisé par des passagers.
Umar Farouk Abdulmutallab devait comparaître vendredi à 14h00 (19H00 GMT) devant un tribunal de Detroit, deux jours après avoir été inculpé. Ses avocats doivent préciser à cette occasion s’il compte plaider coupable ou non-coupable.

« Nous ferions mieux en tant qu’équipe »

Annonçant une série de mesures pour améliorer l’échange des renseignements et renforcer la sécurité du pays, Barack Obama a averti que toutes les administrations chargées de ces mesures « seront rendues responsables si elles ne le font pas ».
Le conseiller de Barack Obama pour l’antiterrorisme, John Brennan, a dit à la presse avoir avoué au président qu’il n’avait pas été à la hauteur de sa mission. « Je lui ai dit que je ferais mieux et que nous ferions mieux en tant qu’équipe », a ajouté John Brennan, tandis que Barack Obama a semblé exclure des démissions, insistant plutôt sur la notion d’échec de l’ensemble du système dont il est le garant.
Concrètement, la ministre de la Sécurité intérieure Janet Napolitano a promis une nouvelle approche de la sécurité dans les aéroports, avec le déploiement de 300 scanners corporels d’ici un an, et un renforcement de la coopération internationale.
La centrale du renseignement (CIA) a promis d’augmenter le nombre d’agents dévolus au Yémen, où le suspect semble avoir été entraîné par Al-Qaïda, et à l’Afrique.

Plusieurs revendications

Au Yémen, précisément, les autorités ont indiqué que l’auteur de l’attentat raté avait bien rencontré dans le pays un imam radical américano-yéménite, Anwar al-Aulaqi, qui serait également lié à l’auteur de la fusillade sur la base militaire américaine de Fort Hood en novembre (13 morts, 42 blessés).
Les autorités de Sanaa s’affichent toujours déterminées à lutter contre la branche locale d’Al-Qaïda, qui a revendiqué la tentative du 25 décembre. Elles avaient annoncé mercredi l’arrestation de six membres du réseau, dont un de ses chefs présumés à l’origine de menaces ayant entraîné la brève fermeture d’ambassades occidentales.
Dans cet affrontement planétaire en pleine recrudescence, le réseau d’Oussama ben Laden a revendiqué la spectaculaire attaque suicide du 30 décembre au coeur d’une base américaine de Khost (est de l’Afghanistan). Les talibans avaient eux aussi revendiqué l’attentat.
Un agent double infiltré, un Jordanien du nom de Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, présenté comme un membre d’Al-Qaïda recruté par les services jordaniens pour travailler pour la CIA, s’y est fait exploser en tuant 7 membres de l’agence de renseignement américaine, pire perte infligée à ce service depuis 1983. Un officier jordanien a également été tué.

« Martyrs »

Le kamikaze entendait venger des combattants talibans « martyrs », tués par des missiles tirés par des drones américains, a déclaré le chef d’Al-Qaïda en Afghanistan, Mustafa Abu al-Yazid, cité par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Barack Obama, qui a décidé d’envoyer 30.000 renforts en Afghanistan, les Etats-Unis ont multiplié les frappes aériennes dans les zones tribales pakistanaises. La dernière a tué mercredi 13 combattants islamistes selon une source pakistanaise.
La violence dans la région se poursuit quoi qu’il en soit. Un attentat suicide a fait 8 morts et 24 blessés jeudi à Gardez, principale ville du sud-est afghan, a annoncé un porte-parole de la province de Paktia.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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